‹ Légende des sièclesChapitre 19 sur 277 · I . Cf. dans le Salyrc · texte numérisé non relu

I . Cf. dans le Salyrc

Cypris sur la l)laniheiir d'une écume qui fond Reposait iiKilleinent, nuo et surnaliirellc, Ceinte (lu ilandjoicnient des yeux fixés sur elle, Kt, par moments, avec l'encens, les cœurs, les vœux, Toute la mer semblait Hotler dans ses cheveux.

On pourrait ainsi comparer un à un tous les personnages de l'Olympe dans le Titan et dans le Satyre.

INTRODUCTION. xxxvn

Le meurtre appelé Mars, le vol nomme Mercure.... Platon livide avec l'enfer pour auréole,...

La conclusion du Satyre était une mélamorpliosc dans la manière ovidienne, à son début, tout au moins. La fin du Titan nous donne la vision grandiose du ciel astronomique, « un accablement de soleil et de cieux » et, au fond du tableau, luit, dans un suprême éblouissemenl, l'apparition de Dieu même, dont le Titan proclame aux Olympiens épouvantés l'existence dans un cri de victoire et de délivrance : « 0 Dieux, il est un Dieu! »

Analogue crescendo dans l'épopée des humbles : dans les Pauvres Gens, il faut certes compter, entre tous les éléments d'émotion, le contraste entre la familiarité du langage et la grandeur de l'acte ; mais l'emploi du langage familier y est disci'ct, et le poêle parle plus souvent lui-même qu'il ne fait parler ses héros. Dans Jean Chouan, au contraire, dans le Cimetière d'Eylau surtout, il y a comme une sorte d'étalage de brutalité, parfois même de vulgarité soldatesques: l'antithèse est accusée et prolongée. 11 y a outrance dans la manière.

Ce que Bernardin de Saint-Pierre disait de Chateaubriand salTirme maintenant et sans conteste pour l'auteur de la seconde Légende des Siècles : « Je n'ai qu'un pinceau, M. de Chateaubriand a vine brosse. » De plus en plus, dans la seconde Légende des Siècles, la brosse est large et la touche violente : de plus en plus, V. Hugo peint en pleine pâte, fait saillir les reliefs et accentue la lutte des couleurs, des lumières et des ombres.

Ce qui est vrai de l'épopée historique l'est autant de l'épopée satirique dans le recueil de la seconde Légende des Siècles. Les pièces qui y figurent rappellent le ton des premiers CMtiments^ . i85i. Choix entre deux passants-, écrit après

1 . Ce que nous disons là n'entre point en contradiction avec ce qu'on peut lire, p. sxviii, sur l'apaisement qui se fit dans l'àme de V. Hugo. Les confidences que nous fait V. Hugo à ce sujet ont été exclues par lui du recueil de 1877 et n'ont été publiées q\ie dans Toute la Lyre.

2. Cf. la reprise du même tlicmc, lorsque V. Hugo revient en 1872 à GucrnescY. Ecrit en exil.

xxxvut INTRODUCTION.

l'amnistie en octobre iSôg, fait écho à toutes les affirmations d'irréductibilité formulées en i85a :

La Mort me dit : — Mon nom est Devoir ; et je vais

Au sépulcre, à travers l'angoisse et le prodige.

— As-tu derrière toi de Ja place ? lui dis je.

Et depuis lors, tournés vers l'ombre où Dieu paraît.

Nous faisons route ensemble au fond de la forêt.

En 1862, Fleuves et Poètes est une déclaration d'une bien autre envergure : dans un court poème où se rythme le grondement retentissant et tumultueux d'une cataracte, le poète exilé et injurié se compare à un fleuve majestueux qui s'éci'oule dans l'abîme :

Tout est cliute, naufrage, engloutissement, nuit,

El l'on dirait qu'un rire infâme est dans ce bruit;...

Tout à coup, au-dessus de ce chaos qui souffre,

Apparaît, composé de tout ce que le gouffre

A de hideux, d'hostile et de torrentiel.

