‹ Lectures morales et religieusesChapitre 18 sur 72 · Corinlh., l,xi · texte numérisé non relu

Corinlh., l,xi

xxviii INTRODUCTION.

chinations. Les Pères se trouvaient, de la sorte, forcés de prendre la plume et de confirmer leurs exemples, leurs prédications, leur doctrine par de publiques et solennelles apologies, lesquelles s'adressaient surtout aux empereurs. Telle fut, en effet, la politique constante des Pères. Obéissants aux empereurs, mais, d'une manière inviolable, obéissants à Dieu, s'ils ne déclinèrent jamais les devoirs que leur imposait la constitution de l'État, ils ne se départirent jamais non plus des droits que leur prescrivait leur conscience. « Je ne suis point l'esclave de l'empereur, écrivait TertuUien. Je n'ai qu'un maître, c'est le Dieu tout-puissant et éternel qui est aussi le maître de César*. » Et sans doute, à y réfléchir, il y avait dans ces paroles, en elles-mêmes si raisonnables, si simples et si nobles, un cri de rébellion. Car, réduire aux proportions d'un nom humain ce nom de César, qui retentissait, comme les bruits tonnants du ciel, des bords du tibre aux rives de l'Euphrate, des forêts de la Germanie aux frontières de la Judée, n'était-ce pas grandement diminuer le prestige de César, et, avec son prestige, sa puissance? Et proclamer qu'il fallait rendre à César ce qui est à César , et à Dieu ce qui est à Dieu , n'était-ce pas , dans les termes mêmes d'une soumission sincère , ruiner l'autocratie inique de César pour assurer l' avènement légitime de Dieu ? Les Césars donc , sentant leur force blessée par la justice, tournèrent contre la justice leur force; ils ordonnèrent les persécutions. Les Pères,

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