TANIT
Tanit ! TOUT a désirs : aussi, — le Mal m'épeure, Ayant l'âme sournoise et dure qui demeure,
O Vins ! aux grappes d'or — Des lis de ma pensée ei desi neiges du Rêve Voilera haut ma peur du Mal, sourde et griève,
Tes seins montant d'essor :
Vierge! et de Toi, hors à peine de mes simplesses, Ne verra Theur divin de mes Yeux que Tu laisses,
Que, sans pleur ni plaisir.
Tes Yeux, miroir noir à l'âme pâle : et — sonore, Harpe des Temps païens, Harpe d'or remémore,
L'Ode aux dieux en loisir !...
Que Tes Yeux de déesse, au-Travers doux de lune
Du Zaïmph impalpé d'un Tissu que pas une
N'a pour voiler ses Yeux :
Grand voile de pudeurs sœurs des pudeurs des vagues
Que l'on ne sonde pas, et de sourires vagues
D*heur pâle aux soirs rameux.
50 LÉGENDE d'aMES ET DE SANGS
O Tanit ! ô ma vierge ! et sans savoir si Theure Tourne, si le monde aime, a des espoirs ou pleure,
Des soirs, des soirs ! des soirs, Sur la vie au-dessous de Tl^omme qui pullule Ton aède priera qui des seuls Yeux ulule.
Doux homme aux grands Yeux noirs !
Il Te priera : sans vœux, sans désirs et sans larmes, Traversé d'horreur large et des vagues alarmes,
Qu'on VOIT en elle, Teau !
Sans repos il dira Ton nom vague, : — assourdie, Harpe des Temps païens, harpe d'or psalmodie
L'Ode aux dieux rois d'en haut !...
Plus ne sera son sexe : et du Zaïmph où glisse Pâle, pâleur des eaux, la lune, et qu'un vol plisse
D'un seul doux papillon.
Il ne lèvera pas le grand songe insonore :
Pur il sera, Taureau qui sans vouloir la Taure
Va sur le long sillon.
TANIT f
Sur mes Yeux apâlis en lumineuse ondée Haut luîra, haut de Toi la gloire impossédée
Qui par mes rêves, d'eau Vague et d'or, ruisselle, et de soupirs : — assourdie, Harpe des Temps païens, Harpe d'or psalmodie
L'Ode aux dieux rois d*en haut I...
Dans mes veines mon sang de Tâme du Trigoae Aura le sourd murmure à Theure morne où sonne
Une nénie en pleurs Sourde et pâle, ô Tanit! et, — grand arôme pâle Du nard divin qui donne un malaise de mâle
Vierge dans ses verdeurs,
XP.
Odeur des aloès, des lis mûrs et des roses, — Mon désir épuré par l'ardeur des névroses
Virginales, vers Toi !
Vers Toi s'exhalera, qui rêve Ta rêvée, Ton idéale amour : et — Sans-nom, non-Trouvée !
Aux paradis d'émoi
52 LÉGENDE d'aMBS ET DE SANGS
Hors Terre et Vie, ainsi Te dira l'ode grande Ton aède apâli digne de la légende :
Tandis qu'à mon plaisir Tu moduleras large, et vagueuse, et sonore :
Harpe des Temps païens, Harpe qui remémore
L'Ode aux dieux en loisir!