Un éblouissemont auguste, l'arc-en-ciel ;

Le piège est vil, la roche est traître, l'onde est noire,

Et tu sors de cette ombre épouvantable, ô gloire I

Guerre Civile est un épisode de la Commune qui fait pendant à la Nuit du 4 ', même source d'émotion : la pitié pour l'enfant, martyr ou héros inconscient ; mais il y a dans Guerre Civile, où les cris de la foule s'entrecroisent, le halètement de la fièvre d'une journée de combat, et l'on y perçoit une sorte de trépidation dramatique (pion rencontre bien moins dans la Nuit du 4, à la fois plus sobre et plus lyrique.

Ailleurs, dans les poèmes dont le cadre reste historique, on constate que le poète se soumet de moins en moins aux exigences de lépopée objective, ou, pour mieux dire, sa dextérité dans rall'aljulation progresse au point qu'aucun détail de I histoire nesul)sistepoursa réalité propre, mais devient la traduction immédiate de la pensée du poète et des événements contemporains: il lui arrivera d'insérer dans Welf une lettre de la princesse Ratazzi presque sans altération et d'y faire |)ar la bouche du Castcllan une réponse personnelle et dirccle. Là comme dans le Coude Fêlibien, le poète se contente de transposer le décor sans déguiser l'expression de ses

INTRODUCTION. xxxix

sentimciils et de ses idées. Dans la première Légende les allusions ne s'imposaient pas : un lecteur non averti pouvait no pas s'apercevoir que la personnalité de V. Hugo s affirmait dans celle du Cid, d'Eviradnus, ou de Fabrice ; il pouvait ne pas songer tout d'abord à Napoléon III, en frémissant au récit des atrocités des petits rois d'Espagne, de Zim- Zizimi, de Sultan Mourad ou de Ratbert ; la parenté de ce même Napoléon avec Philippe II « le Mal tenant le glaive », risquait de passer inaperçue. Ici, au contraire la personnalité du poète transparait : les événements contemporains transpercent nettement. La satire a gagné en clarté ; elle a non moins gagné en vigueur; car, plus libre, le poète exprime ses sentiments avec plus de véhémence et plus de puissance aussi. Toute une partie de la seconde Légende des Siècles •entre sans détours dans la polémique d'actualité : au commencement d'avril 1872, le Pape refuse la rente du gouvernement Italien et sollicite les aumônes des petites bourses catholiques, et V. Hugo flagelle cette mendicité dans : Au Saint-Siège ou les Deux Mendiants Ç21 avril); en 1869, on élève une statue à Dupin, l'indignation de V. Hugo s'épanche et s'exalte dans la Colère du Bronze. Il pi'oteste contre l'attitude du gouvernement à l'égard des fonctionnaires qui assistent aux enterrements civils ; il dit son mot dans le procès Bazainc'. Étendue aux événements contemporains la seconde Légende des Siècles toucha plus directement l'âme des lecteurs de 1877. Pour eux, un souffle nouveau de vie faisait palpiter l'œuvre plus ardemment; ils jugeaient que les âpres accents du lutteur y résonnaient en ondes élargies, sans cependant rompre lliarmoiiic ou comproniellrc la dignité de lépopée.

La morale sociale et la métaphysique se présentent, elles aussi, sous un nouvel aspect.

En 1873, V. Hugo disait à Jules de Concourt : « Vous ■êtes un artiste, vous savez combien je le suis. Je passerais

Le Pr

XL INTRODUCTION

des journées devant un bas-relief... Mais cela est d'un âge. Plus lard, il faut la vision philosophique des choses, c'est la seconde phase. Plus lard encore et en dernier, il faut cnti-er dans la vie mystérieuse des choses, ce que les anciens appelaient arcana : les mystères des avenirs et des individus. » En parlant ainsi en mars 1872, V. Hugo songeait-il particulièrement à la seconde Lérjende des Siècles qu'il alla quatre mois plus tard compléter dans sa retraite de Guernesey.-^ De toutes manières, il en définissait la marche et il en précisait la progression. C'est hien là l'aspect du nouveau recueil. Au début, c'est une vision concrète : la Vision d'où est sorti ce livre. Cette vision est suivie dans tout le premier tome d'une série de poèmes qui sont des résurrections pittoresques et artistiques du passé ; puis, dans le second tome, la part de la philosophie augmente', le poète se montre de plus en plus préoccupé des problèmes moraux et sociaux et sans doute aussi de plus en plus soucieux des « arcanes, de la vie mystérieuse des choses, du mystère des avenirs et des individus ». Que faut-il entendre par ces arcanes .>> Sans aucun doute, la métaphysique qui, en effet, pénèti-e de plus en plus la pensée de V. Hugo, et qui lui paraît la réponse suffisante à toutes les énigmes de la vie, non seulement pour l'individu, mais encore pour l'univers entier.

