PROBITÉ ET DÉLICATESSE
E. Legouvé*
Je suis depuis quelques années en relations de confiance affectueuse avec une mère qui m'appelle en riant son moraliste consultant. Chaque fois que Téducation de ses ^ enfants fait surgir devant elle quelque intéressante question relative à la famille, elle m'en fait part, et de là, entre nous, une correspondance où les lettres que je reçois vont souvent bien plus au fond des choses que celles que j'écris.
Je vais donc laisser la parole à cette mère. Sous sa plume, le récit sera une action.
2 jumet 1876.
Mon vieil ami, depuis sept ans, vous le savez, mon fils m'a fait faire bien des pas dans le monde de la réflexion et de la conscience. Aujourd'hui, il me jette dans un indicible émoi. Voilà toutes mes idées sur les hérédités morales, renversées ! Je croyais aux bonnes souches, aux bonnes races! Une de mes joies, en épousant mon mari, était de penser à tout ce que des enfants, nés d'un tel homme, apporteraient, dans ce monde, de probité native, et d'honnêteté sans alliage. Un petit fait m'a rais l'esprit tout en trouble.
11 ne m'aurait pas effrayée s'il eût été isolé, mais déjà
/. Voir h notice, p. 110.
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quelques symptômes fugitifs, quelques indices vagues avaient éveillé ma sollicitude à ce sujet.
Une vieille tante qui demeure avec nous a une manie assez commune chez les personnes de son âge et de son temps, la manie des provisions. Vous vous rappelez que les armoires pleines de linge étaient l'orgueil de nos grand' mères, et que les armoires pleines de conserves étaient leur joie. Ma vieille tante possède donc un tiroir où elle entasse deux ou trois livres de sucre en morceaux cassés, pour assurer d'avance et pour un mois, le service régulier de son café au lait du matin et de son verre d'eau à la fleur d'oranger le soir. L'adresse fureteuse des sept ans de mon garçon a bien vite dépisté ce trésor, et dés que ma vieille tante n'est plus chez elle, voilà mon maraudeur qui entre dans la chambre à pas de loup, décroche la clef du tiroir dont il a découvert la cachette, et pille le magasin avec la discrétion de quelqu'un qui compte y revenir. Jusqu'ici, sans doute, rien de bien grave; la morale de beaucoup d'enfants ne s'élève pas toujours au-dessus de celle des domestiques : ce qui se mange ne coraple pas; voler des friandises, ce n'est que chiperj et ce qu'il y a de niche dans ce larcin arrive encore comme circonstance atténuante. Pourtant, un détail me frappe et m'attriste : c'est la clef décrochée !
Si le tiroir avait été ouvert, si la tentation s'était offerte à lui inopinément, s'il n'y avait succombé qu'une fois, je l'excuserais; mais la préméditation, la combinaison, la récidive constituent un véritable larcin; il sait bien qu'il fait mal, puisqu'il se cache; sa modération même dans ses fraudes, son art à les espacer pour pouvoir dissimuler tout en les recommençant, tout cela dénote un esprit de ruse qui est trop souvent le compagnon de l'improbité. Aussi quand ma vieille tante, qui sait son compte, attendu que son tiroir est tenu comme un livre de dépense, et que le total des morceaux se divise en autant de petits tas qu'il y a de tasses de café et de verres d'eau à la fleur
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d'oranger dans le nuois; lors donc qu'elle m*a dit : « Il mVn a pris deux mardis trois le surlendemain, un seule- . ment le dimanche, » j'ai été aussi affligée de Thabile échelonnement de ces petits larcins que de ses larcins mêmes. M'alarmé-jc à tort? Répondez-moi!...
Je lui répondis immédiatement : « Ne vous effrayez ni trop, ni trop tôt. Il y a très souvent chez les enfants un peu du renard, ou plutôt du petit sauvage. Or, chez les sauvages, l'idée de propriété est chose fort confuse; la distinction du tien et du mien y consiste généralement à prendre le lien pour en faire le mien. C'est le fait et l'honneur de la civilisation d'avoir élevé jusqu'au rang d'une vertu et d'un devoir le respect du bien d'autrui; à ce titre, elle rentre dans l'éducation, et ce n'est là qu'une chose de plus à apprendre à votre fils; ajoutez que la gourmandise a sa part dans la petite improbité de votre fils et l'explique. Donc, pas de sujet de crainte excessive; rien qui ressemble à une perversité exceptionnelle chez votre fils. Seulement, commencez vos leçons le plus tôt possible. »
Quelques jours après, je reçus cette seconde lettre :
10 juillet 1876.
