‹ Légende d'âmes & de sangs: des versChapitre 20 sur 28 · LA. TERRE QU'ON LUSSE · texte numérisé non relu

LA. TERRE QU'ON LUSSE

Derrière, à l'horizon dérougi qui s'aveugle, Mi-levée, et, Travail ! sa grossesse de grains- Plissée à pleine peau par les sillons sanguins, La Terre désaimée, ainsi qu'un Taureau meugle, Immense de douleur se hausse sur ses reins !...

Il s'en, va. — Le noir vit, et dans les gaulis erre

Si rempli de douleur que nul ne le rêva

Un inouï. soupir : et d'une voix qu'on n'a

Que lorsqu'on va mourir quelqu'un se désespère :

<£ Un de plus, un de plus I un de plus qui s'en va !.

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l'homme qui n'ose

— ne Ta vu mon désir, mais il vit, mais il vit : Il VIT, il m'a vu même : et, sans nom, mais de lui, M'ont, par une vesprée, — oh I les Hommes, s'il vit !■ M'ont salué des vers pour me parler de lui, —

.,. Vois, Plein-de-rêve, voisi et, — nul vin ne me grise, — As-Tu vu la douleur pareille à ma douleur I... Par la Tendresse molle et l'odeur d'une église, Par les serres où sue et vous mouille une odeur De quadruple mamelle et de gésine en sueur,

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Par les lieux du plaisir et la rue où se presse, Montant, la Mer du monde aux arômes aigris D'iris et de Travail, d'orgie et de paresse, Mon pas ne passe pas, et pourquoi vois et dis, Dis à Tous les raisons de mes deux Yeux maigris.

Tout vieux Temple vous pue, ô les Vierges ! et, Mères! Tout arôme de serre ; et montant, Mer à voir. Le monde pue au loin les gueuses sanguinaires. Pour moil moi n* ayant eu, pâles sous mon poil noir, Ni Vierge, ni Mère ^mple, et ni gueuse, le soir !

Vierge et qui haut ulule, en moi Tamour halène : L'horreur des lis m'enrage, et pas une heure, hélas !

Ne m'aura laissé sain et dieu de mon haleine La Migraine, ma sœur qui ne me laisse pas, La Migraine, nausée et grande eau sous mes pas. ..

L'HOMME QUI n'oSE * I29

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— morne et longue montait en ma veille sans heursi Morne, et longue, Tangoisse : etVous^ oses douleurs I Passiez-vous, mer vagueuse aux horizons sans heurs, Par ma moelle et mes os, et mes reins en douleurs!—

... O misère ! et si lourds et si rauques d'alarmes, Aux prises et viols de tout dur mont d'amour Vous iriez, mes émois de Taureau plein de larmes !... Mais non : la Terreur m'a, de la gueuse aux Yeux lourds, DelaMèreauxYeuxgrands^ delà Viergeaux Yeux sourds

Une Terreur qui sue! — et, voilà par les serres, Sexuelle ouvraison de rouge et de lilas.

Par les vagues de monde et les suaves prières Des Temples odorés, pourquoi ne passe pas Mon pas ensauvagé, mon pas morne, mon pas.

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Plein-de-i?êve, vois-Tu, — non, nul vîn ne m^enivre. Mais la migraine vit, mon amoureuse sœur, Au-dessus de mes Yeux, — vois-Tu, le HAur-mal ivre Haut el sûr, sur moi plane, en leur grosse sueur De reliques, de sang et d'humus plein d'odeur !

Si d'un homme de graisse avait du moins douze heures Le repos sur les reins mon sommeil sans ennuis : Mais non : au noir à Tous des heures les meilleures Veille et me parle d'hier ma sœur aux Yeux amis, La migraine d'où va le rêve aux pleurs gémis!

ne Ta vu mon désir, mais il vit, mais il vrr : Il vit, il m'a vu même : et^ sans nom, mais de lui, M'ont, par une vesprée, — oh 1 les hommes, s'il vit I M'ont salué des vers pour me parler de lui. —

l'homme qui n'ose i3i

..... Alors, ô pleurs gémis I mon sang vierge se venge, Mon sang vierge, mon sang : et, grouillis, par la mer Très noire, des glauqueurs montant en pâleurs d'ange, Traînée humide et lourde, et sur moi, Thomme amer, Triomphale mouvant des Toisons d'or dans l'air,

Dans un spasme elles vont, les Vierges sensuelles, Les Mères en amour, les gueuses aux Yeux soûls. Ayant des rages d'homme : et des lis des mamelles Passe et passe la vague ; et ma gorge, dessous, Pleure et râle de peur, de la peur des seins mous,

Pleure et râle, et s'égorge : et le sang en ma nuque Tape un glas douloureux, et hors des draps en eau Mon sommeil se relève en une horreur d'eunuque. Mon sommeil épeuré qui gronde du naseau> Mon sommeil pâle au poil redressé sur ma peau!...

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Ainsi suis : et, voilà par les serres humides, Par les vagues de monde et les Temples dormeurs, Pourquoi ne passe pas mon pied, ris des Timides : Assez TÔT, rêves lourds et remplis de rumeurs, Tuerez-vous le dormeur de ses sommeils en sueurs !

— morne, et longue montait en ma vieille sans heurs, Morne, et longue, Tangoisse : et Vous^ ô ses douleurs ! Passiez-vous, mer vagueuse aux horizons sans heurs. Par ma moelle et mes os, et mes reins en douleurs ! —

... Hélas! et me VAUT mieux le sommeil de sous-Terre Mais, géhenne ! ma peau, ma peau pleine de peur. Ma peau s'aime et se garde, aimant sa vie amère : Sa vie ! et, Ttr'he sais, des soirs, vagues d*horreur. Des Assises sous elle erre et va la souleur !

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Mon Amour se déprave; et si des Vierges, d'elles, Les Mères en amour, les gueuses sur mes pas, Si m'a Tâpre Terreur, las ! des Ignares grêles Sans mamelle et Toison, las I elle ne m'a pas : Ôhl mères, gardez-les I Oh! gardez-les en Tas!

Tu vois que me vaut mieux, ô Voyant de nos âmes ! Puisque dans mes deux Yeux pareils aux marais las 'Pas une n'épandra de ses Yeux, vagues gammes, Le doux ruisseau d'amour, et qu'allongé Trépas Ma pauvre âme n'ouira du monde que les glas :

Tu vois que me vaut mieux le sommeil sous la Terre, Tranquille en l'eau qui gèle, — et Toi qui sais, horreur! Que nul vin ne me soûle, et que sur mes Yeux n'erre Que mon mal noir et seul, la migraine, ma sœur, As-Tu vu la douleur pareille à ma douleur!...

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— ne l'a vu mon désir, mais il vit, mais il vit Il VIT, il m'a vu même : et, sans nom, mais de lui, M'ont, par une vesprée, — oh I les hommes, s'il vit ! M'ont salué des vers pour me parler de lui. —

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