Celte métaphysique simpliste n'est au fond qu'un audacieux hyzoloïsme qui, avec la vie, donne la conscience, et par conséquent la responsabilité, à tous les êtres animés ou inanimés ; elle établit comme principe l'ascension constante de tous les êtres vers Dieu, âme de 1 univers, par l'amour et la science. Cette métaphysique est incluse, avérée ou latente, dans toute la première Légende : elle y inspire les mythes du Satyre, de Pleine-mer, Plein-Ciel; elle entre pour une

I. V. Iliigo met une ingéniosité consciente à marquer la diflercnce qui sépare les deux fomcs de la Légende de 1877. Il divise en deux un même poème écrit d'un sful jel. La première partie de ce poème plus particulièrement pittoresque, les Sept Merveilles, clôt le premier tome et demeure en harmonie avec l'aspect historique dn volume : elle annonce pourtant déjà le second par une manière plus large de traiter la documentation historique et par une vision plus pliilosopiiiquo des forces destructives de la nature ; l'Ëpnpèe du Ver, celtt; méditation clirétienne, ouvre le second où la philosophie prend plus nettement sa place, et qui se clôt par Ahiine.

INTRODl CTIOX. xtr

part dans les déiioucmctils de Ralherl et de la Rose de rinfante : elle est à l'arrière-plan de tous les drames des Petites Epopées où se croisent, comme les atomes dans le système de Lucrèce, lésâmes que le Bien fait monter et celles que le Mal fait descendre, où les Roland entrent en conflit avec les Ruv subtils et les Malernc féroces, où les Eviradnus côtoient les Sigismond et les Ladislas, où s'écroulent les Ralbert, les Zim-Zizimi, pendant que s'élèvent les Fabrice, les Sultan Mourad, voire même les Anes et les Crapauds. Même destinée secrète de l'individu dans la seconde Légende. L'obscure volonté du Destin, qui mêle les progressions et les régressions d'âmes, met à côté des Masferrer, dos Cid, des Comte Félibien, des Léonidas et des Angus, émanations du Bien, les rois pillards d'Espagne, les rois Sanche, les Xerxès et les Tipliaine, incarnations dvi Mal. Dressés eux aussi sur le fond de ténèbres ou de clartés du Destin universel, les héros delà seconde Lp^/^/ic/é" comme ceux de la première, ont le reflet d'une lueur mystérieuse ; nous les sentons liés à la destinée générale de l'univers et aux sursauts comme aux défaillances de son Ascension. Ce n'est donc pas en cela que la métaphysique éparse dans la seconde Légende diffère beaucoup de celle de la première.

Mais une différence essentielle s'accuse dans les tendances de plus en plus spiritualisles et déislcs de cette métaphysique. Délaissant le panthéisme exalté qu'avait suscité en lui le spiritisme', V. Hugo a tendance à revenir en 1870 aux doctrines qui avaient été les siennes avant i85^. Abirne écrit en i853 devient ainsi la conclusion naturelle de la seconde Légende aichc\vc en 1877. Les déclarations spiritualisles, que n'excluait pas au reste en principe la théorie de l'ascension des êtres, se multiplient, se pressent et se précisent ici. A cette date, il arrive à V. Hugo de faire une addition à 1 un de ses poèmes, afin d écarter tout soiqiçon de matérialisme. En conclusion à ï Épopée du \'er écrite en 1862 il ajoute en 1876:.

Non, tu n'as pas tout, monstre! cl tu no pronds point l'Amo... Tu n'es (jue le mangeur de l'abjecte matière....

I. Cf. Tome !"■, p. XXIII à xxv, et Revue des Deux-Mondes, i""août igia, Paul Bcrrct, l'iclor Hujo spirile.

xLii INTRODUCTION.

