I. Ibid. Carnet du 7 octobre, p. lig
î. On trouve dans Depuis l'Exil, V, Les Chàlimenls, le programme et le produit de toutes les représentations.
ixiv INTRODUCTION.
boulevard Magenta, 46. Derrière il y a mon portrait' » et : « A minuit des gardes nationaux sont venus me chercher pour aller à l'Hôtel-de-Ville présider, disaient-ils, le nouveau gouvernement. J'ai répondu que je blâmais celte tentative et j'ai refusé d'aller à l'Hôtel-de- Ville ^. »
Ce c[ui émane de toutes ces confidences, c'est que V. Hugo de plus en plus goûte avec joie la satisfaction de se sentir admirer et de remplir un rôle dans la grandeur duquel il se complaît : être le conseiller du peuple et l'exemple du dévouement au pays.
Il déclare vouloir aller accompagner, sur le champ de bataille, sans armes, la batterie d'artillerie de la garde nationale dont ses deux fils font partie, et regrette de se voir interdire cette bravade par des délégués du i44* bataillon ; il note: « Quand sera-ce mon touri^ » Et, son exaltation croissant au souffle de la popularité, nul doute qu'il n'y ait une grande part de sincérité dans cette attitude^. Il achète une capote et un képi, et la foule l'acclame dans ce costume qui le rapproche d'elle. On colporte ses bons mots et ses improvisations. Puis Paris capitule, l'armistice est signé, et les élections à l'Assemblée nationale, retardées par le danger, ont enfin lieu le 8 février : V. Hugo est élu le second, sur la liste de Paris, avec 2i4 169 voix.
A-t-il enfin réalisé son rêve ? — L'illusion sera de courte durée. A Bordeaux il peut constater que la France ne suit pas Paris et que l'Assemblée le considère comme l'élu d'un parti suspect : « L'ovation que le peuple m'a faite hier est regardée par la majorité comme une insulte pour elle. De là un grand déploiement de troupes sur la place (armée, garde nationale, cavalerie). Avant mon arrivée il y a eu un incident à ce sujet. Des hommes de la droite ont demandé qu'on protégeât l'Assemblée (contre qui ? contre moi, à ce qu'il paraît). »
Sans doute, il s'exagère l'importance attribuée à sa personne ; mais ce qui est de toute évidence, ce qu'il lui faut