‹ Légende des sièclesChapitre 107 sur 277 · Cf. la Notice p. i · texte numérisé non relu

Cf. la Notice p. i

3o. [Et je pris la ville (de Nebo) et je tuai les hommes] (0.).

3a. J'ai fait vendre... [Et j'enlevai les femmes captives] (O.). Cf. Genèse, XXXIV, 29 ; Nombres, XXI, 29 ; XXXI, i5-i8 ; Judith, XVI, 6.

33. Quatre cents éléphants... encore une sollicitation de la rime qui nous ramène au luxe des rois orientaux et nous fait songer au défilé de l'armée de Xerxès que nous rencontrons en 18 y3 dans les Trois Cents.

5l^. [Et je tuai les enfants] (O.). Cf. Deutéronome, II, 3;i ; III, 0 ; Isaïe, XIII, 16, 18. Les enfants mis en croix sont de l'invention de V. Hugo : la croix et la potence, aux temps bibliques, sont des piloris posi mortem, où l'on expose lo corps des condamnés pendant le jour.

36. [J'ai rendu les anciens noms aux villes] (O.). Cf. Nombres, XXXH, 37, 38.

Date du manuscrit: 17 juillet 1870.

GASSANDRE

NOTICE

Le point de départ de cette courte pièce de Cassandre est une traduction d'une scène de l'Orestie d'Eschyle, que V. Hugo avait faite, bien avant 1876, à Guerncsey.

L'étude du manuscrit en fait foi.

Le manuscrit de Cassandre se compose de deux feuillets. Celui qui a été classé le premier contient les vers 19-86, précédés de cette légende: Argos. Le seuil du palais. Un char arrêté. Cassandre sur le char. Clytemnestre. Au coin de ce feuillet on lit la mention : Lég. des Siècles et dans la marge du haut cette note : Au moment où Mydessus arrive on joue ÏOreslie d'Eschyle. Ce premier feuillet, ainsi qu'en témoignent la mention Lég. des Siècles, l'écriture, l'encre employée, et le papier qui est celui de Gucrnesey, appartient à une époque antérieure au reste du manuscrit. Sur ce feuillet, le développement, qui a été transporté en 1876 aux vers ig-Si^, constituait primitivement un ensemble qui est une traduction directe d'Eschyle. Par la suite sur ce feuillet, avec une encre toute différente, celle de Paris, V. Hugo ajouta les deux vers de conclusion et data : 7 novembre 1876.

Le second feuillet, de papier blanc, est tout entier de l'écriture de 1876. La composition y offre certaines hésitations. Il commençait par ces vers:

LE CHOCUB.

Elle est sibylle, elle est princesse, elle est prêtresse, Elle est esclave. Etrange et lugubre détresse

qui ont été biffés et remplacés par deux vers empruntés au corps du développement (i3-i4) :

Et fille du roi, reine en sa patrie en cendre,

Elle a droit à ce char et n'en veut point descendre.

Ces deux vers légèrement modifiés ont constitué le début définitif de la pièce.

Les deux parties du poème sont nettement différentes. Le prologue où le poète vieilli fait abus des cpithètes antithétiques, outrancières ou banales, et se contente de l'a peu près en matière d'érudition géographique ou mythologique, porte la marque évidente d'une composition très postérieure à celle de la traduction.

La traduction se recommande au contraire par sa sobriété qui raffine sur celle d'Eschyle. V. Hugo supprime quelques banalités du discours de Clytemnestre et les remplace par un ordre impérieux et bref, ce qui est dans le caractère traditionnel de la reine d'Argos. Très heureusement aussi il clôt la scène, non plus par l'ordre donné à Cassandrc d'assister à un sacrifice, mais bien par l'apparition même d'Agamemnon sortant du palais : l'on sait que cette sortie d'Agamemnon est guettée par Clytemnestre pour l'accomplissement du meurtre : la sortie d'Agamemnon est le prélude de l'assassinat.

Dans la pensée de V. Hugo, cette brève traduction de couleur véritablement eschyléenne se suffisait-elle à elle-même ? Il est difficile de le dire. L'indication: Au moment oh Mydessus arrive on joue l'Orestie d'Eschyle devait-elle être une source de développement ? Quel est ce Mydessus, pourquoi ce personnage intervenait-il t" N'était-ce là qu'un cadre de fantaisie : une introduction destinée à présenter le court poème ? C'est l'hypothèse la plus vraisemblable. Une fois le poème pourvu d'une autre introduction, du prologue où le chœur annonce lui-même la situation, Mydessus disparut.

Par le contraste qu'offrent entre elles les deux parties de Cassandre, la traduction de Guernesey et le prologue de Paris, cette pièce constitue un curieux exemple de la manière dont V. Hugo savait utiliser les moindres de ses anciennes inspirations.

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