LE ROI DE PERSE
NOTICE
Les cruautés des despotes orientaux ont toujours et de longue date frappé l'imagination de V. Hugo. Les meurtres du sérail inspirent déjà Clair de lune dans les Orientales. Sultan Mourad dans la Légende des Siècles est une synthèse de toutes les atrocités des cours d'Orient. Plus encore que les autres rois, les rois d'Orient se sont toujours présentés à l'imagination de V. Hugo comme des parricides et des fratricides : des i84i, dans la conclusion du Rhin, cnumérant les raisons qui ont « perdu la Turquie », il écrivait : « Troisièmement, les révolutions de sérail, les conspirations de palais; le despote étranglant ses frères, les frères empoisonnant ou égorgeant le despote ; la défiance du père au fils et du fils au pire, le soupçon dans le foyer, la haine dans l'alcôve. » Depuis, il nota sur ses carnets, non sans complaisance, les assassinats commis par les sultans contemporains '.
C'est d'ailleurs une tradition banale que la haine des pères et des fils dans une famille royale d'Orient 2. L'antithèse, le tour anecdotique du développement donnent ici une certaine originalité à ce thème usé.
I. iSSg. — a ).,e Sultan Ahdul-Medjid étrangle ses petit-llls. »
1876. — « Mourad vient de faire étrangler son oncle Abthil-Aziz. »
En 1869, dans l'Homme qui Rit, Livre V, a, il mentionne : « Le Roi do Tunis a arraché les yeux h son père Muley-Asscm. »
a. II reste possible qu'un assassinat de ce genre ail été relaté par les journaux aux environs d'août 187a.
Le choix du sujet en août 1872 s'explique en partie par l'état d'esprit où se trouvait V, Hugo qui quittait Paris pour fuir un gouvernement réactionnaire ' .