Mon inquiétude est devenue du chagrin. Je ne peux plus en douter, mon fils n'est pas honnête. Jugez-en. Chaque matin, il part pour une pension voisine et revient à l'heure du dîner. Ce départ matinal et cette absence qui dure tout le jour nous ont amenés à lui constituer un petit budget pour ses déjeuners, ses jeux, ses promenades du jeudi. 11 a, selon un mot familier, son feiii argent de poche.
Quoique mes livres ne soient pas aussi rigoureusement tenus que le tiroir de ma tante, cependant je compte et veux compter. Grands furent donc mon étonnement, ma peine, quand je crus m'aperce voir que mon fils avait
gonflé sa bourse d*écolier aux dépens de la mienne. D'abord je me refusai à un tel soupçon; il me sembla que je le calomniais; mais hier, appelée par une visile au jardin, je laissai imprudemment traîner sur ma table à ouvrage mon porte-monnaie, dont je venais de compter le contenu. C'était dimanche, jour de congé. Je sors du salon; je descends dans le jardin où m'attendait un visiteur; mon fils y jouait avec sa sœur. J'entre dans le petit bois pour y promener le voisin qui venait me voir, quand tout à coup, à travers les arbres, je vois l'enfant se glisser dans le salon, et deux minutes après en ressortir vivement et l'air agité. Je rentre, je cours à mon porte-monnaie : il y manquait une pièce de un franc et une autre de cinquante centimes. Ce fut un coup affreux. - • Je tombai sur un fauteuil en sanglotant. Sans doute, pour les enfants, ce qui est à leurs parents leur semble encore à eux. lisse disent peut-être qu'ils ne nous dérobent que leur propre bien. Sa faute n'est, je veux le croire, qu'une ignorance, une erreur de conscience; mais peutêtre aussi est-ce le germe d'une maladie morale incurable. Les malhonnêtes gens commencent ainsi. Cette perversité précoce éclate parfois chez les enfants des plus honnêtes parents. Le fils d'un de nos plus chers amis fut chassé à seize ans de son collège pour avoir volé à un de ses camarades une pièce de cinq francs. Si un pareil malheur nous fût arrivé, je ne sais pas ce que mon mari serait devenu. Je frémis de penser à ce qu'il ferait s'il apprenait seulement le larcin de éon fils! Quel parti vais-je prendre? Comment couper dans sa racine, comment étouffer dans son germe ce vice naissant? En fait de guérison je ne crois qu'à celle où l'on est soi-même le guérisseur. Je ne crois aux plantes vénéneuses bien mortes que quand on se les arrache soi-même du cœur avec indignation et furie. Voilà ce que je cherche! Une épreuve, une épreuve décisive, radicale, qui m'ouvre son âme el la lui x)uvre à lui-même ! Il faut que je sache ce qui s'y passe,
çe qui s*y cache î II faut que je sache ce qu'elle est, ce qu'elle peut, cette bête hideuse tapie dans le for intérieur de mon enfant. Si vous trouvez quelque moyen, écrivez-le-moi; si j'en trouve un, je vous récrirai.
15 juillet 1867.
J'ai trouvé. Demain je fais la tentative. Ce que j'essaie est bien grave; mais je verrai clair enfin! Je tremble comme à la veille d'une opération, d'où doit sortir l'arrêt du médecin, qui vous dit : « Votre fils est perdu, ou votre fils peut être sauvé. » ^
Deux jours après.
Voici ce qui s'est passé. Nous étions réunis tous trois dans le salon, mon mari, mon fils et moi. L'enfant écrivait un devoir. Alors d'une voix un peu émue, que je tâchais pourtant de rendre calme :
(( Mon ami, dis-je à mon mari, j'ai une nouvelle fâcheuse à vous apprendre.
— Laquelle?
— Vous avez comme moi de l'affection pour notre petit domestique Joseph?
— ' Je le crois bien, je l'ai vu naître ; je l'ai retenu à sa mère il y a treize ans, quand elle le nourrissait encore, pour l'attacher à notre service; le fils de braves gens I Je l'aime beaucoup. Que lui arrive-t-il donc?
— Vos éloges, mon ami, rendent ma réponse plus dif^ ficile.
— Parlez.
— Eh bien, mon ami, je crains que Joseph ne soit pas honnête.
— Pas honnête! Joseph ! Pas probe! C'est impossible!
— Si je vous disais que je suis à peu près sûre... plus qu a peu près. ... qu'il a volé l
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— Volé! s'écria mon mari, volé! Joseph 1 Quand? A qui? Quoi? Quelles preuves en avez-vous?
— Une preuve irrécusable ! C'est à moi qu'il a volé!
— A vous!... Après tout ce que nous avons fait pour lui I Après que nous l'avons élevé comme notre enfant I Mais ce serait aussi abominable.... que si notre fils... Gomment vous en êtes-vous aperçue ? »
Je restai un moment sans répondre, et suivant mon fils de l'œil.
