‹ Légende des sièclesChapitre 106 sur 277 · J'ai bâti ses portes et j'ai bâti ses tourelles] (O · texte numérisé non relu

J'ai bâti ses portes et j'ai bâti ses tourelles] (O

12. Et j'ai fait la guerre pour elle : La stèle de Mesa nous apprend en effet que c'est à la déesse Astarté que Mesa offrit les captives après sa victoire sur Jehu. [Et les femmes je les consacrai au culte d'Astarté de Ghemos] (O.).

i3. Son mari: Oppert appelle Astarté VAstarté de Chémos.

if\. [Omri, roi d'Israël, opprima Moab... Et les hommes de Gad avaient demeuré dans le pays do Moab... Et le roi d'Israël lui avait construit Qerioth. Et je combattis contre cette ville et je la pris](0.).

i5. [J'ai bâti Qcraha, ...j'ai bâti ses portes et j'ai bâti ses tourelles... J'ai bâti Aroër... J'ai bAti Beser, car elle est forte] (O.). Sans doute incité par la vision de la rime : forte, porte. V. Hugo a accumulé les indications disséminées dans la traduction de J. Oppert.

17. Voici un roi comme on en rencontre peu dans la Légende des Siècles. L'attraction de la rime bon avec Dibon aurait-elle suggéré à V. Hugo une indulgence inattendue pour Mesa ? C'est manifestement une ironie. V. Hugo a reconnu dans ce roi qui met en croix les petits enfants et fait vendre les femmes un frère de Zim-Zizimi et de tous les tyrans orientaux, (^e vers est une malice du poète.

18. Dibon : il s'agit ici de la ville de Dibon. surnom donné à la ville de Beser, s'il faut en croire la traduction de J. Oppert; cette Dibon est donc différente de la ville de Dibon-Gad dont il est quesc tion dans la Bible. [J'ai bâti Beser, car elle est forte ; elle s'appellaussi Dibon-IIimorain, car chaque Dibon a son surnom] (O.). Cf. Les Nombres, XXI, 3i> et XXXIII, /jô.

l4o APRÈS LES DIEUX, LES ROIS.

Qui boit en chantant l'ombre et la mort, et qui mêle Le sang fumant de Taigle au lait de la chamelle ; Je marchais, étant juge et prince, à la clarté De Chémos, de Dagon, de Bel et d'Astarté ; Et ce sont là les quatre étoiles qui sont reines. J'ai creusé d'Ur à Tyr des routes souterraines.

2 1. Et je marche

ig. Cf. la note sur les Chants de mort de YHamasa dans la Notice, p. i35.

20. On rencontre dans les notes des Orientales une poésie arabe, traduite par Fouinet, et où l'on lit un éloge du lait de chamelle. Note XXVII. Fragments du divan de la tribu de Hodeil.

21. Juge et prince : l'assimilation de Mésa aux chefs d'Israël estolle juste? Les chefs d'Israël qui exercèrent le pouvoir de la mort de Josué à l'établissement de la royauté portèrent, on le sait, le nom de Juges : mais Mesa est un roi do Moab.

21-23. Je marchais à la clarté... [Je commençai ma marche dans la nuit...] (0.). Pour cette nuit, l'imagination de V. Hugo, incitée par la présence dans le texte de la déesse stellaire Vénus-Astarté, a créé des étoiles. Que Chemos, « mari » d'Astarté, lui soit venu à l'esprit, rien n'est plus compréhensible : Dagon et Bel ne s'expliquent guère que par une contamination, due à un jeu hardi d'association d'idées. Cependant s'il fallait, ce que nous ne croyons pas utile, en chercher une autre explication, il faudrait ne pas oublier que la curiosité de V. Hugo pour la mythologie pouvait bien, presque à la veille de la composition des Temps Paniques et du Titan, être déjà éveillée. Or il n'avait à Gucrnescy que des renseignements d'une science incertaine et très arriérée. Le Dictionnaire de la Fable de Noël (i8o3) dit qu'on considérait Dagon, comme une incarnation de Vénus, et qu'il était fils de Cœlus : le même dictionnaire signale une Baal-Tis, sœur d'Astarté, qui est peut-être la Diane des Grecs. Mais, à noire avis, c'est pure coïncidence et V. Hugo n'a dû, pour versifier le texte d'Oppcrt, se livrer à aucune recherche : et il a laissé jouer son imagination sur le texte, là 011 elle a été séduite.

24. [Et j'ai fait les souterrains conduisant à Qeraha] (O.) d'Ur à Tyr : voilà qui rappelle le fameux souterrain dont s'effraie, dans Aymerillot, le vieux duc Naymcs, et qui va de Narbonne au val de Barton. D'Ur Chaldœorum, située dans la Mésopotamie Septentrionale, à Tyr il y a environ 5oo kil.

IISSCRIPTION. l4i

Chémos m'a dil : « Reprends Nebo sur Israël, » a&

Et je n'ai jamais fait que ce que veut le ciel.

Maintenant dans ce puits je ferme la paupière.

Sachez que vous devez adorer cette pierre

Et brûler du bétel devant ce grand tombeau ;

Car j'ai tué tous ceux qui vivaient dans Nebo, 3o

J'ai nourri les corbeaux qui volent dans les nues,

J'ai fait vendre au marché les femmes toutes nues,

J'ai chargé de butin quatre cents éléphants.

J'ai cloué sur des croix tous les petits enfants,

Ma droite a balayé toutes ces races viles 35

Dans l'ombre, et j'ai rendu leurs anciens noms aux villes.

honorer celte 27. Sachez que vous devez [glorifier ma] pierre

(adorer est biffé dans le manuscrit.) 35. J ai balayé Jacob el Jeliu, races villes

Dans l'ombre. J'ai rendu

a5. [Et Chemos me dit : « Va, reprends Nebo sur Israël »] (O.).

a6. Après l'ironie sur la bonté, en voici maintenant une seconde: V. Hugo fait de Mesa, un Tartuffe.

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