‹ Lectures spirituelles pour le temps de l'avent disposéesChapitre 15 sur 55 · I.F.i.T[ IU:s |)(i.MIM(.AI.E · texte numérisé non relu

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paroles, et par leurs actions, quand ils parlent et qu'ils vivent en chrétiens : et tel est le remède du respect humain.

Ainsi le conçut ce vieillard vénérable, Éléazar, cet homme, parmi le peuple juif, également respectable, et par son âge, et par sa dignité ; cet homme, selon la belle expression de saint Ambroise. plein de l'esprit de l'Évangile avant l'Évangile même : Vir ante înnpora evangeUca evangelicits. On lui demandait une seule chose pour le sauver de la mort : non pas qu'il mangeât de la chair défendue, mais au moins qu'il dissimulât, et que seulement en apparence il consentît à en manger : déguisement dont il eut horreur, et par quelle raison ? C'est qu'il ne me convient pas. répondit-il. dans l'âge où je suis, ni dans la place que j'occupe, d'user de détours et de cacher mes sentiments. Car, que pensera, que fera une jeunesse ignorante et faible, quand on apprendra que la vertu dÉléazar s'est démentie, et qu'il a lui-même abandonné la loi de son Dieu ? On se mesurera sur moi ; on deviendra lâche comme moi. infidèle comme moi. impie comme moi. Qu'eût-on, en effet, pensé, qu"eùt-on dit, et surtout qu'eût on fait à son exemple ? Mais aussi quel puissant motif pour soutenir les âmes timides et chancelantes, quand on vit ce généreux pontife, malgré le respect du monde, malgré les menaces et les tourments, garder au Seigneur la foi qu'il lui avait jurée, et donner pour lui sa vie î

Belle leçon pour vous, chrétiens, pour vous, dis-je, en particulier, à qui Dieu n'a fait part de son pouvoir que pour le faire servir à son culte! Que doit dire un père à ses enfants ? ce que disait le saint homme Tobie : A ndite ergo, fiUi mei. patrem restrum : scrvite Domino inveritate (1) :

(1) Tob., Mv. 10.

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Écoutez-moi, mes chers enfants, je suis votre père ; et malheur à moi si je ne vous laissais pas pour héritage la crainte de votre Dieu ! Servez le Seigneur, et servez-le en esprit et en vérité. Servez-le sans dissimulation ; et, partout où il s'agira de son culte, ne soyez jamais politiques ni mondains. C'est votre religion qui l'ait votre gloire : conservez-la, et ne la déshonorez pas. C'est elle qui doit vous sauver : gardez-vous de la scandaliser. Que doit dire un maître, un chef de famille à ses domestiques ? ce que disait David : Non hahitabit in medio domus meœ qui facit superhiam (\) .. Je ne veux point d'impies dans ma maison ; j'y veux des gens qui craignent Dieu, et qui m'obéissent en obéissant à Dieu : ni blasphémateur, ni parjure, ni débauché, ne me servira jamais. Et qui donc ? celui qui marche dans la voie droite d'une vie innocente et pure : Amhulans in via immaculata, hic mihi minisîrabat (2). Que devons-nous faire chacun dans l'étendue de notre condition et selon notre état ? tout ce qui dépend de nous pour affermir la religion dans l'esprit de ceux que Dieu nous a soumis : autrement, nous nous rendons coupables devant Dieu du plus grand scandale : pourquoi ? parce que le scandale devant Dieu n'est jamais ni plus grand ni plus punissable que lorsqu'il vient de la même source d'où l'on devait attendre l'instruction et l'édification.

J'ai la consolation, chrétiens, de parler à des auditeurs pour qui le respect humain n'a dû jamais être un scandale moins dangereux, ni un obstacle plus aisé à vaincre qu'il ne l'est aujourd'hui, parce que je prêche dans la cour d'un prince qui, plus zélé que jamais pour les intérêts de Dieu, donne du crédit à la religion et combatte vice bien plus hautement et bien plus effica-

(1) Psalm., c, 7. — (2) Ibid., 6.

loi LECTURES DOMINICALES.

