LE SOIR SALE
Vague épave d'or pâle, et longue aux soleils roses D'au-delà, nus et doux, les endormîrez-vous, O vagueuses eaux d'or, eaux des paradis doux, Nus et doux I et, plus haut, pleines des lis moroses, Pieuses vous serez. Heures noires, ô Vous I
Heures I Vous, vous prierez I et, grande haleine sourde Des marronniers virils aux genèses d'éden Quand de leurs grappes sourd l'âpre amour du pollen, Tu seras pure, odeur d'ivresse aux vierges lourde, Odeur de germe en vie et de premier eden !....
leurs Yeux grands
Ils VONT leur rêve, Trois, Trois en haut sous leurs draps Noirs et gris, dans le noir : et, sous eux, du vieux père Demi-paraplégique et nain près delà mère La gorge âpre s^éraille ; et, dehors, lourd et las, Le village assomné sans un rêve digère :
Vie et paix aux Taureaux, et vie à vous, ô gens ! — Mais ils vont, eux, leur rêve, eux Trois dans la musique Rauque et large du Vieux, le ménage énergique Qui parle, et la drôlesse aux Yeux pâles et grands, Sphinxiale en ses draps, esseulée et magique I
I06 LEGENDE d'aMES ET DE SANGS
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Ils VONT leur rêve. Trois, Trois âmes sans amours Dans le mal qu'on prépare et qu'on rêve plongées ; Tandis que sous les huis passe à pleines gorgées Un remugle montant de Travaux las et lourds, De purin pneumonîque et de pleines grangées
Aigre lors, voix sans lèvre en le noir : a vrai I le Vieux Ne se grouillé plus guère, et vrai I des soirs, la Vieille Après elle a les vers » — Sphinxiale, les veille La drôlesse aux Yeux grands : et solennel, pieux, Sonne le râle épais du père qui sommeille.
Apre lors, et lui parle : « En la Terre — et la voix N'a ni peur ni douleur — en la Terre la Mère Terrée, et puis le Vieux, puisque, rage et misère ! Dans la maison des Vieux il vit, morne et sournois, Il n'aura pour dormir, sans un toit, que la Terre,