Il était devenu un peu pâle au commencement de l'entretien, et, quoique toujours penché sur son papier, sa plume s'était arrêtée, il écoutait.
Je repris donc lentement :
« Il y a quelques jours, j'avais oublié mon porte-monnaie, là, sur cette table à ouvrage. (Un léger tremblement saisit mon fils.) Je savais le compte exact de mes pièces de monnaie. (Chacune de mes paroles augmentait le tremblement de mon fils.)
« Je descendis au jardin, laissant Joseph ici à côté, dans la bibliothèque qu'il nettoyait, et où je l'entendais aller et venir. Personne que lui dans ces deux pièces. Au bout de quelques instants de promenade, je reviens brusquement, et j'entends des pas qui semblaient se précipiter au dehors. J'entre dans la bibliothèque, Joseph n'y était plus. Je cours à ma bourse, il y manquait deux pièces d'argent. (Mon fils devenait livide.)
tf Le vol est donc évident. Maintenant, mou ami, que faut-il faire ? ^)
Mon mari gardait le silence. Il semblait profondément ému. Sa figure, d'ordinaire si calme, trahissait un trouble extraordinaire. Il répondit enfin d'une voix très altérée :
« Il n'y a qu'une chose à faire... tout dire aux parents. Pauvres gens! quel coup ! Des cœurs si honnêtes! Que va devenir le père? Je me figure ce que j'éprouverais si j'apprenais que mon fils!... >•
Ici il s'arrêta, ses larmes contenues lui coupaient la voix.
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Je regardais mon fils, ses lèvres se cho(fuaient Tune contre l'aulre.
(( Mais que direz-vous aux parents, mon ami?
— Je vous l'ai dit : tout !
— Est-ce que vous chasserez Joseph ?
— Si je le chasserai!... s*écria-l-il. Je ne pourrais plus le voir ! Les fripons nie font horreur ! »
Je fus effrayée de la figure décomposée de mon fils ! Nous, mères, nous sommes hien vite au bout de notre inflexibilité,, et je repris doucement : « Calmez-vous mon ami I Pensez que Joseph n*a que treize ans. U est encore possible de le corriger. Il y a bien de l'inconscience dans les fautes de certains enfants. Ils font souvent le mal parce qu'ils ne se doutent pas que ce soit le mal ! » Je parlais pour mon fils, pour le réconcilier un peu avec lui-même. « Ne vaudrait-il pas mieux tâcher de s'adresser à la conscience de cet enfant, lui faire sentir à luimême sa faute ?
— Un coup violent, répondit mon mari, la lui fera seul sentir. Ce qu'il a fait est injustifiable. Je vous promets d'arrêter la colère du père. Tel que je le connais, elle pourrait être terrible. Mais s'il me demande un conseil, je le lui donnerai sans hésiter.
— Que lui conseillerez-vous donc ?
— De mettre pour trois mois son fils dans une maison de correction.
— En prison ! m'écriai-je avec effroi, car ma pensée n'avait pas été jusque-là. (Mon fils était blême de terreur.) En prison I si jeune encore I presque enfant I Son chagrin sera du désespoir.
— Tant mieux I la leçon sera plus forte. D'ailleurs il l'a méritée ! Comment I nous voyons tous les jours de pauvres petits malheureux expier par la détention des larcins qu'excusent la faim, l'ignorance, l'abandon, et nous épargnerions, nous, cette peine à des enfants qui volent par vice.,. 6
Je tressaillis à ce mot de vice. « Oui, par vice, puisquils étaient mis à Tabri de la tentation par le bien-ôtre et avertis du mal par Téducation. S'il y a un moyen de sauver Joseph, c'est celui-là ! Il n'est peut-être pas incorrigible ; mais un châtiment terrible peut seul le corriger! Il faut, avant que nous le rendions à la société, qu'il ait appris par la souffrance, par l'humiliation, ce que c'est que cette grande vertu de la probité, qui est le fondement de Tétat social même, puisque sans elle il n'y a dans le monde que mensonge, iniquité, spoliation et haine. Je vais écrire au père de Joseph. »
Mon mari, à ce mot, se leva et se dirigea vers son cabinet, mais mon fils, mû comme par un ressort, s'était levé en même temps, et, courant à son pèro, il se jeta par terre. Il semblait qu'il voulût se mettre sous ses pieds, et il criait avec un mélange effrayant de sanglots et de larmes : « Je ne veux pas I Tu n'iras pas ! Tu n'écriras pas! Joseph est innocent ! C*est moi! C'est moi qui suis le coupable!
— Toi ! s'écria mon mari en le relevant violemment.
