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Un jour

10 1. ...la /anJe et le gazon

loi. Dans un éloignement [inexprimable] et pâle

loG. D'un tas de petits monts vaguement aperçus

loy. [Une montagne immense]...

Ji3. ... le regard croit, [à son centre obscur]

C'est le Pic du Midi.

L'Histoire voit le Gid.

Grande nouvelle. Emoi dans tout Yalladolid.

Quoi ? Qu'est-ce donc ? Lo roi se dément ! Le roi cède !

Alphonse a pour maîtresse une fille assez laide, no

Et qui, par cela même, on ne sait pas pourquoi,

Fait tout ce qu'elle veut de la raison du roi,

Au point qu'elle en pourrait tirer des choses sages ;

Gette fille a-t-elle eu quelques mauvais présages ?

Ou bien le roi du peuple entend-il la rumeur.^ i25

Est-il las des héros cju'il a faits par humeur ?

Finit-il par trouver cette gloire trop plate ?

Graint-il que tout à coup une guerre n'éclate

Qui soit vraiment méchante et veuille un vrai héros?

128. Craint-il que [brusquement quelque] guerre... lag. Qui [ne soit point d'enfants]...

120. Une fille assez laide. Faut-il voir là une allusion à une maîtresse de Napoléon HT, en février iSSg ? et à laquelle ? M. Louis Sonolet, l'auteur d'ouvrages connus sur la Société du Second Empire, est d'avis qu'il faut écarter tout d'abord la comtesse de Castiglione et la princesse de Mctternlch : « Je verrais plutôt là, m'écrit-il, la fameuse Marguerite Bellanger, bien qu'à l'époque sa liaison avec l'empereur fût tout à fait à ses débuts. Venant de la galanterie, d'origine campagnarde, assez vulgaire d'allure, Marguerite Bellanger (de son vrai nom Julie Lebœuf) pouvait sans trop d'injustice être qualifiée de fille. Et, sans être laide, elle ne possédait guère que la beauté du diable. C'est la seule maîtresse d'origine plébéienne qu'ait eue Napoléon IIL A son défaut, je ne peux faire de supposition que pour l'bistoire d'une de ces passades vraies ou fausses qu'on a tant prêtées au souverain : Mme de Brimont, la cbanleuse Caroline Ilamaekcrs, Mme Kalergi. Mais le règne de celles-ci fut très éphémère et ne troubla pas du tout l'opinion. »

35o LE CID EXILÉ.

Le certain, c'est qu'après le combat de taureaux i3.-

Son Altesse un dimanche a dit dans la chapelle : — Ruy Diaz de Bivar revient. Je le rappelle. Je le veux. — Ils sont là plus d'un esprit subtil; Pourtant pas un n'a dit: Mais le Gid voudra-t-il? N'importe, il plaît au roi de revoir ce visage. i35

Pour éblouir le Cid, il charge du message

Un roi, l'homme entre tous vénéré dans sa cour.

Son vassal, son parent, le roi d'Acqs-en-Adour,

Santos-le-Roux, qu'on nomme aussi le Magnanime,

Parce qu'étant tuteur d'Atton, comte de Nîme, i/lo

Il le fit moine, et prit sa place, et confisqua

Ses biens pour les donner au couvent de Huesca.

Ce sont de braves cœurs que les gens de la plaine ; Ils chantent dans les blés un chant bizarre et fou ;

i3o. [On ne sait, mais après] le combat de taureaux 137. Un [prince, homme] entre tous vénéré... 1 47-1 5/4. Rédaction marginale.

1 43-1 46. On trouve avant le vers igi une première rédaction de ces vers, avec cette seule variante :

Ils [vont chantant le soir] un chant...

i38. Ac(]s-en-Adour . C'est l'orthographe de Moreri. A l'époque du Gid, il n'y avait pas de roi de Dax, et Dax était gouverné, depuis longtemps, par la famille très connue des comtes Arnaud.

189. Santos est un des noms mis en réserve par V. Hugo, sur la liste établie pour le Petit Roi de Galice. Légende des Siècles de 1869, Collection des Grands Ecrivains de la Fiance, tome P"^, p. a^Q- Santos figure après les mots Barbo. Nombre de Dios. Quant aux surnoms, Moreri en donne à profusion à tous les princes : à l'article Aragon, on trouve un Alfonsc le Magnanime.

iliO. Atton, Comte de Nîme : cf. la note des vers 26-27.

1/42. Huesca : « sur la rivière d'isucla. Ville d'Espagne dans le Hoyaume d'Aragon, avec Evéché ». Moreri, art. Aragon.

LE CID EXILÉ. 35l

Et quant à leurs habits faits de cuir et de laine, i4S

Boire les use au coude et prier, au genou.

Étant fils du sang basque, ils ont cet avantage

Sur les froids Espagnols murés dans leurs maisons,

Qu'ils préfèrent à Teau, fùt-elle prise au Tage,

Le vin mystérieux d'où sortent les chansons. lôo

Ils sont hospitaliers, prodigues, bons dans l'àme ; L'homme dit aux passants ; Entrez, les bienvenus 1 Pour un petit enfant qu'elle allaite^ la femme Montre superbement deux seins de marbre nus.

Lorsque rhomme est aux champs, la femme reste seule; tbb N'importe, entrez ! passants, le lard est sur l'étal^ Mangez I Et l'enfant joue, et dans un coin l'aïeule Raccommode un vieux cistre aux cordes de métal.

i5i. Ils sont hospitaliers, prodigues, francs dans l'àme

voyageurs ici

i52-id4. Disant aux étrangers : entrez chez nous, voisins !

maison L'homme ouvre à tous sa main et sa porte ; la femme

ses N'allaite qu'an enfant et montre les deux seins. id5. [Quand Ihomme est dans les champs]... i56. N'importe, entrez! mangez l...

ib-j. ... Et l'enfant rit !

i58. [Met à quelque vieux cistre une corde en métal.]

i56-i6o. Souvenirs de vovage : cf. dans Pyrénées les menus servis au poète. Le sistre dérive des guitares et des chansons entendues à Pasages : « A Pasages... tous chantent. »

i58. Cistre et non Sistre. Seul le Cistre a des cordes : c'est une sorte de mandoline espagnole et nous sommes ici en Espagne ; le Sistre est égyptien, c'est un petit cerceau de métal traversé par des baguettes. Cf. Hatzfeld et Darmesteter, Dictionnaire général de la Langue Française, art. Cistre et Sistre. De même dans Masferrer, V, le manuscrit donne Cistre, par un c :

Un pâtre, près du seuil, sur le Cistre vibrant Chante des montagnards la féroce romance...

et c'est à tort que les éditeurs ont imprimé un s.

Quelques-uns sont bergers dans les grands terrains vagues, Champs que les bataillons ont légués aux troupeaux, i6o Mer de plaines ayant les collines pour vagues, Où César a laissé l'ombre de ses drapeaux.

Là passent des bœufs roux qui sonnent de la cloche, Avertissant l'oiseau de leur captivité ; L'homme y féconde un sol plus âpre que la roche, i65 Et de cette misère extrait de la fierté.

L'égyptienne y rôde, et suspend en guirlandes Sur sa robe en lambeaux les bleuets du sillon ;

i6o. Champs que les [légions] —

i65. ... plus [ingrat] que la roche,

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