‹ Lectures morales et religieusesChapitre 12 sur 72 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

piscence, opposant au dérèglement la modestie , et la pudeur au goût criminel de paraître. De là d'ardentes et pieuses invectives. « On voit, dit Tertullien, des voiles qui coûtent jusqu'à vingt-cinq mille écus d'or; on voit la valeur de forêts et d'îles entières sur une tête délicate; on voit pendre à des oreilles de femme des revenus immenses ; on voit enfin des doigts de femme porter chacun la valeur de plusieurs sacs d'or*. » Saint Jérôme, de son coté, s'indigne contre ces femmes qui « emploient tous leurs soins et toute leur application à se farder ; qui , semblables à des idoles, se montrent aux yeux des hommes avec un visage de plâtre, et tout défiguré par le trop de blanc qu'elles y mettent; qui conservent sur leurs joues fardées les traces et les sillons des larmes qui leur échappent quelquefois malgré elles*. » Sous l'autorité de ces réprimandes, sous l'influence de ces âpres et salutaires exhortations , dont notre délicatesse n'admettrait pas toujours les vivacités, le régime intérieur de la famille se réformait. Examinée et discutée jusque dans ses plus secrets détails, la vie privée devenait nécessairement meilleure; car on avait appris à craindre et à rougir. Souvent même , de la licence et de l'indolence, les âmes passaient brusquement aux rigueurs de l'ascétisme et aux pratiques ardues de la sainteté. « Des veuves illustres , des vierges , des filles des demi-dieux et des héros , les descendantes des Fabius et des Emile, des femmes délicates, portées jus^ qu'alors dans des litières sur les épaules des eunuques;

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