— Oui ! moi! dit l'enfant, dont la terreur avait disparu devant le sentiment du danger de son camarade. Oui ! moi ! c'est moi qui ai pris l'argent de maman ! C'est moi qu'il faut envoyer en prison ! je veux que tu m'y envoies ! Tu as raison ! Punis-moi ! » Et sa voix s'éteignit dans les larmes.
Mon mari était tombé sur un fauteuil, anéanti. J'en profitai pour relever l'enfant, le prendre dans mes bras, remmener dans la pièce voisine en lui disant : a Reste là. » Puis je^ revins à mon mari. « 11 vous a dit vrai! Il est coupable! Je le savais! J'ai cru comme vous qu'une leçon terrible était nécessaire I J'ai tenté l'épreuve ! Si cruelle qu'elle ait été, je .m'en applaudis. Son aveu, et surtout la manière dont il a fait cet aveu, effacent un peu sa faute à mes yeux. La faute était d'uii enfant, l'aveu est d'un homme. Le fond même de son âme s'y est montré, et cette âme n'est pas basse. Calmez votre
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chagrin, mon ami, nous avons écrasé la lôte du serpent. Votre fils sera digne de vous. »
Mon mari n'avait pas la force de me répondre ; il se leva pourtant, il me suivit, et nous entrâmes dans le petit salon où j'avais caché Tenfant. Il n'y était plus. Étonnée, presque inquiète, je m'élance vers la fenêtre.... et qu'estce que je vois? mon fils courant après Joseph, qui était en bas du perron, se jetant à son cou et lui donnant une petite montre qu'il avait achetée avec l'argent de ses étrennes et le prix de ses bons points de l'année. Joseph se débattait» refusait la montre :
« Prends-la, Joseph! prends-la! lui disait mon fils, je t'en supplie! »
Sa pensée, que je devinai, m'émut profondément. Ce besoin de réparer, de compenser le tort qu'il avait non pas causé, mais failli causer à son camarade; cette idée de le dédommager du soupçon injuste qu'il avait fait planer sur lui, me parut d'un cœur trop délicat pour être malhonnête; me retournant donc vers mon mari, je lui dis :
« Êtes-vous rassuré?
— Une blessure si cruelle ne se guérit pas si vite, me répondit-il. Je suis touché, mais consolé pas encore!... »
A ce moment, entrèrent Joseph et mon fils :
(( Monsieur, dit Joseph, voilà une montre que M. Maurice veut absolument me faire prendre, mais je ne veux pas. Il ne peut pas me la donner, puisqu'on la lui a donnée. N'est-ce pas, monsieur? »
Mon mari resta un moment comme interdit. Des larmes roulaient dans ses yeux.
« C'est très bien, ce que vous faites là, Joseph, dit-il au petit domestique ; ne pas s'approprier ce qui ne vous appartient pas, c'est de la probité ; refuser ce qu'on croit ne pas devoir accepter, c'est mieux encore, c'est de la déhcatesse. Vous donnez là à mon fils une double leçon, dont il profitera, j'espère. Prenez cette montre, je vous y autorise. Allez, mon enfant. »
E. LEGOUYÉ. — J.-J. ROUSSEAU Sll
Joseph sortit aussi confus qu'heureux. Mon mari alla à son fils et lui dit :
« Je te promets d'oublier ce qui s'est passé, mais à une condition, c'est que tu te le rappelleras toujours! »
(Nos filles et nos fils.)
ABUS A ÉVITER : OfCITATION A LA VANITÉ ET AU BABIL mCONSIOÉRÊ
J.-J. ROUSSFAW*
Que peut penser un enfant de lui-mèrne, quand il voit autour de lui tout un cercle de gens sensés l'écouter, l'agacer, l'admirer, attendre avec un lâche empressement les oracles qui sortent de sa bouche, et se récrier avec des retentissements de joie à chaque impertinence qu'il dit? La tète d'un homme aurait bien de la peine à tenir à tous ces faux applaudissements : jugez de ce que deviendra la sienne! 11 en est du babil d'un enfant comme des prédictions des almanachs; ce serait un prodige si, sur tant de vaines paroles, le hasard ne fournissait jamais une rencontre heureuse. Imaginez ce que font alors les exclamations de la flatterie sur une pauvre mère déjà trop abusée par son propre cœur, et sur un enfant qui ne sait ce qu'il dit et se voit célébrer' Ne pensez pas que, pour démêler l'erreur, je m'en garantisse : non, je vois la faute, et j'y tombe; mais, si j'admire les reparties de mon fils, au moins je les admire en secret; il n'apprend point, un me les voyant applaudir, à devenir babillard et vain; et les flatteurs, en me les faisant répéter, n'ont pas le plaisir de rire de ma faiblesse.
Un jour qu'il nous était venu du monde, étant allée donner quelques ordres, je vis en rentrant quatre ou cinq