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Exposition du système du monde, Hv. III, chap. iv

donné la démonstration dite par la solidiflcation, qui a passé dans les ouvrages élémentaires. Il nous parait fâcheux qu'on n'y donne pas habituellement la démonstration de Pascal, bien autrement directe et satisfaisante.

Voici maintenant l'histoire des expériences du vide. Nous l'empruntons à la préface mise par Périer à la première édition des deux traités de son beau-frère, en 4663.

Histoire des expériences du vuide.

Galilée est celuy qui a remarqué le premier que les pompes aspirantes ne pouvaient élever Teau plus haut que 32 ou 33 pieds, et que le reste du tuyau s'il estait plus haut demeurait apparemment vuide. Il en avait seulement tiré cette conséquence que la nature n'a horreur du vuide que jusqu'à un certain point, et que TefiTort qu'elle fait pour l'éviter est finy, et peut être surmonté, sans se détromper encore de la fausseté du principe même. Ensuite en l'an 1643, Toricelli, mathématicien du duc de Florence, et successeur de Galilée, trouva qu'un tuyau de verre de quatre pieds ouvert seulement par un bout et fermé par l'autre, estant remply de vif argent, l'ouverture en étant bouchée avec le doigt ou autrement, et le tuyau disposé perpendiculairement à l'horizon, l'ouverture bouchée estant vers le bas, et plongée deux ou trois doigts dans d'autre vif argent contenu en un vaisseau moitié plein de vif argent, et l'autre moitié d'eau ; si on le débouche (l'ouverture demeurant enfoncée dans le vif argent du vaisseau), le vif argent du tuyau descend en partie, laissant au haut du tuyau un espace vuide en apparence, le bas du mesme tuyau demeurant plein de vif argent jusqu'à une certaine hauteur : et si on hausse un peu le tuyau, jusqu'à ce que son ouverture qui trempait auparavant dans le vif argent du vaisseau sortant de ce vif argent arrive à la région de l'eau, le vif argent du tuyau monte jusqu'en haut avec l'eau, et ces deux

liqueurs se brouillent dans le tuyau, mais enfin tout le vif argent tombe, et le tuyau se trouve tout plein d'eau.

C'est là la première expérience qui a été faite sur cette matière, qui est devenue depuis si célèbre par les suites qu'elle a eues, et que Ton a toujours appelée l'expérience du vuide.

Ce fut le R. P. Mersenne *, minime de Paris, qui en eut le premier la connaissance en France; on la luy manda d'Italie en l'année 1644, et ayant été par son moyen divulguée et rendue fameuse dans toute la France, avec l'admiration de tous les scavans. Monsieur Pa$cal l'apprit de Monsieur Petit, Intendant des Fortifications, et très habile dans ces sortes de sciences, qui l'avait apprise du P. Mersenne mesme; et l'ayant faite ensemble à Rouen * en l'année 1646, de la mesme sorte qu'elle avait été faite en Italie, ils trouvèrent de point en point ce qui avait esté mandé de ce païs là.

Depuis, Monsieur Pascal ayant réitéré plusieurs fois cette mesme expérience , et s'en estant entièrement asseuré, il en tira plusieurs conséquences pour la preuve desquelles il fit plusieurs nouvelles expériences en présence des personnes les plus considérables de la ville de Rouen où il estait alors. Monsieur son père y faisant la fonction d'Intendant de Justice et des Finances. Et entr'autres il en fit une avec un tuyau de verre de quarante-six pieds de haut, ouvert par un bout, et scellé hermétiquement par l'autre, qu'il remplit d'eau ou plutost de

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