XVI NOTICE SUR CHATEAUBRIAND
cembre 1791, court les plus grands dangers, fait naufrage, et aborde enfin au Havre le 2 janvier 1792.
Sa mère et les siens déplorent vivement Finopportunilé de ce retour. Ce double voyage avait ébréché son pécule; le reste de ses biens était tombé au pouvoir de la nation. Dans cette conjoncture, on le . -maria (fin mars 1792). Il se laissa faire. Sa famille ]/ espérait de là Taisance, lui Tindépendance. Double A calcul qui fut doublement trompé. La guerre avec TAutriche éclatait aussitôt. Il fallait prendre parti. Chateaubriand émigra avec son frère, le 15 juillet 1792.
Il trouve d'abord à Bruxelles Tétat-major où Ton s'amuse; mécontent, il court chercher à Trêves Tétat-major où Ton se bat. Alors commence une odyssée lamentable. Incorporé dans larmée du prince de Waldeck, Chateaubriand connaît toutes les souffrances du soldat en campagne. Un havresac, qui lui brise les épaules, contient toute sa fortune : Homère, une gourde, quelques bardes, deux chemises, et ses manuscrits. On lui vole ses effets, mais on lui laisse ses paperasses. Le manuscrit d'Atala lui sauva la vie. Deux balles avaient frappé le sac : a Alala, en fille dévouée, se plaça entre son père et le plomb ennemi ; il lui restait à soutenir le feu de Tabbé Morellet. »
Ceci se passait à Th ion ville. Chateaubriand y fut blessé à la jambe d'un éclat de bombe. La ville se défendant avec acharnement, Waldeck leva le siège. Le blessé se traîna ainsi à Verdun. Là, attaqué par la fièvre et la petite vérole, il entreprit néanmoins de gagner Ostende. Il se traîna sur sa béquille dans les Ardennes, tomba dans un fossé et perdit connaissance. Ramassé par les fourgons du prince de Ligne, il fut dé})osé à Namur, où, sans la compassion des femmes, il eût expiré. A Bruxelles, il retrouva sou