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et surtout aux garçons, parce cju'ils se prêtent au besoin d'action qui ne les quitte jamais.

On remarque dans les jeux des enfants leurs constantes dispositions à imiter tout ce qu'ils voient faire aux gens formés ; ils aiment les petits ménages, dont toutes les pièces leur retracent celui de leurs parents; un bâton transformé en cheval représente celui de leurs parents, ils sont ravis de faire claquer un fouet comme les postillons, et d'arroser comme le jardinier. La plus petite fille s'empare des poupées, et, par l'effet d'un instinct admirable, véritable bienfait de la Providence, vous la verrez

Rêver le nom de mère en berçant sa poupée.

Que l'oreille d'une mère soit bien attentive aux discours adressés à la poupée : ce qui lui a fait le plus d'impression, sa fille le répétera à sa muette enfant; peut-être même placera-t-elle dans sa bouche quelque critique sévère sur ce qui lui aura semblé injuste de la part de sa mère ; c'est dans les jeux que les enfants jouissent de toute leur liberté et offrent le plus d'occasions de les juger.

Toutes les mères savent quelle utilité on peut tirer du jeu de la poupée: l'habitude de ployer des vêtements, le premier emploi de l'aiguille, le goût, toutes ces qualités si précieuses dans notre sexe, ce jeu les développe. La disposition des enfants à imiter les habitudes de leurs parents peut encore s'observer dans ce genre d'amusement. Si la petite fille a une mère trop occupée du soin de sa toilette, si elle la voit employer une partie de ses matinées à cal* culer le goût et l'effet de ses parures, elle tourmentera tout ce qui l'environne pour avoir des rubans, des plumes, des fleurs nouvelles, et changer continuellement les ornements de sa poupée.

Dans les temps où la saison retient forcément les enfants à la maison, les joujoux ingénieux qui peuvent servir à former leur vue et à étendre leurs idées sont de nos jours très muhiphés. Ces boites qui contiennent comme une mé-

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nagerie tout entière donnent occasion de leur apprendre beaucoup de choses sur les différentes espèces d'animaux. Les édifices qu'il peuvent ériger eux-mêmes les occupent, et forment à la fois leur vue et leur intelligence. Des gravures d'optique, bien coloriées, font passer sous leurs yeux des pays étendus, des édifices, des mers,des navires, des volcans, et, par leurs yeux, préparent leur intelligence à concevoir les choses qui leur sont successivement expliquées.

Je ne crois pas que Ton doive se servir uniquement d'estampes pour enseigner aux enfants ce qui exige de l'étude : c'est favoriser leur paresse; mais les estampes placent dans la mémoire l'action des faits enseignés, l'image de la chose apprise, et sont alors d'une grande utilité. Il est essentiel de ne pas amuser les enfants avec de mauvaises gravures mal coloriées ; il faut, de très bonne heure, ne mettre sous leurs yeux que des couleurs justes et des perspectives exactes : c'est les préparer à profiter avec facilité des leçons de dessin.

Pour bien juger à quel degré l'organe de la vue reste imparfait quand il n'a pas été formé dans la jeunesse, entrez dans une chaumière, et voyez avec quel plaisir les villageois y suspendent des figures épouvantables, couvertes de plaques informes de bleu, de rouge et de vert. Pénétrez ensuite chez l'artisan des villes : de mauvaises gravures, mais qui donnent une plus juste idée des couleurs, ornent sa demeure. Arrivez successivement jusque dans le cabinet de l'homme riche : vous pourrez juger le degré de perfectionnement dont l'organe de la vue est susceptible par le choix des gravures et des tableaux placés dans ses appartements.

Les balles, les raquettes, le cerceau, la corde sont des jeux qui exigent une certaine adresse et fortifient les en-^ fants. Us peuvent avoir lieu entre les filles et les garçons jusqu'à l'âge de sept ans et sont aussi utiles aux uns qu'aux autres. Dès qu'il n'y a plus de proportion entre la force physique d'un garçon et celle des filles, il y a du danger

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à les faire jouer ensemble ; les garçons ne comprennent pas encore que leur force ne doit servir qu'à proléger des êlres plus faibles qu'eux. Des courses dirigées vers un but marqué sont aussi un amusement qui développe beaucoup Tagilité des enfants. Les petites boches, les râteaux, les brouelles, le seul plaisir de culbuter une terre inculte, de ratisser des allées, doivent longtemps précéder les premiers essais de culture. Les très jeunes enfants sont de détestables jardiniers; ils arrachent de suite ce qu ils ont planté, et ne laissent pas subsister vingt-quatre heures sous la même forme leur petit jardin. Pourquoi leur enseigner à détruire ? Pour rendre l'amusement du jardinage à la fois agréable et utile, il ne faut l'accorder aux enfants qu'à la seconde époque de l'éducation ; laissez-les donc gratter la terre tant que cela peut les amuser, mais ne leur accordez un rosier, un pied d'œillet, que quand ils sauront attendre le développement de la fleur : et ne leur laissez cultiver des pommes de terre que lorsqu'après les avoir plantées au mois de mars, ils sauront qu'ils doivent, avec patience, attendre le mois de septembre pour en recueillir les produits.

(De l'Éducation y liv. III, chap. ni.)

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