‹ Légende d'âmes & de sangs: des versChapitre 19 sur 28 · LES HERSEURS SOUS LA LUNE I · texte numérisé non relu

LES HERSEURS SOUS LA LUNE I

Sans paix, allés, venus, doux de rêve lunaire VoNT-ils : et, las d'aller, s'enrêve le herseur : Ayant l'air de songer, en un songe sévère, Au nu large, tout sexe et vulve, de la Terre, Qui s'ouvre, génésique, au germe envahisseur !

la Terre qu'on laisse

Il s'en va. Màt au lai^e et de ses pîeds solides, Sourd à la voix de tout qui par les longs gaulis Remémore les noms des vieux ensevelis.

Il s'en va large gas, haut parmi les valides, Visage au noir, lui seul ! et les pas grand remplis !

Oh gloire ! la vesprée a sur la Terre émue Des rougeurs d'impollue, et l'arrière-saison D'avril divin et d'AOUT père de la moisson Des souvenirs sans pleurs : et Thallali-à-vue, Vie à Tous ! sonne haut, d'espoirs à rhorizon...

122 LÉGENDE d'aMES ET DE SANGS

— Il s'en va rempli d'ire : et le soleil aux ormes, Qui d'or rouge et pieux dore son long dos noir, Très divin s'ensommeille : et de roses au soir Une avalaiscîn saigne en sourires énormes, Mirés au mat, songeur des eaux, rêve et miroir 1 —

Très soûl de la Maison où le glui de Tannée, Toit pauvre, a des pleurs d'eau qui pisse et de verglas, Tant pis ! lui s'en va loin : et d'un plus large pas, Quand au loin gris et noir gronde Pâpre halenée De quelque Train qui passe à Thorizon plus las.

Vère I unTrain sourd qui roule,auxsourdeursde pierraille

Versée à l'horizon et grandie en son vain,

Donne au gas lourd des pieds : ne va-T-il pas au Train

Qui par le noir ahane et les Tunnels éraille, —

Le Train noir de Paris, plein hier, demain plein !...

LA TERRE qu'on LAISSE 123

Très soûl de la Maison, où la paille qui rouille A des pleurs d'eau de haut qui pisse et sue au mur, Très soûl des prés mouillés, vère ! il va, large et sûr De son songe : et du sang de la Ville qui grouille Tape aux prés les rumeurs son pouls rapide et dur.

Non I la Terre aux lueurs des horizons de roses

D'où ne s'exila pas le pied de ses aïeux,

Ne ne gaudira plus des amours seuls et gueux

Du gas qui Tengrossa ! le soir des deuils moroses

Traîne, et pleureà qui passe un pleur morne en les Yeux.

Non I la Terre ne donne à Thomme qui l'adore Que du pain pour manger, et pour dormir dessus Que la paille mauvaise à ses longs reins ossus : Non I du gas rempli d'ire en le vêpre lendore, Non, la Terre au poil roux ne se gaudira plus!...

— Il s'en va rempli d'ire : et moins haut, et de haie Voilé, MONTANT en rêve, — l'horizon glorieux Moins rouge s'humilie : et le doux soir pieux Pleure des larmes sœurs des larmes lilas-pâle, Quand aux lilas d'avril passe un air orageux. —

Tant pis! lui s'en va loin : et, loin du grand soir rare Tout d'or ! et rouge, et rose, et si doux alarmé Du Trépas dans le noir du lilas loin semé, — Tandis que tout poussé de rêves, dare dare, Haut et seul en avant, et le pas gendarmé,

Tape des pieds le gas, sans peur et peine en Tâme ; Tandis que, lueur vague au noir de peupliers. Très morne a lui la gare, et qu'au loin singuliers Vont des appels pressés de quelque Télégramme, Triangle soûl qui sonne au noir des Impliés :

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