VIII INTRODUCTION
thèque choisie des Pères grecs et latins ', a contribué à mettre en circulation leurs pensées. M. Villemain , en traçant son vivant Tableau de V Éloquence chrétienne au iV siècle, leur a ouvert les écoles et les salons.
Nous voudrions insister dans cette voie; instituer, s'il est possible, un plus fréquent commerce des séculiers avec les Pères.
Mais, dès lors, n'est-il pas clair que nous réussirions mal à rendre familiers les écrits des Pères, en nous bornant à offrir les textes grecs ou latins de leurs ouvrages? Ces textes , en effet , inintelligibles au grand nombre, ne seraient-ils pas , en outre , plus propres à corrompre le goût qu'à le perfectionner? Et n'y aurai i-il pas là un obstacle plutôt qu'un secours pour ceux qui s'appliquent à l'étude des langues anciennes? Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un rapide regard sur l'histoire de la langue grecque et de la langue latine. Car il ressort, sans conteste, d'un semblable examen, que les Pères sont trèsloin , et même qu'il leur a été impossible, malgré leur génie , d'exceller par le langage.
« La langue grecque a été anciennement fort universelle. Elle se répandit, du temps du grand Alexandre, dans toutes les provinces d'Orient qui plièrent sous ses armes et demeurèrent dans son empire. On parla grec dans l'Egypte, et surtout à Alexandrie, où les juifs qui prirent ce langage s'appelèrent Hellénistes, à la distinction des juifs de la Palestine , qui parlaient le syriaque ou le chaldéen. Le grec se parlait dans toute l'étendue de