‹ Lectures pédagogiques à l'usage des écoles normales primairesChapitre 195 sur 226 · FOURCROY · texte numérisé non relu

FOURCROY

éclairez Tiiitérôt de chacun et comptez sur ses conseils; croyez que les sous-préfets, sous la responsabilité desquels la loi placera leur succès, prendront pour ces écoles tous les moyens qui sont à leur disposition ; espérez surtout que la bienfaisance fondera comme autrefois une partie de ces établissements : voyez ce que dix-huit mois de tranquillité et de relour ferme aux principes ont déjà produit dans ce genre! '

Le projet de loi ne s'occupe point de Tinstruclion des filles; mais ne prévoit-on pas que dans les communes auxquelles cette organisation est confiée, on ne négligera pas de faire ce qui est convenable à cet égard? Ne sait-on pas encore que c'est dans les familles que cet apprentissage domestique, comme celui des ouvrages qui conviennent aux filles, s'établit naturellement? Est-il besoin de dire que dans les villes les deux genres d'écoles ont toujours été distingués pour les deux sexes, et qu'il eût été superflu d'énoncer cette disposition?

Quant aux fonctions diverses qui pouvaient être attribuées aux maîtres, le gouvernement en a fait l'objet de ses sollicitudes; il ne négligera pas les secours qu'il pourra tirer des instituteurs probes et assez éclairés pour tenir des registres civils et remplir quelques fonctions municipales ; il y est intéressé pour le bien des administrés et pour la consolidation des écoles elles-mêmes. On peut se reposer à cet égard sur ses soins : tout ce qu'il pourra faire pour améliorer le sort de ces hommes utiles, pour les attacher aux lieux où ils seront appelés par la confiance des com« munes, il le fera avec empressement.

Il ne sera donc pas nécessaire de mutiler une partie du projet, ni de faire crouler une de ses bases les plus solides, comme un orateur l'avait proposé au Tribunat*, pour

religion. Tout y est libre, tout y doit être de sentiment et de persuasion. »

Voilà le « droit à Tignorance » affirmé au nom de la liberté de conscience I

1. Le tribun Duchesnc, qui seul avait osé faire ouvertement opposition

au projet du gouvernement, avait dit : a Aucune considération ne doit

établir des écoles primaires. Si les communes pouvaient méconnaître leur propre intérêt au point de ne pas assez soigner cette institution, il resterait au gouvernement à les y contraindre par des règlements et des mesures qui sont toujours à sa disposition. Mais il est assuré d'avance qu'il n'aura pas besoin d'en venir à cette extrémité, puisque dans la plupart des commîmes il existe quelques établissements dont il ne s'agira que de régulariser ou de modifier l'état actuel.

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