‹ Lectures pédagogiques à l'usage des écoles normales primairesChapitre 214 sur 226 · ANONYME · texte numérisé non relu

ANONYME

forts qu*il a fallu renouveler pendant quatre mois de luttes journalières, pour faire triompher, par la seule force de la discussion, sur tous ces points fondamentaux, la raison, la justice et une sage liberté.

Tous les membres de la première commission en ont gardé le souvenir.

Quoi qu'il en soit, avec la loi nouvelle, on aura obtenu : 1° Ce qui était demandé; 2<> Ce qui était possible; 3° Ce qui était urgent.

1» Ce qui était demandé depuis 1808, 1828 et 1848; on le peut dire, ce qui était inespéré.

Nous n'insisterons pas'^sur ce point; nous dirons seulement que si le roi Louis-Philippe, il y deux ans, eût consenti à nous accorder le quart de ce que nous accorde la loi nouvelle, toutes les espérances des défenseurs de la liberté d'enseignement, de ceux qui avaient le plus de confiance dans le succès, et qui élevaient au plus haut degré leurs vœux, eussent été dépassées.

2° Ce qui était possible.

Sans doute, on pouvait désirer que Tinstruclion publique fût entièrement et exclusivement confiée à TEglise; que du moins, dans le Conseil supérieur, il y eût douze ou quinze évêques au lieu de trois; que, dans les conseils départementaux, on ne comptât que des prêtres, des religieux ou des catholiques fidèles; qu*en l'absence absolue de tout grade, de tout brevet, de tout diplôme, un stage de quelques semaines répondît aux conditions qu'exige la constitution pour la capacité et la moralité. Tout cela eût été peut-être parfait — si cela eût été possible.

Mais la sagesse demande qu'on tienne compte de ce qui se peut; la sagesse demande qu'on se souvienne de cette parole que le savant Benoît XIY empruntait à saint Augustin: Exigendum est a nobis non quod volumus, sed quod possumus (11 nous faut exiger non ce que nous voulons, mais ce que nous pouvons).

Z^ Enfin, avec la loi, on a obtenu tout ce qui était urgent; tout ce que la société en détresse réclame le plus impérieusement, et ce qu'on ne peut lui refuser sans la laisser périr : un frein contre le débordement des passions antisociales dont les maîtres d*école sont les plus puissants propagateurs; la liberté du bien, afin de lutter contre la liberté du mal, pour les laïques, pour les ecclésiastiques, pour les membres des congrégations religieuses reconnues et non reconnues par TÉtat; enfin, le secours de VÉglise, à laquelle la société accorde aujourd'hui la juste réparation qu'elle lui doit depuis longtemps en lui demandant de venir à son aide et de la sauver.

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