‹ Lectures pédagogiques à l'usage des écoles normales primairesChapitre 23 sur 226 · LES JOUETS · texte numérisé non relu

LES JOUETS

' Madame Gahpan*

Los jouets sont les premiers goûts de Tenfance; que d*hal)itudes fâcheuses peuvent êlre puisées au milieu de polichinelles, de chevaux de cartonet de poupées! Multiplier à rinfmi les joujoux, comme on a la faiblesse de le faire pour les enfants des riches, c'est préparer en eux la prodigalité, l'inconstance, le dégoût ou l'avarice. L'enfant, attaché au même chariot qu'il a traîné toute une saison dans le jardin de sa mère, est aussi heureux que celui qui a des armoires remplies de joujoux : le soin qu'on lui fait prendre de remiser son petit chariot lui fait contracter l'habitude de Tordre ; et la petite fille, qui, dans quelque rang qu'elle se trouve placée, doit être formée au goût de l'arrangement, reçoit déjà une petite leçon, quand on exige d'elle de réunir dans sa boîte toutes les pièces du "ménage de sa poupée.

Par la multiplicité des joujoux, j'ai vu de jeunes princes déjà victimes de la triste satiété ; j'ai vu leurs mères les promener au milieu de mécaniques ingénieuses, dont la vue charmait jusqu'aux gens faits, s'efforcer en v^in d'exciter leurs désirs : déjà ils avaient eu et brisé plusieurs fois des jouets semblables. Il est cependant juste de dire que tous les jouets qui se meuvent par des ressorts cachés n'inspirent aux enfants qu'un étonnement passager ; qu'ils ne font point cas d'une action qu'ils n'ont pas dirigée, et n'éprouvent que le seul désir de briser ces jouets pour s'instruire du moyen qui les fait agir. Tout ce qui se traîne, chevaux, charrettes, sont les jouets qui plaisent le plus aux enfants,

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