‹ Légende des sièclesChapitre 87 sur 277 · Jax, évidente fantaisie · texte numérisé non relu

Jax, évidente fantaisie

LE TIÏAN. I03

Et Prométhée ! Hélas ! quels bandits que ces dieux !

Personne au fond ne sait le crime de Tantale ; 2o3

Pour avoir entrevu la baigneuse fatale,

Actéon fuit dans Tombre ; et qu'a fait Adonis?

Que de héros brisés 1 Que d'innocents punis !

Phtos repasse en son cœur l'affreux sort de ses frères ;

Star dans Lesbos subit l'affront des stercoraires ; 210

Cerbère garde Ephlops, par mille éclairs frappé,

Sur qui rampe en enfer la chenille Campé ;

209. Phtos [redit] en son coeur [les noms de tous] ses frères

tous les Dieux ail. Cerbère garde [Othryx] par Jupiter frappé, Ephlops est une correction sur épreuve.

2o5. Tantale. Il y a dans Banier une assez longue dissertation sur l'incertitude où l'on est au sujet du crime de Tantale (V, ig3-i(j^). Noël dit que « les anciens ne sont pas plus d'accord sur la nature de son crime que sur celle de son châtiment. ». V. Hugo associe aux géants quelques-unes des victimes les plus célèbres de la divinité : Tantale, Actéon, Adonis.

207. Actéon. La fable d'Actéon est connue et rapportée ici avec exactitude par le poète qui môle à dessein les légendes traditionnelles aux fantaisies de son imagination.

Adonis. Sur l'incertitude de la légende, des aventures et de la légende d'Adonis, voir la longue étude de Banier (III, pages 1 2 à 38).

210. Star, Stercoraires. Fantaisie encore I Star en anglais, c'est l'étoile : et c'est ici l'idée qu'on retrouve dans L'Epopée du Ver : l'étoile devenue la proie du ver.

an. Ephlops, d'abord Typhlops (cf. var. du vers 2o3), puis on rencontre sur le verso du manuscrit qui fait face au vers 311 cette indication Hyphlops ; peu à pou la physionomie du mot s'est rapprochée du nom d'IIélops qui flottait sans doute dans la mémoire de \. Hugo. On connait le -n^ts d'A. Chénier

Le quadrupède Hélops fuit...

Hélops est l'un des Centaures tués par Pirithoûs. La i'^ épreuve donne : Ottirvx.

212. Campé. Banier parle à plusieurs reprises de Campé, « personnage assez inconnu dans la mythologie : c'est, dit-il, la geôlière de» Titans dans le Tarlaro (III, 276, 3o8); il la qualifie (V, 16) de

lo/i ENTRE GÉANTS ET DIEUX.

C'est sur Mégarios que le mont Ida pèse; Darse endure le choc des flots que rien n'apaise ; Rham est si bien captif du Styx fuligineux Qu'il n'en a pas encor pu desserrer les nœuds ; Atlas porte le monde, et l'on entend le pôle Craquer quand le géant lassé change d'épaule ; Lié sous le volcan Liparis, noir récif, Typhée est au milieu de la flamme, pensif. Tous ces titans, Stellos, Talémon, Ecmonide,

21 4. Scrops endure

2 1 5. Rham est [le prisonnier] du Styx fuligineux

[Dont il n'a] pas encor 2 1 8. Craquer quand le titan

« je ne sais quelle espèce d'èlrc ». Campé figure également dans Chompré. Ni Chompré, ni Banicr ne donnent l'étymologie.

2i3. Mégarios. Il s'agit sans doute de Mégaros, fils de Jupiter, dit Noël, et d'une nymphe Sithnide : ce Mégaros fut sauvé, par la protection de son père, du déluge de Deucalion (Pausanias, I, Ao, i).

2I/J. Darse. Est-ce un nom de personne? Les Darses (Aâpa'.oi) sont un peuple de Thrace dont il est question dans Etienne de Byzance (frag. i3o).

2 1 5. Rham. Nomrenconlré par V. Hugo au cours de ses recherches sur les divinités, au moment où il écrivait Dieu : on identifie quelquefois Rham avec Fô (cf. la note du vers i5i). On prête à Rham 80000 transmigrations : rien d'étonnant à ce que V. Hugo songe à en faire un cyclope ! Cf. Noël, Art. Ram.

219-220. Typhée. C'est sous l'île d'Ischia (Mariiné) que, d'après Virgile Enéide, VIH, 715-716, est enseveli Typhie :

Tum sonitu Procliyta alta tremit, durumque cubile Marime Jovis imperiis imsposta Typhœo.

Le volcan Liparis. Lipari et toutes les îles Eolienncs sont des îles volcaniques; Cf. \'irgilc, YIH, ^17: fiiniantibus ardua saxis.

221. Slellos. L'Histoire des Dieux de D*** l'appelle Stelle : c'est vraisemblablement le nom du compagnon d'.\pollon, victime de la colère du Dieu et métamorj>hosé en lézard.

Talémnn. Est-ce une mauvaise graphie do Palémon ? Banicr cite le dieu marin Palémon, p. 27. Il y a dans les Argonaulique, un Talémon, I, ifiG.

Ecmonide. Mauvaise copie sans doule du nom relevé par Hugo sur

Gès dont l'œil bleu faisait reculer l'euménide,

Ont succombé, percés des flèches de l'éther,

Sous le guet-apens brusque et vil de Jupiter.

Les géants qui gardaient l'âge d'or, dont la taille 220

Rassurait la nature, ont perdu la bataille,

Et les colosses sont remplacés par les dieux.

La terre n'a plus d'àme et le ciel n'a plus d'yeux ;

Tout est mort. Seuls ces rois épouvantables vivent.

Les stupides saisons comme des chiens les suivent, 23..

L'ordre éternel les semble approuver en marchant ;

Dans l'Olympe, où le cri du monde arrive chant,

Où l'étourdissement conseille l'inclémence.

On rit. Tant de victoire a droit à la démence.

Et ces dieux ont raison. Phtos écume. — Oui, dit-il, 235

Ils ont raison. Eau, flamme, éléments, air subtil,

Vous ne vous êtes pas défendus. Votre orage

233-22i. a) Ont, brusquement perces des flèches de l'éther. Subi le guet-apens du fourbe Jupiter, b) Ont, brusquement frappés des flèches de l'éther 337. Les Terrigènes sont remplacés 381 -335. Les heures, en dansant, leur jettent l'avenir.

Ils o.Tt tout. Dans TOlympe, où rien ne doit finir, Où l'étourdissement sans cesse recommence, On rit.

Page 1