LEURS YEUX GRANDS TO
L'arôme de la grange et des longs Travaux las Humides de suée : et, nerveuse, er minée D'anémie, et d'amours seules époumonnée.
Sans avoir vu s'enrêve aux Tendresses des draps La drôlesse qui pousse une rauque halenée...
le sang aux Tempes
Hélas ! en la danse âpre où des Torses nus vont Par les Usines dur tonnant, rumeur qu'on aime, On va pour elle, alors, la Vapeur roide et même. Vous AYANT aux deux poings, ô Masses au vol long, Ne plus valser la valse au haut Tournis suprême ?,..
— Or, en un spleen de vague aux soirs des ftiers en paix , Il s'en va d'un air soûl : et le gaz par tout, rampe Morne d'Yeux d'or, s'allonge et règne, seul I et rampe
Aux miroirs des ruisseaux : et, de dégel épais, Ainsi qu'au loin la mer le pavé morne lampe.
LÉGENDE d'aMES ET DB SANGS
Sous le soir mou d'hiver plein d'éveils de Torpeurs Très malade il s'en va, noir désossé qui vague Sous la lueur des gaz : et le noir plein et vague Roule en de longs remous d'angoisses et de peurs, Très mou ! l'Ouvrier noir ayant un spleen de vague —
Tordu d'avoir valsé, noir et la Masse au poing,
Dss derniers Travailleurs aux larmiers noirs de suie.
Quelque soir, le dernier s'en ira sous la pluie
Très morne : et, dans ses Yeux, il aura, large au loin,
La surprise sans paix de son poing qui s'ennuie !
Alors, ô Torses grands ! ô gran ds marais velus
Dis poils noirs long poussés en Teau des sueurs noires,
Aux Usines où vont les halos et les gloires,
Ayant la Masse aux poings, ne piquerez-vous plus
Vos grands en-AVANT-deux dignes de remémoires :
LE SANG AUX TEMPES Il3
Alors, ô Valseurs noirs I ne valserez-vous plus, Tord us,mais grands quand même,au grand vol omnivore Des Masses qui vont dur pleines d'un han sonore D'homme à la grosse nuque : et des hommes velus S'en ira d'un air soûl le grand Troupeau lendore !
— Or, en un spleen de vague aux soirs des mers en paix, Tandis qu'il va malade et que le noir Tesseule, Il songe I dans son Temps, hélas ! la Masse veule N'a pas eu de sommeils, et Phomme aux poings épais Son désespoir sans voix qui, lèvre au noir, l'égueule :
Hélas I en la danse âpre où des Torses nus vont Par les Usines dur tonnant, rumeur qu'on aime, On va pour elle, alors, la Vapeur roide et même, Vous AYANT aux deux poings, ô Masses au vol long ! Ne plus valser la valse au haut Tournis suprême ?
I 14 LÉGENDE d'aMES ET DE SANGS
Sous le Noir, noirs rameaux d'où sur nos os dissous, Ainsi qu'aux mares d'eaux sous les vieilles ramées, Pleure, lassé, le spleen, — gros de voix exhumées,
I Voix des aïeuls usés ou d'Aimés à genoux,
Voix prises d'impouvoir d'âmes inexprimées,
Un pleur immense râle : et, — glas d'ailes, alors Qu'au gris des horizons passe un vol noir de grolles ; Rauqueur de sonnerie aux émois de paroles Quand aux mi-Trépassés va Tappel morne, hors Des soirs longs, sur les prés et les prés malévoles ;
Dans un spasme inrêvé qui d'un pleur large d'eau Troue leur gorge, horreur des vierges violées : Le sourd émoi du noir s'ouvre à lasses volées Ayant un glas, hors tout et diminuendo.
De Masses sans soûlas en des mains empoulées...
LE SANG AUX TEMI^ES Il5
Or, des Masses, ainsi, pleure elle-même, las ! La horde sans Travail, son glas de Trépassée Qui pleure et diminue : et, — vol de la pensée Montant, et qui zonzonne en les soleils lilas Vus par les rôdeurs soûls lavés par la rosée ;
Durs de la nuque aux pieds d'un névralgique, hans Du gros sang tonnant dur aux veines variqueuses ; Sous les lunes, au noir de ramures aqueuses.
Rumeurs de pas pressés et poussés des élans Que pique dans les reins la peur des voix rameuses
HAUTSurlesMasses,qu'onn'ouiTplusque sonnaille, aux Soirs des prés, vit une Ame : et, dans le pêle-mêle Tout épars d'heure noire où tout pleure et dégèle Très lourd, — haleine même, et sans zèle et repos, Triomphe la Vapeur, Telle hier, demain Telle
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LÉGENDE d'aMES ET DE SANGS
— Or, lui, va-T-il, et seul, et plein de mornes paix De mer ne montant plus; et, sans Travail, il pleure Ayant de las zigzags : et de prés, sa demeure Trèsvieille,un souvenir prend voix en Thommeépais, — Vague, mi-prés, mi-rue, et que le gaz désheure.
les herseurs
sous la lune
Ainsi qu'une prière et qu'un ennui, soleilles- Tu, lune pleine ! haut au haut des peupliers ! Tout a Tair d'eaux : et THomme inému des merveilles Mène par la lumière, ayant Tamour des veilles, Les pas las des Taureaux, Trois et loin réguliers.
Traîneurs doux de Taiguë et de la large herse, Homme et Taureaux, la lune, aux pâles prés, lésa Mornes et seuls grandis : et la paix large, à verse Molle, neige — : et, mouillé de Timpalpée averse, L'équipage impavide et religieux va.
Il8 LÉGENDE d'aMES ET DE SANGS
Doux de lune, vont las les Taureaux pleins de songe, Un seul, et deux : et, sur Tépaule Taiguillon, Très HAUT l'Homme en avant en la paix grande plonge, Tandis que leur dos maigre et noir marqué s^allonge Hors mesure près d^eux, et rampe noir et long...
Haut sur les peupliers, la lune vénérienne
A des spleens graves, et, phosphorique, le noir
A des eaux de miroirs : mais las ! que mésavienne,
Quand à plein Temps le noir prendra Thorreur pour sienne
La pluie, — et, non sous Terre, aux remous sans espoir
De Teau large qui pisse et s'éverse aux semaines, , ' Nagera le grain nul : aussi, grands mesureurs
De leurs Terres, avant qu'AiT loin, prodigue en peines, Tout voilé l'ample herse, âpres et longs d'haleines,
yoNT-ils sans le désir des lourds sommeils vainqueurs!