Les âmes vont s'aimer au-dessus de la mort ; Tu n'y peux rien.

Tout le Passé et tout l'Avenir est emprunté par lui à l'inspiration de i8bf\, parce que le poème n'est autre qu'un Credo superbe dressé contre l'Athéisme et le Pessimisme :

Dieu ! Dieu I Dieu I le rocher où la lame déferle

Compte sur lui; c'est lui qui règne;...

Il règne, il songe —

Il pense, il règle, il mène, il pèse, il juge, il aime....

Devant ce Dieu s'enfuit tout ce qui hait son œuvre....

En entendant passer son souffle dans l'espace, Subitement l'enfer à la gueule rapace.

Les mondes hurlants du chaos,

Les univers punis dont la clameur s'élance.

Les bagnes monstrueux de l'ombre, font silence,...

Dieu voudra. Tout à coup on verra les discordes, La hache et son billot, les gibets et leurs cordes,

L'impur serpent des cieux banni.

Le sang, le cri, la haine, et l'ordure et la vase. Se changer en amour et devenir extase

Sous un baiser de l'infini.

En 1859, dans Pleine Mer-Plein Ciel, V. Hugo prédisait les mêmes métamorphoses avec les mêmes expressions et un non moins lyrique enthousiasme. Mais l'auteur du miracle, ce n'était plus Dieu, c'était le Progrès, c'était la Science, la Matière organisée par l'homme, le Ballon Dirigeable :

Derrière lui, pendant qu'il fuit vers la clarté,... Tombent, sèchent ainsi que des feuillages morts. Et s'en vont la douleur, le pcciic, le remords,

La perversité lamentable.

Tout l'ancien joug, de rêve et de crime forgé,...

Dans la seconde Légende la préoccupation de s'affirmer déiste est manifeste : dans V Élégie des Fléaux en 1875, c'est au nom de ce Dieu qu'il redonne l'espoir à la France éprouvée :

L'infini conscient que nous appelons Dieu

Soutient tout C(^ qui penche, entend tout ce qui pleure

Aucun fléau ne peut demeurer passé l'heure ;...

INTKODUCTIOX. xLiu

Mais en même temps qu'il dcvicnî, plus confiant en l;i Providence, qu'il la constate et qu'il la célèbre, il se manifeste plus ardemment anticlérical. Il rabaisse les prêtres dans la proporlion môme où il exalte la Divinité. 11 ne faut pas confondre l'esprit anticlérical, l'esprit anticatboliquc, l'esprit anticlirélien et l'esprit antireligieux. Les réserves de V. Hugo sont limitées étroitement ; il attaque à peu près exclusivement : cbez les prêtres la servilité à l'égard du pouvoir, et la simonie ; et, dans la doctrine catliolique, l'infaillibilité du Pape et l'ImmacuIéc-Conception. Mais le penseur demeure respectueux de la tradition clirétienne : il a parlé en termes émus du Cbrist dans la Fin de Satan, et, chaque fois qu'il évoque le nom de Jésus dans la seconde Légende, c'est pour magnifier son martyre et son dévouement au genre humain. Quand il s'agit de Dieu lui-même, le poète atteint la sublimité. Abîme, qui termine la seconde Légende dans un éblouissement d'apothéose, nous secoue du frisson pascalicn devant les splendeurs innombrables de l'infini des cieux. Il semble que le poète ait voulu relever le défi de l'auteur des Pensées. « Nulle idée n'en approche. Nous avons beau enfler nos conceptions au delà des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomes auprès de la réalité des choses. » V. Hugo nous a rendu visibles la magnificence et l'illimité du monde sidéral. Les deux derniers vers d'y4tîme, qui dressent l'omnipotence d'un Dieu créateur au-dessus de l'infini de la matière vivante, sont d'une majesté qui fait songer à la Bible et à Bossuel :

L'Infini.

L'être multiple vit dans mon unité sombre.

Dieu.

Je n'aurais qu'à souiller et tout serait de l'ombre.

On sent que plus encore que la première, la seconde Légende des Siècles réalise l'idéal que s'est proposé le poète dans sa Préface :

« L'épanouissement du genre humain de siècle en siècle, l'homme montant des ténèbres à l'idéal, la transfiguration paradisiaque de l'enfer terrestre, l'éclosion lente et suprême de la liberté, droit pour cette vie, responsabilité pour l'an-

xLiv INTRODUCTION.

