‹ Lectures morales et religieusesChapitre 9 sur 72 · D'Argonue, pag · texte numérisé non relu

D'Argonue, pag

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lion secrète, divulgué par le martyre, chercha dans la science un appui ? Comment les Pères triomphèrent-ils du polythéisme, système absurde mais convenu, sauvegarde d'immenses et abominables privilèges, clef de voûte de tout un édifice social et que tant d'intéressés, les sophistes, les prêtres, les princes défendaient? De quelle façon opposèrent-ils aux monstres de tous les vices les prodiges de toutes les vertus? D'où leur vint cet esprit de discernement qui leur fit rejeter les parties caduques de la philosophie, pour en conserverie fond impérissable; cette victorieuse ardeur qui garantit l'intégrité du dogme contre les attaques dissolvantes de l'hérésie ; cette politique surhumaine qui rendit toujours aux empereurs ce qui leur appartenait elleur refusa toujours ce qui n'était pas permis? Enfin quelles furent les conditions de la vie nouvelle créée par le christianisme? Quelle fut aussi l'existence de ces hommes extraordinaires, qui, presque tous, nés au sein de l'idolâtrie, de l'opulence, des mondaines délices, explorèrent avidement tous les abords de l'erreur et ne cédèrent qu'aux pressantes instances et comme à la torture de la vérité ? — Il semble que ce soient là autant de questions qu'il convienne de se poser et d'avoir présentes, pour lire avec intelligence les écrits des Pères. Et ces questions en effet résument, en même temps que l'histoire de leurs travaux, l'histoire de la plus mémorable révolution qui ait eu lieu parmi les peuples.

On a souvent décrit l'état du paganisme, au moment où la doctrine du Christ, annoncée par les prophètes, présagée par la poésie , espérée par tous les hommes de

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désir, vint répondre à l'universelle attente. Néanmoins, et malgré les angoisses, cette doctrine libératrice ne parut d'abord , aux yeux des plus sensés, qu'une sédition, une imposture, ou une folie. Les fables, tantôt gracieuses, tantôt terribles, presque toujours corruptrices, avaient, depuis longtemps, il est vrai, perdu leur autorité. Le plaisir, puis le néant étaient devenus les deux pôles de la vie privée : la servitude de bassesse chez les gouvernés, la servitude de crainte chez les gouvernants, les deux termes de la vie publique. Le droit écrit primant, remplaçant même le droit naturel, la religion se réduisait à des rites illusoires , formulaire mobile et odieux non de la justice, mais de la force. Il y avait ainsi un soupir des âmes vers un avenir réparateur, gémissement de souffrance, d'inquiétude, ou de brutale satiété. Mais, d'un autre côté, des préjugés invétérés, des habitudes perverses, un instinct résistant de tyrannie s'opposaient à une rénovation. Les juifs, esclaves de la lettre, et qui prétendaient les dépouilles opimes de leurs dominateurs abaissés, en considérant le dénùment du Christ, le tinrent pour un imposteur. Les princes païens , « ces grands de chair, >• ne virent en lui qu'un séditieux ; les lettrés païens, qu'un insensé. Aussi le Christ déclara-t-il qu'on ne devait pas s'y tromper ; qu'il n'était pas venu apporter la paix, mais le glaive. « Nolite arhitrari quia pcœem venerim 7nittere in terrain; non veni paceni miftere, sed gladium '. »

Ce ne fut pas d'ailleurs contre le judaïsme qu'il fallut

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