‹ Lectures morales et religieusesChapitre 16 sur 72 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

l'impertinence de sa morale, la longueur et l'obscurité de ses discours de métaphysique*. » De là vient que saint Augustin somme les philosophes , et en particulier les philosophes platoniciens , de reconnaître la différence qu'il y a entre de timides conjectures, efforts de la libre pensée et qui ne s'adressent qu'au petit nombre , et le salut éclatant, l'entraînement des peuples, «t quid intersit inter paucorum limidaa conjecturas et manifestam salutem correptionemque 'populonim , » les conjurant de céder à Celui par qui s'est opérée cette merveille. « Ergo cédant ei a quo factvm est, née curiositate aut inani jactantia impediantur quominus agnoscant *. »

Aussi bien la philosophie fournissait-elle trop fréquemment à l'hérésie ses prétextes , ses faux-fuyants et ses formules, pour que les Pères ne l'eussent pas en une légitime suspicion. TertuUien affirme « qu'il n'y a point d'hérésie qui ne doive son origine à la philosophie *. » Et ailleurs, il appelle les philosophes « patriarches des hérétiques*. » Or, de toutes les calamités que les Pères eurent à redouter, l'hérésie était de beaucoup la plus délétère; de tous les fléaux qui s'amassaient contre la foi , le plus perfide et le plus funeste. « Je frémis, s'écrie quelque part Bossuet, je sèche. Seigneur ; je suis saisi de frayeur et d'étonnement ; mon cœur se pâme , se flétrit, quand je vous vois en butte aux contradictions, non-

t, Fleury, Discours sur Platon; Opuscules, t. III ; 1780.

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