ment par son exemple, que je ne le puis faire moimême par mon ministère. Ce que j'aurais à craindre pour vous, c'est que vous ne fussiez même exposés à un autre respect liumain. et qu'au lieu que le respect humain faisait autrefois à la cour des liJDertins, il n'y fît maintenant des hypocrites. Ce que j'aurais à craindre, c'est que vous ne fussiez ou que vous ne parussiez chrétiens que par la seule considération du monde, ne servant Dieu que dans la vue de l'homme, au lieu de servir Dieu dans l'homme, et de servir l'homme pour .Dieu. Voilà l'effet que pourrait avoir, contre ses propres intentions, la piété d'un roi fidèle ii Dieu et défenseur du culte de Dieu : car de quoi n'abuse-t-on pas ? Mais outre que, dans cette crainte, je me consolerais encore de ce qu'au moins la religion aurait pris par là le dessus, que le libertinage serait réduit à se tenir caché, et que de deux maux, délivrés enfin du plus grand, nous n'aurions plus qu'à nous préserver du moindre ; outre que je me promettrais de vous qu'en évitant un écueil, vous apprendriez à ne pas donner dans uii autre, et qu'avec cette droite raison qui vous conduit, vous ne seriez pas assez aveugles pour faire de votre religion, de cette religion divine, une religion purement humaine ; malgré la crainte même que j'aurais, ne laissons pas, vous dirais-je, mes chers auditeurs, de nous prévaloir de l'heureuse disposition des choses, et de ce que l'adorable Providence nous y fait trouver d'avantageux pour le christianisme, et pour notre salut. Quand le respect humain nous attache à nos devoirs, quoiqu'il ne soit par lui-même ni saint, ni louable, il n'est pas toujours inutile : c'est un soutien à notre faiblesse. Quand il nous engage à honorer Dieu, tout respect humain qu'il est, nous ne devons pas absolument, ni en tous sens, y renoncer, mais le rectifier, mais le purifier, mais le perfectionner. De

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la créature, nous devons nous élever au Créateur, et parla comparaison de ce que nous serions prêts à faire pour l'homme, nous exciter à chercher uniquement Dieu et le royaume de Dieu.

Or, suivant ces principes que la foi même autorise, bénissons-le, chrétiens, ce Dieu tout puissant et tout miséricordieux, de nous avoir donné un maître qui ne porte pas en vain le titre de protecteur de sa religion, puisqu'il ne tient qu'à nous, si nous voulons profiter de son zèle, qu'il ne soit encore le protecteur de la nôtre. Mettons au nombre des bienfaits, et des plus signalés bienfaits que nous ayons reçus du Ciel, de n être pas nés dans un de ces siècles malheureux où, si je puis parler de la sorte, l'impiété était à la mode, et où, pour être approuvé du monde, il fallait être ennemi de Dieu. Vous surtout qui m'écoutez, estimez-vous, heureux de vivre dans un temps, sous un règne et au milieu d'une cour où l'on est au moins revenu de ces détestables maximes. Reconnaissons, vous et moi, que nous sommes inexcusables si nous ne marchons pas tête levée dans la voie du salut, et que tout autre respect humain qui pourrait d'ailleurs nous retenir, doit céder à l'exemple prédominant d'un monarque auprès duquel la vertu est en faveur, et qui la sait également honorer et pratiquer. Ne disons point, comme ces infortunés Israélites dans leur captivité : Quomodo cantabimus canticum Domini in terra aliéna (1) : Comment pourrons-nous chanter les cantiques du Seigneur dans une terre étrangère ! comment les chanterons-nous au milieu de la cour et dans le monde. Oui, dans le monde même, et au milieu de la cour, nous les chanterons. Autrefois la cour était cette Babylone où les louanges de Dieu n'étaient jamais entendues, où son

(1) Psalm., cxxxvi, G.

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nom était blasphémé ; maintenant, si nous le voulons, il y sera béni ; sa parole y sera écoutée et goûtée ; sa loi y sera respectée et observée. Nous avons pour cela le plus puissant secours ; et quel sujet de condamnation, si nous ne nous en servons pas.

Bcatiis, conclut le Sauveur du monde, qui non fnerit scandalizatus in me (1) : Bienheureux celui qui ne sera point scandalisé de moi ! Il nexceptaitpas de cette béatitude ceux qui habitent dans les palais des rois : au contraire, il parlait à eux ; et pour les convaincre qu'ils en étaient capables et qu'ils devaient y avoir part, il leur proposait Jean-Baptiste, qui, dans la cour d'un roi, et d'un roi infidèle, avait librement confessé le Dieu qui l'envoyait. C'est le même Dieu qui m'envoie, mais qui m'envoie dans la cour d'un roi chrétien. C'est l'Évangile de Jésus-Christ que j'y annonce. Puissiez-vous le recevoir sans rougir, afin que ce Dieu- Homme ne rougisse point lui-même de vous, mais qu'il vous reconnaisse devant son Père, et qu'il vous fasse entrer dans sa gloire, que je vous souhaite ! etc.

(1) :\latth.. w, 7.

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CINQUIEME LECTURE

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