Depuis l'Exil, l, [ientrce à Paris, allocution au peuple
3. Représentant du peuple en i848, rédacteur du National, devint préfet du Var.
4. Carnets de Victor Hugo. G septembre 1870. Choses vaes, op. cit., tome II, p. 1^5.
INTRODUCTION. xxiii
pays seraient mieux conduites s'il en avait la direction, et c'est l'ambition légitime de tout homme politique qui a des convictions, mais il ne veut pas se poser en adversaire du gouvernement. Créer des embarras au gouvernement dans l'état où se trouvait la France, eût été à la fois une mauvaise action et une maladresse. La conscience de V. Hugo en aurait souffert, et sa popularité en eût été compromise : écueil à éviter. V. Hugo continue donc à enfler de son mieux le vent de la faveur populaire. Il publie son Appel aux Allemands, cette généreuse naïveté, puis V Appel aux Français et l'Appel aux Parisiens : trilogie oratoire où il prêche tour à tour la Paix, la Guerre et l'Union, mais où le fond du développement reste toujours l'apologie de Paris et des Parisiens.
Le 22 septembre 1870, les commandants de la Garde nationale joints à vingt délégués des arrondissements allèrent à rHôtel-de-Yille réclamer l'élection immédiate de la Commune : le gouvernement différa sa réponse en raison de l'imminence de l'attaque des armées prussiennes. Quinze jours après, \. Hugo dit* avoir rencontré un délégué du XP arrondissement qui lui aurait demandé ce qu'il fallait faire si le gouvernement se refusait à toute élection : « Fallait-il l'attaquer de vive force? On suivrait mes conseils. J'ai répondu que la guerre civile ferait les affaires de la guerre étrangère et livrerait Paris aux Prussiens. » Cependant les Châtiments sont réimprimés ; il s'en vend près de cent mille exemplaires ; ils sont récités sur toutes les scènes de Paris an profit des besoins de la défense "^ : avec le produit de l'une des représentations on fond un canon qui s'appelle \ iclor Hugo ; le premier ballon qui s'envole de Paris porte le même nom et c'est le nom du grand exilé que l'édilité parisienne inscrit sur une partie du boulevard Haussman. \ictor Hugo détaille sur ses Carnets, sans rien omettre, tout ce qui marque cette ascension continue de sa popularité. On v lit presque sur le même plan : « On ma distribué en passant sur le boulevard l'adresse sur carte d'un magasin de machines à coudre, Bienaimé et C'*,