Ire ; une cspc'cc d'hymne religieux à mille strophes, ayant dans ses entrailles une foi profonde et sur son sommet une haute prière ; le drame de la création éclairé par le visage du créateur, voilà ce que sera, terminé, ce poème dans son ensemble. »

Et voilà bien ce qu'est la seconde Légende des Siècles. Ce qui la dislingue, c'est dans la forme une résonance plus étendue des idées dans une plus large amplification de l'expression, et, parallèlement, c'est l'ascension de la vision artistique à la vision philosophique.

C'est surtout une manlfeslation plus ardente de la personnalité ; c est une vibration plus intense de la sensibilité dans l'indignation comme dans la pitié : le moi du poète apparaît avec plus de véhémence, à la fois plus vindicatif et plus généreux ; les vers qui terminent Y Elégie des Fléaux pourraient servir d'épigraphe à la seconde Légende des Siècles :

... il est deux trésors, l'un clarté, l'autre flamme Que je n'ai pas laissés décroître dans mon âme Et qui sont de mon cœur cliacun une moitié : C'est la sainte colère et la sainte pitié.

En 1877, le mage des Contemplations descend plus souvent que par le passé dans l'arène. Sans doute le poète n'abdique pas en apparence son attitude de prophète, il semble planer encore au-dessus de l'humanité, il se prétend toujours pénétré par le souffle de la grande âme universelle et veut s'elTacer ou se grandir en se proclamant inspiré par des voix supraterreslres ; néanmoins sa personnalité s affirme bien plus visible, dans toutes les questions métaphysiques ou morales qu'aborde la seconde Légende des Siècles.

« Victor Hugo, disait Leconle de Lisle, a été toute sa vie l'évocateur du rêve surnaturel et des visions apocalyptiques; il est enivré du mystère éternel... Il croit puiser, dans sa foi profonde en une puissance rémunératrice et clémente, la généreuse compassion qui l'anime pour les faibles, les déshérités, les misérables... il lui doit, pense-t-il, de chanter en paroles sublimes la beauté, la grandeur et l'harmonie du

INTRODUCTION. xlv

monde visible, comme les splendeurs pacifiques de l'humanité future, et il ne veut pas reconnaître qu'il ne doit sa magnifique conception du beau qu'à son propre génie, comme ses élans de bonté et de vaste indulgence qu'à son propre cœur'. » Ce qu'il y a de certain, c'est que, voilée ou décelée par la majesté prophétique, la personnalité de V. Hugo tient, dans la Légende des Siècles de 18^7, bien plus manifestement que dans celle de 1809, une place de premier plan ; et c'est celte personnalité, qui, tout autant que la beauté de l'art, porte les approbateurs de la morale et de la politique du poète à une admiration et à une sympathie sans réserve ; à tous les autres du moins, par la grandeur sincère des sentiments et la fidélité inébranlable du poète vieillissant à ses opinions bumanitaires, elle commande le respect.

I. Damiers poèmes. Paris, Lemerre. Discours sur V. Hugo, p. 2f|8.

INTRODUCTION

Bibliographie.

Voir la Bibliographie, donnée dans le i*"" volume de la Légende des Siècles, p. lxxxh-lxxxv, et la noie qui la précède.

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REVUE DE LA PRESSE

Les opinions exprimées par la critique sur la seconde Légende des Siècles sont nombreuses : en 1877 la gloire de V. Hugo est consacrée et aucun journal, aucune revue n'omettent de parler de l'œuvre. Ces opinions sont aussi diverses que pour la première Légende ; les préjugés politiques les guident pour une bonne part, mais moins apparemment ; les critiques alTectent en effet de juger du seul point de vue littéraire, et tous, presque sans exception, s'inclinent tout d'abord devant la célébrité de l'écrivain et la majesté du vieillard. Il ne faut pas toujours se laisser tromper à cette apparence : louanges ou blâmes sont exagérés la plupart du temps par le parti pris des républicains ou des réactionnaires, et il est bon de songer en lisant certaines des pages qui suivent qu'elles sont loin d'être exemptes de préjugés.

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