Grimaux, Lavoisiei', p
LA VIE ET l'oeuvre DE LAVOISIER. 481
Elle apprend l'anglais et traduit à son mari les mémoires de Priestley, de Cavendish, etc.; elle publie même la traduction de l'ouvrage de Kirwan sur le Phlogistique ^ Elle aide son mari au laboratoire : une partie des registres du laboratoire de Lavoisier sont de la main de sa femme. C'est elle qui a fait les planches du Traité de Chimie publié en n89. Elle écrit à de Saussure et le convertit à la doctrine nouvelle :
« Vous triomphez de mes doutes, Madame, lui écrit de Saussure, le 7 novembre 1788 *, du moins sur le phlogistique, principal objet de l'intéressant ouvrage dont vous m'avez fait Thonneur de m'envoyer un exemplaire. J'étais autrefois grand admirateur de Stahl, c'est dans ses ouvrages que j'ai puisé ma première notion sur la chimie, et les objections que Ton avait élevées contre sa doctrine n'avaient point encore opéré sur moi une conviction parfaite. Mais les préventions les plus fortes doivent céder à la force des raisonnements de M. Lavoisier et de ses savants amis. Lorsque je compare la clarté et la justesse de leurs arguments avec la confusion et le vague qui régnent dans les objections de M. Kirwan, je ne puis pas m'empécher de penser que, malgré la netteté et la précision avec lesquelles vous avez rendu ses idées, l'honneur que vous lui avez fait. Madame, de le traduire aura été funeste à sa réputation.... » — « Mme Lavoisier, dit Arthur Young, qui lui rendit visite en octobre 1787, une personne pleine d'animation, de sens et de savoir, nous avait préparé un déjeuner anglais au thé et au café; mais la meilleure partie de son repas, c'était, sans contredit, sa conversation soit sur VSssai sur le Phlogistique de M. Kirwan, qu'elle est en train de traduire, soit sur
1. Essai sur le phlogistique et sur la constitution des acides , traduit de l'anglais de M. Kirwan, avec des notes de MM. de Morveau, Lavoisier, de la Place, Monge, Berthollet et de Fourcroy. Paris, 1788, 1 vol. in-8.