Ils défendent 1 Espagne
233. Le bruit des chariots dans les champs est toujours noté avec complaisance par V. Hugo. On connaît le vers de la Tristesse d'Olympio :
Les grands chars gémissants qui reviennent le soir.
Sur les sources virgiliennes de ces vers, cf. A. Gazes, Revue universitaire, 1912, II, p. i38 : Les origines d'un beau vers. Mais ici l'origine est plus précise et plus locale. Le grincement des chars basques à roues pleines, qui s'entend de très loin, est un des traits caractéristiques du paysage basque. Théophile Gautier dans Tra los montes, Alexandre Dumas dans De Paris à Cadix, l'ont signalé. Ce bruit avait frappé les oreilles de V. Hugo des son enfance : « Les roues des charrettes espagnoles, au lieu d'être à rayons comme en France, sont en bois plein ; ces lourdes masses tournent péniblement et arrachent à l'essieu des grincements douloureux... Victor, lui, trouvait à ce bruit une bizarrerie violente très agréable, et disait que c'était Gargantua dont le pouce faisait des ronds sur une vitre. » Victor Hugo raconté, ch. xviii.
Ils cultivent les blés où chantent les cigales ; 2H5
Pelage à lui jadis les voyait accourir,
Et jamais ne trouva leurs âmes inégales
Au danger, quel qu'il fût, quand il fallait mourir.
Ruy Diaz de Bivar est leur plus belle gerbe.
Dans un beau train de guerre et de chevaux fougueux, 240
Don Santos traversa leurs villages, superbe,
Avec le bruit d'un roi qui passe chez des gueux.
On ne le suivit point comme on fait dans les villes ; Nul ne le harangua, ces hommes aux pieds nus Ayant la nuque dure aux saluts inutiles 2/1&
Et se dérangeant peu pour des rois inconnus.
— Je suis l'ami du roi, disait-il avec gloire ;
Et nul ne s'inclinait que le corrégidor ;
Le lendemain, ayant grand soif et voulant boire,
Il dit : Je suis l'ami du Cid Gampéador. 25o
a35. Ils cultivent les c/iamps...