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J'aurai bien vite fait de raser ton vieux mur

128. Prendre an burg dans ma main, comme on cueille un fruit mûr 12g. Et coucher un donjon...

l3i. Ce qui restera, Welf,,..

Une ruine 182. On ne sait quoi d'informe au fond d'un noir fossé 182. Et de ta haute tonr guerrière ?...

i32-i38. Cf. passim dans le /?/»(n les descriptions des ruines des divers burgs visités par V. Hugo.

392 WELF.

Bonne aux moineaux cachant leurs nids dans l'embrasure. Et du sauvage aspect de tes créneaux altiers? i35

Un tas de pierres, plein de houx et d'églantiers, Où les femmes viendront faire sécher leur linge. Je suis Cyadmis, duc et marquis de Thuringe. Ouvre-moi.

Silence dans la tour*.

Parait un étendard portant à la hampe une couronne de roi.

Entre, derrière un groupe de trompettes, un homme à cheval vêtu de drap d'or, ayant une couronne royale sur la tète. Il a un sceptre à la main. A sa suite, marche une compagnie d'arbalétriers bourguignons couronnés de fleurs ; ils ont de grandes arbalètes, des boucliers faits d'une peau de bœuf et hauts comme un homme, et les pieds nus dans des chaussures de corde^*.

Tous s'arrêtent.

Le duc et sa troupe se rangent.

L'homme à couronne royale fait face à la tour. La fanfare cesse.

HUG, parlant à la tour.

Je suis roi d'Arle aux verts coteaux, Et j'ai pour fiefs Orange et Saint-Paul-Trois-Ghâteaux ; i4o A quiconque me brave on sait ce qu'il en coûte, Et je m'appelle Hug, fds de Boron. Ecoute,

* Fanfares. Un large étendard. Entre une troupe d'arbalétriers. 189. Je suis roi d'Arle aux riants coteaux,

i!x2. Le ms. porte fils de Bozon.

** Dans des chaussures de conle : Bien que ce détail ne soit pas très caractéristique, il peut provenir de la lecture, dans Moreri, de l'article Croatie : « On dit qu'ils sautent par les montagnes comme des Dains et qu'ils y ont pour cela des souliers de corde. » On retrouvera les Croates dans le décor qui suit le vers igo. Selon son habitude, V. Hugo aurait transposé ses souvenirs.

i39-i4o. Tous les détails qui concernent la ville d'Arles ont été empruntés par V. Hugo à l'article Arles du dictionnaire de ^loreri : « Arles sur le Rhône a pour suffragans Marseille, Toulon, S. Paul- Trois-Chàteaux et Orenge. »

i42. Hug, fils de Boron, ms. : Bozon. Boron est sans doute une faute d'impression. Les deux noms proviennent de cette phrase de Moreri où V. Hugo a cru voir une généalogie : « Aprez Bozon, Louïs Bozon et Hugues. »

WELF, CASTELLAN DOSBOR. SgS

Homme de ces monts, toi qui fais de l'ombre ici.

Je ne te vois pas, maître obscur du burg noirci ;

Mais derrière ton mur, tu songes ; je te parle. il5

Tu n'es pas sans avoir entendu parler d'Arle,

Dont l'aïeul est Priam, car sur nos monts chenus,

Avant les Phocéens, les Troyens sont venus ;

Arle est fille de Troie et mère de Grenoble,

Isidore la nomme une ville très-noble, i5o

EtThéodoric, comte et roi des Goths, Taima.

Les Français ne l'auront jamais. Gènes, Palma,

Mayorque, Rhode et Tyr sont mes ports tributaires.

J'ai le Rhône, et l'Autriche est une de mes terres.

i43. Homme de ce burg,...

lib. Mais derrière ton mur, tu m'entends...

1^6-1 47- « Ceux qui aiment les fables luy ont cherché des fondateurs illustres dans les débris de Troye et ils ont crû qu'Arulus, neveu de Priam, l'avoit fait bâtir et luv avoit donné son nom... Strabon semble croire qu'Arles étoit un Ouvrage des Phocenses. «

lig-iSo. « Isidore la nomme une ville très noble » est un alexandrin qui se trouve tout fait dans l'article Arles de Moreri. C'est la rime qui a amené Grenoble au vers précédent. Ce n'est d'ailleurs pas une erreur historique : Grenoble fit nominalement partie du royaume d'Arles jusqu'à io33. Cf. Moreri, art. Bourgogne, où V. Hugo a dû puiser le renseignement. Pour la réalité des faits cf. P. Berret, Petite histoire du Daupkiné, Paris, Rieder, Le royaume indépendant de Boson, p. lo.

i5i. « Théodoric, roy des Ostrogots, aima Arles. » Moreri, art. Arles.

i52. Gênes « [Arles] se rendit si puissante en peu de tems que Gènes elles autres villes de commerce voulurent se liguer avec elle. » jMoreri place cette ligue au treizième siècle et il n'énumère pas les villes liguées : mais le détail avait fait jouer l'imagination de V. Hugo, qui a nommé logiquement deux ports méditerranéens très anciens, Rhode et Tyr. La rime à aima semble seule avoir amené Palma, qui a entraîné Mayorque.

i54-i55. « La ville d'Arles étoit presque République sous les Empereurs qui s'en disoient Rois. » V. Hugo va plus loin que Moreri, et renverse les termes : c'est le roi d'Arles qui se dit posses-

394 WELF.

Arle est riche ; à la Diète elle achète des voix ; i55

Les califes lui font de précieux envois ;

Elle reçoit par mer les dons de ces hautesses,

Les odeurs d'Arabie, et les délicatesses

De l'Asie, et telle est la beauté de ses tours

Qu'elles attirent l'aigle et chassent les vautours. i6o

Mon sceptre est salué par cent vassaux, tous princes.

J'ai le Rhin aux sept monts, la Gaule aux sept provinces.

T'attaquer, toi vieillard, j'en serais bien fâché.

Donne-nous ta montagne, et je t'offre un duché.

Je t'offre en ma Bourgogne autant de bonne terre i65

Qu'on en voit de mauvaise en ce mont solitaire.

Accepte, car nos champs donnent beaucoup de blé.

Le trouvère Ericus d'Auxerre en a parlé.

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