Addition marginale
Tu fais douter de ta race ; «T^
Et, dans sa tombe ennuyé,
Ton vieux père, âme loyale,
Dit : — Quelque bohémien
A dans la crèche royale
Mis son fils au lieu du mien 1 — i8o
Roi, ma meilleure cuisine C'est du pain noir, le sais-tu, Avec quelque âpre racine.
Le soir quand on s'est battu.
M'as-tu nourri sous ta tente, >85
Et suis-je ton écolier ?
M'as-tu donné ma patente De comte et de chevalier?
Roi, je vis dans la bataille.
Si tu veux, comparons-nous. 19°
Pour ne point passer ta taille.
Je vais me mettre à genoux.
Pendant que tu fais tes pàques
Et que tu dis ton credo,
Je prends les tours de Saint-Jacques 195
Et les monts d'Ovicdo.
i85. M'as-tu dressé...
177-180. Allusion possible à la naissance illégitime de Napoléon III.
189 et 198-200. Cf. B. R., ibid., p. 1/J7 : « Je suis un homme à qui l'on ne voit pas, deux fois dans la semaine, quitter ses armes ; qui ne dort guère que sous des tentes. »
19.5- 196. Il s'agit de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce sont là des conquêtes que la légende prête en effet au Cid.
Je ne m'en fais pas accroire.
Toi-même tu reconnais
Que j'ai la peau toute noire
D'avoir porté le harnais. aoo
Seigneur, tu fis une faute Quand tu me congédias ; C'est mal de chasser un hôte, Fou de chasser Ruy Diaz.
Roi, c'est moi qui te protège. 2o5
On craint le son de mon cor.
On croit voir dans ton cortège Un peu de mon ombre encor.
Partout, dans les abbayes.
Dans les forts baissant leurs ponts, 210
Tes volontés obéies
Font du mal, dont je réponds.
Roi par moi ; sans moi, poupée !
Le respect qu'on a pour toi,
La longueur de mon épée ai5
En est la mesure, ô roi !