‹ Lectures pédagogiques à l'usage des écoles normales primairesChapitre 76 sur 226 · KANT · texte numérisé non relu

KANT

reiMsent que sur des conceptions subjectives, et que l'absolu est inaccessible à la raison humaine, il a cherché dans un autre écrit, la Critique de la raison pratique (1787), a fonder sur une base inébranlable la loi morale, qu'il appelle Vimpératif catégorique, en lui accordant ce caracère de certitude absolue qu'il refuse aux idées métaphysiques. C'est à ce dernier livre qu'est empruntée la page célèbre que nous donnons ci-dessous.

Deux choses remplissent Tâme d'une admiration et d'un respect toujours renaissants et qui s'accroissent à mesure que la pensée y revient plus souvent et s'y applique davantage : le ciel étoile au-dessus de nous, la loi morale au dedans. Je n'ai pas besoin de les chercher et de les deviner comme si elles étaient enveloppées de nuages ou placées au delà de mon horizon, dans une région inaccessible; je les vois devant moi et je les rattache immédiatement à la conscience de mon existence. La première, de la place que j'occupe dans le monde extérieur, étend le rapport de mon être avec les choses sensibles à tout cet immense espace où les mondes s'ajoutent aux mondes et les systèmes aux systèmes, et à toute la durée sans bornes de leurs mouvements périodiques. La seconde part de mon invisible moi, de ma personnalité, et me place dans un- monde qui possède la véritable infinitude, mais où l'entendement peut seul pénétrer, et auquel je me reconnais lié par un rapport non plus seulement contingent, mais universel et nécessaire (rapport que j'étends aussi à tous ces mondes visibles). Dans l'une, la vue d'une multitude innombrable de mondes anéantit presque mon importance, en tant que je me considère comme une créature animale y qui, après avoir (on ne sait comment) joui de la vie pendant un court espace de temps, doit rendre la matière dont elle est formée à la planète qu'elle habite, et qui n'est elle-même qu'un point dans l'univers. L'autre au contraire relève infiniment ma valeur comme mteWigrence par ma'personnalité, dans laquelle la loi morale me révèle ma vie indépendante de l'animalité et même de tout le monde sensible, autant du moins qu'on en peut juger par la destination que cette loi assigne

à mon existence, et qui, loin d'être bornée aux conditions et aux limites de cette vie, s'étend à l'infini.

(Critique de la raison pratique, trad. Bariii.)

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