LA TERRE NUE
Pensive, elle s'enrêve : et, de vagues douleurs Aux lieux larges et sourds des ovaires songeurs, Ainsi que, nueet molle en une onde, — amours d'aile S'ouvre aux Tendresses d'eaux une mère nouvelle, Nue et molle s'épand la Terre en ses langueurs !
ainsi que Magdeleine
Tendre, et sous ses deux mains ayant odeurs de Messe A rimpoUu lavé mon âme du sang doux :
— Que le sang de l'Agneau né selon la promesse Nous lave nos passés, de Toi-même et de nous, — Ainsi pria le Vierge en son livre de Messe...
Pour qu'elle ne s'en aille, ainsi qu^aux lever-Dieu L'amour léger du Pain, ma lèvre pâle hume Mon âme ! Avant Tangoisse et le suprême adieu, Très nue, oh 1 iavez-moi, quAiT des pâleurs de plume Mon Tout, que saluera la paix des lever-Dieu !
— Que le sang de l'Agneau né selon la promesse Nous lave nos passés, de Toi-même et de nous ! — Très nus, oh I lavez-moi mes grands nus de déesse ! Si dans mon âme amère a passé le sang doux, Le sang pur de l'Agneau né selon la promesse.
D'un linge vierge aux plis pareils aux ongles durs Oh ! lavez mes grands nus sales des sueurs sales I Quand ra le gel sur elle élargir ses azurs, Ohl lavez Magdeleine ayant aimé les Mâles, Lavez d'un linge vierge aux roideurs d'ongles durs!
AINSt QUE MAGDELEINE 145
Dans Teau qui lavera la Magdeleine amère; Vous ne verserez pas d'eaux de roses, des eaux Tendres à vous griser d'amour sur mon suaire : D'eau glauque, sœur des pleurs, et qui gèle les os, Très dur vous laverez la Magdeleine amère.
Pour laver, large et dur, les mouillures d'hier Vous prendrez l'eau de pluie où Tair vierge se mêle De Veau glauque de pluie aux arômes de Mer Vous laverez plus large aux ronds de la mamelle, Vous laverez du poing les mouillures d'hier !
Du poing vous ouvrirez large sous ma mamelle La plaie au sein du grand Tué, du Monde épris : * Que ma peau rare pleure, et long saigne, et saigne, elle,
bh 1 les doux Trépassés 1 — qui, les heures, a pris Des sangs d'hommes Tarome et la verdeur non grêle !
146 LÉGENDE d'aMES ET DE SANGS
Sous le gros linge vierge, oh I dans l'eau rouge ouvrez Mes piefds nus mis hier sur les passives nuques. Mes pieds que Tiris givre et qui, doux azurés, Vont sur des souvenirs d*hommes rendus eunuques : Sous un gros linge vierge, oh! dansl'eau rougeouvrezl
Ainsi qu'au Dieu qui saigne, — oh! les Trépassés pâlesl Ouvrez aussi mes mains que le HAUT-mal houleux D'amour sur les grands reins noua, ridés de râles i
Ouvrez mes mains où sue un arôme âpre d'eux, D'eux m*AYANT pris en haine ou qui vont mous et pâles. . .
Mais s'allège mon âme : et, légère et pareille A quelque vierge hors des rêves non voulus Va-T-elle ! Sur mes Yeux l'heur divin qui soleîlle A des roses d'aurore, et ne reviendra plus Mon heure loin passée aux rêves noirs pareille.
AINSI QUB MAGDELETNS
Sœur du paia et du vin au lever-Dieu qui pèse Sur les orgueils de Tous, de neige dure aux ans A les pâleurs mon âme : avant le grand malaise Très nu lavez mon nu, qu'il s'en aille du Temps Dans une grande paix de lever-Dieu qui pèse I...