‹ Légende d'âmes & de sangs: des versChapitre 7 sur 28 · TANIT · texte numérisé non relu

TANIT

Tanit ! TOUT a désirs : aussi, — le Mal m'épeure, Ayant l'âme sournoise et dure qui demeure,

O Vins ! aux grappes d'or — Des lis de ma pensée ei desi neiges du Rêve Voilera haut ma peur du Mal, sourde et griève,

Tes seins montant d'essor :

Vierge! et de Toi, hors à peine de mes simplesses, Ne verra Theur divin de mes Yeux que Tu laisses,

Que, sans pleur ni plaisir.

Tes Yeux, miroir noir à l'âme pâle : et — sonore, Harpe des Temps païens, Harpe d'or remémore,

L'Ode aux dieux en loisir !...

Que Tes Yeux de déesse, au-Travers doux de lune

Du Zaïmph impalpé d'un Tissu que pas une

N'a pour voiler ses Yeux :

Grand voile de pudeurs sœurs des pudeurs des vagues

Que l'on ne sonde pas, et de sourires vagues

D*heur pâle aux soirs rameux.

50 LÉGENDE d'aMES ET DE SANGS

O Tanit ! ô ma vierge ! et sans savoir si Theure Tourne, si le monde aime, a des espoirs ou pleure,

Des soirs, des soirs ! des soirs, Sur la vie au-dessous de Tl^omme qui pullule Ton aède priera qui des seuls Yeux ulule.

Doux homme aux grands Yeux noirs !

Il Te priera : sans vœux, sans désirs et sans larmes, Traversé d'horreur large et des vagues alarmes,

Qu'on VOIT en elle, Teau !

Sans repos il dira Ton nom vague, : — assourdie, Harpe des Temps païens, harpe d'or psalmodie

L'Ode aux dieux rois d'en haut !...

Plus ne sera son sexe : et du Zaïmph où glisse Pâle, pâleur des eaux, la lune, et qu'un vol plisse

D'un seul doux papillon.

Il ne lèvera pas le grand songe insonore :

Pur il sera, Taureau qui sans vouloir la Taure

Va sur le long sillon.

TANIT f

Sur mes Yeux apâlis en lumineuse ondée Haut luîra, haut de Toi la gloire impossédée

Qui par mes rêves, d'eau Vague et d'or, ruisselle, et de soupirs : — assourdie, Harpe des Temps païens, Harpe d'or psalmodie

L'Ode aux dieux rois d*en haut I...

Dans mes veines mon sang de Tâme du Trigoae Aura le sourd murmure à Theure morne où sonne

Une nénie en pleurs Sourde et pâle, ô Tanit! et, — grand arôme pâle Du nard divin qui donne un malaise de mâle

Vierge dans ses verdeurs,

XP.

Odeur des aloès, des lis mûrs et des roses, — Mon désir épuré par l'ardeur des névroses

Virginales, vers Toi !

Vers Toi s'exhalera, qui rêve Ta rêvée, Ton idéale amour : et — Sans-nom, non-Trouvée !

Aux paradis d'émoi

52 LÉGENDE d'aMBS ET DE SANGS

Hors Terre et Vie, ainsi Te dira l'ode grande Ton aède apâli digne de la légende :

Tandis qu'à mon plaisir Tu moduleras large, et vagueuse, et sonore :

Harpe des Temps païens, Harpe qui remémore

L'Ode aux dieux en loisir!

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