HENRI SAINTE-CLAIRE DEVILLE ET DUMAS
Le laboratoire de PÉcole normale supérieure.
La chaire de chimie de l'École normale supérieure étant devenue vacante par la nomination de Balard au Collège de France, De ville y fut appelé *.
Il se met à l'œuvre, et bientôt FEurope savante tout entière aura les yeux fixés sur ce laboratoire d'où vont sortir tant de belles découvertes et où les savants de tout pays, comme les plus modestes professeurs de province, sont assurés de trouver un si aimable accueil. 11 n'y épargnera ni son temps ni sa peine. Maintes fois, les élèves de l'École le surprendront prenant un repas rapide sur le coin d'une table ou, rentrant dans leurs dortoirs, l'entendront bien avant dans la nuit, qui chauffe et poursuit une expérience inachevée. Sa parole ardente, parfois impatiente, mais toujours bienveillante, encourage et excite ses aides. Quel exemple pour ces jeunes gens ! Mais aussi, de ce laboratoire où l'on travaille tant, on va voir sortir en quelques années l'aluminium, non plus en grains impurs et facilement attaquables, comme l'avait obtenu Wôhler, mais en lingots magnifiques, presque aussi inaltérables que l'argent et prêts à toutes les applications; puis le bore, le silicium en cristaux semblables à ceux du charbon ; le magnésium en rubans et en fils, donnant une lumière aussi éclatante que l'arc électrique.
4. Henri Sainte-Claire Deville, né à Saint-Thomas des Antilles le 11 mars 1818; mort à Boulogne-sur-Seine, le 1*' juillet 1881.