Des Devoirs, ch. xxxv
INTRODUCTION. xix
bole du foyer de la vie , les Vestales offraient 'une règle sensible de tempérance , et de santé par la tempérance. Mais , libres de leurs engagements à trente ans , comme il n'y avait pas perpétuité dans leur célibat , leur exemple n'était pas non plus d'une complète efficacité. Bien plus, cet exemple finit par disparaître, et de riches dotations ne purent empêcher qu'on ne désertât le culte de Vesta pour les autels de Vénus. Le débordement avait rompu toutes les digues.
Les Pères prirent donc principalement à tâche de réhabiliter la chair en la sanctifiant, et, après les martyrs, ils assignèrent aux vierges le second rang. La virginité devint l'objet préféré de leurs éloges, et, l'exaltant sans condamner le mariage, ils la représentaient comme la condition éminente et parfaite. Saint Cyprien appelle les vierges, « les fleurs odoriférantes de l'Église, le chefd'œuvre de la grâce, l'ornement de la nature; l'image de Dieu où se réfléchit la sainteté de Notre-Seigneur; la portion la plus illustre du troupeau de Jésus-Christ ; qui ont commencé d'être sur la terre ce que nous serons un jour dans le ciel ^ " — « Une vierge, dit saint Ambroise, est le don du ciel et la joie de ses proches. Elle exerce dans la maison paternelle le sacerdoce de la chasteté; c'est une victime qui s'immole chaque jour pour sa mère^. »
Mais ce n'était pas assez de préconiser la virginité. Les Pères s'occupaient encore de réprimer les excès du luxe , les prodigalités extravagantes , les recherches delà concu-