Voir la iiulico, p
ces élans de cœur qui sont aussi des dispositions naturelles, et où la volonté n*a aucune part; ce serait les gâter qu'y associer l'amour-propre; il les dénature toujours en y mêlant un retour sur soi-même, un plaisir sec et personnel bien différent de celui qu'on éprouve en se laissant aller à de bons sentiments, à des émotions généreuses : après de tels éloges, vous risqueriez de voir vos enfants recommencer, pour les obtenir de nouveau, ce qu'ils avaient fait la première fois par une bonté ou une générosité simple ou non affectée; or, ce n'est pas une bonne action qu'une bonne action faite par amour-propre, et ce qu'on doit le plus craindre dans l'enfance, c'est d'altérer la pureté naturelle du cœur et des motifs qui le déterminent. Au lieu de louer vos enfants pour des avantages ou des vertus de ce genre, accoutumez-les, dés que vous aurez reconnu qu'ils les possèdent, à les regarder comme une portion d'eux-mêmes, aussi précieuse que des yeux, une langue ou des jambes, dont ils doivent faire usage comme des membres de leur corps, mais dont ils ne doivent pas être plus vains que de savoir parler ou marcher. Voire fille a-t-elle un bon cœur, une âme généreuse ? Qu'il soit reconnu dans la maison qu'heureusement pour nous, et pour elle, cela est ainsi, qu'elle doit agir en conséquent qu^elle ne saurait rien faire qui ne fût conforme à cetc<^ disposition; et elle se plaira chaque jour davantage à déployer sa bonté, sans songer à en être fière. Votre fils a-t-il reçu en partage une intelligence distinguée? Faites-vousen un droit pour lui reprocher dans l'occasion sa lenteur et sa paresse : que sa tâche soit toujours proportionnée â ses facultés; dites-lui : « un enfant qui a de l'intelligence doit faire cela, » et s'il ne le fait pas : « il est honteux pour un enfant qui a de l'intelligence de n'avoir pas fait ce qu'il pouvait faire ». Vous profiterez ainsi desbonnes dispositions que vos enfants tiennent de la nature et du prix qu'ils peuvent y attacher ; vous verrez ces dispositions se développer et s'accroître, et elles ne deviendront pas une source d'af-
fectation, d'orgueil, de vanité, de jactance et de tous les défauts qui naissent d*un amour-propre excessif ou mal entendu.
{Conseils d'un père sur V éducation.)