‹ Lectures pédagogiques à l'usage des écoles normales primairesChapitre 87 sur 226 · Yoir la notice, p · texte numérisé non relu

Yoir la notice, p

grands nigauds occupés à jouer avec lui, et s'apprêtant à me raconter d un air d'emphase je ne sais combien de gentillesses qu'ils venaient d'entendre, et dont ils semblaient tout émerveillés, a Messieurs, leur dis-je assez froidement, je ne doute pas que vous ne sachiez faire dire à des marionnettes de fort jolies choses; mais j'espère qu'un jour mes enfants seront hommes, qu'ils agiront et parleront d'eux-mêmes, et alors j'apprendrai toujours, dans la joie de mon cœur, tout ce qu'ils auront dit et fait de bien. » Depuis qu'on a vu que cette manière de faire sa cour ne prenait pas, on joue avec mes enfants comme avec des enfants, non comme avec Polichinelle; il ne leur vient plus de compère, et ils en valent sensiblement mieux depuis qu'on ne les admire plus.

A l'égard des questions, on ne les leur défend pas indistinctement ; je suis la première à leur dire de demander doucement en particulier à leur père ou à moi tout ce qu'ils ont besoin de savoir; mais je ne souffre pas qu'ils coupent un entretien sérieux pour occuper tout le monde de la première impertinence qui leur passe par la tête. L'art d'interroger n'est pas si facile qu'on pense : c'est bien plus l'art des maîtres que des disciples; il faut avoir déjà beaucoup appris de choses pour savoir demander ce qu'on ne sait pas. « Le savant sait et s'enquiert, dit un proverLe indien; mais l'ignorant ne sait pas même de quoi s'enquérir. » Faute de cette science préliminaire, les enfants en liberté ne font presque jamais que des questions ineptes qui ne servent à rien, ou profondes et scabreuses, dont la solution passe leur portée ; et, puisqu'il ne faut pas qu'ils sachent tout, il importe qu'ils n'aient pas le droit de tout demander. Voilà pourquoi, généralement parlant, ilss'in struisent mieux par les interrogations qu'on leur fait que par celles qu'ils font eux-mêmes.

Quand cette méthode leur serait aussi utilç^qu'on croil.

a première et la plus importante science qui leur convient

n'est-^lle pas d'être discrets et modestes, et y en a-t-il

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