‹ Lectures morales et religieusesChapitre 13 sur 72 · Saint Jérôme, Lettre sur la maladie de Blénlle · texte numérisé non relu

Saint Jérôme, Lettre sur la maladie de Blénlle

LNTRODUGTION. xxi

des créatures amollies et superbes, dont le pied s'était toujours posé sur le marbre et l'ivoire, comme le pied divin des statues; des Romaines qui n'avaient jamais vu la mer qu'à Ostie, du haut des terrasses de marbre ou dans une trirème dorée , devenues les guerrières du Christ, frétaient un navire, et partaient joyeuses, intrépides, levant les yeux au ciel, allant en Syrie, en Palestine, sur le mont Sinaï , se livrer aux travaux des femmes esclaves, au pied d'un tombeau d'Asie'. »

Avec la chasteté, qui tarissait les sources de la dissolution, apparaissait la charité qui guérissait par l'abnégation l'égoïsme , la cruauté par la mansuétude , et redressait le droit par l'équité. L'existence des enfants était protégée contre les meurtres secrets; l'émancipation des esclaves préparée ; le rachat des captifs mis au nombre des œuvres les plus méritoires ; et , tandis que le paganisme, au milieu de ses édifices innombrables et fastueux, temples, cirques, palais, théâtres, citadelles, n'avait point imaginé d'assurer aux malades un abri, des demeures publiques et hospitalières s'ouvraient pour recevoir les infirmes, les malheureux , les étrangers. De plus , en vertu d'une admirable interversion des privilèges , les pauvres se voyaient dotés d'un état civil exceptionnel. Car, tout en respectant le principe de la propriété , les Pères en réglaient la distribution, enveloppant dans un même anathème l'usure, l'avarice et la prodigalité. « Quem non pavisti, occidisti ! » « Celui dont vous n'apaisez pas la faim, vous le faites périr, » s'écriait Arnobe. C'est le cri unanime

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