TertuUien. Apologét., ch. xxxiv
INTRODUCTION. xxix
de leur côté, ne voulant pas compromettre par la force la justice, endurèrent les persécutions. « Ah! s'il nous était permis de rendre le mal pour le mal, disait Tertullien , une seule nuit et quelques flambeaux suffiraient à notre vengeance. Nous ne sommes que d'hier, et nous remplissons tout : vos cités, vos îles, vos forteresses, vos camps, vos colonies, vos tribus, vos décuries, vos conseils, le palais, le sénat, le forum; nous ne vous laissons que vos temples'. « Les empereurs n'étaient pas capables de résister à cette irrésistible pression du nombre et de la patience. Peu à peu , soit conviction, soit calcul , abandonnant le paganisme avili malgré eux , ils se rallièrent au christianisme malgré eux affermi , et , dans les premières années du iv* siècle, Lactance pouvait terminer par ces remarquables paroles ses Institutions divines , dédiées à Constantin : « Grâce à la sagesse de vos lois , nous ne sommes plus réputés des malfaiteurs et des impies pour adorer le vrai Dieu.... L'on ne nous condamne plus comme des hommes souillés de crimes , nous qui redoutons jusqu'à l'ombre du crime. » Mais alors même que l'Empire se fut uni avec l'Église, il y eut à cette union de sanglantes ruptures. Les derniers tressaillements du paganisme expirant, les retours spontanés des empereurs vers une puissance absolue , la réaction de l'atrabilaire Julien, les faiblesses de Valentinien II, les emportements de Théodose prouvèrent assez aux Pères que le temps de la lutte n'était pas encore passé.