I . L'Asie est monstrueuse et morne
1-2. Monstrueuse, face hagarde : on songe à l'évocation d'une gigantesque idole liindoue.
6-1 4- Northumbre, Dojrines, Thulé : Ces trois noms géographiques étaient inconnus au temps des Guerres Médiques. On ne les rencontre évidemment pas dans Hérodote. Mais ce préambule du poète n'est pas encore le récit d'Hérodote et tout le passage a, dans son allure générale, une couleur d'antiquité : ce « sombre univers » septentrional, noyé « dans la vapeur » semble bien dérivé du vers d'Homère, r^ép'. za; vEoiXr] /.£y.aXu[j.(j.ivo'. . Et comment V. Hugo aurait-il pu évoquer, sans les désigner d'aucun nom, ces terres existantes, mais sans appellation encore, du monde primitif? A l'exception du mot Dofrincs, on constate du moins que le poète s'est arrêté aux vocables qui lui ont paru les plus arcliaïques.
6. La Cimmérie est nommée par Hérodote, I, G, i5 et VI, la. Mais plus connus encore sont les vers d'Homère :
"EvOa oï Kt;j^[J.so''tov avopwv of^ao; -z tûo/.i; Tc, r,2p'. xa'i v£Çc)^Y) zszaX'jaaévo'..
Ce sont, semble-t-il, des souvenirs classiques, très familiers à V. Hugo. — Légende des Siècles. HI. ii
l62 APRÈS LES DIEUX, LES ROIS.
\n delà l'àpre hiver, l'horreur, les glaciers nus,
Et les monts ignorés sous les cieux inconnus ;
Après l'inhabitable on volt l'infranchissable;
La neige fait au Nord ce qu'au Sud fait le sable; lo
Le pâle genre humain se perd dans la vapeur ;
Le Caucase est hideux, les Dofrines font peur ;
Au loin râle, en des mers d'oià l'hirondelle émigré,
Thulé sous son volcan comme un daim sous un tigre.
Au pôle, 011 du corbeau l'orfraie entend l'appel, i5
Les cent têtes d'Orcus font un blême archipel,