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l'autre au sud, et où , faute de s'entendre, l’on meurt en criant, combattant, sans avoir recouvré la vue, ni changé de place. M. Desnotes , comme vous le voyez,
croyait en savoir plus que les autres; pardonnez-lui + cela, car il est mort depuis long-temps , et probable-
ment que , s’il eût vécu de nos jours, il eût changé de manière, vu que nous sommes, comme chacun sait,
4 bien plus avancés, bien plus savants dans toutes ces
belles choses, aujourd'hui qu'autrefois. L'on doit dire
à cependant que, quelque simple qu'ait été M. Desnotes,
1 il avait su acquérir l’estime de tout le monde, ce qui r. Il pou-
naisonétait soignée cl 4 Pourquoi? Ah! ma foi, parce qu'il ne se trouvait pas | heureux, Aussi long-temps qu’il: avait travaillé, il n'a-
vaut bien, à mon avis, la science politique, n’en dé-
| plaise aux célébrités.
Malgré tout cela, M. Desnotes n'était pas heureux.
vait songé qu’à ses occupations , qui l'avaient toujours assez distrait pour le détourner des affections ordinaires du monde : il ne s'était pas marié.
Bien des personnes penseront qu’il aurait dû être heureux justement pour cette raison. M. Desnotes pensait autrement. Que voulez-vous que j'y fasse? Chacun son goût. M. Desnotes se trouvait seul, s’ennuyait, et croyait qu’une épouse serait une distraction; il pouvait tomber malade, et pensait qu’une épouse le soignerait; il aimait à être flatté, prévenu, choyé, et il espérait qu’une épouse serait prévenante , le flatterait , le choierait; enfin pour beaucoup d'autres raisons, parmi lesquelles on doit ranger la curiosité, disposition naturelle à l'homme aussi bien qu’à la femme, M. Desnotes se figurait que le mariage ferait son bonheur. Dès lors il commença à jeter les yeux autour de lui, et chercha quelle serait la personne digne d’embellir ses jours futurs. Comme je n'ai pas encore été marié, je ne donne-
rai pas mon opinion sur cette nouvelle idée de M. Des- #
notes; je laisserai à mes lecteurs clairvoyants et à mes aimables lectrices qui ont connu cet état le soin de la juger, leur recommandant seulement de ne dire leur opinion qu'après y-avoir réfléchi pendant dix ou douze
ans, ou plutôt de ne la dire jamais, de peur de créer 3 une discussion semblable à la politique. telle quel’en- 4
tendait M. Desnotes.
M. Desnotes était embarrassé , car il se disait : Je 1
suis àssez bien seul; mais, si j'épouse une femme qui
n'ait rien, pourrai-je la faire vivre et vivre moi-même # dans l’aisance ? {1 me faut donc trouver une femme qui 4
m'apporte, pour le moins, autant que je possède. D'un # autre côté, si j'épousais une femme riche, m’aimera-t- 4 elle, me flattera-t-elle ? Ah ! tout ceci est fort douteux,
fort embarrassant. Comme on voit, il ne raisonnait pas “ … Voilà
si mal; pour un ancien notaire, ce n’est pas étonnant,
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LÉGENDES CANADIENNESe
Vis-à-vis M. Desnotes, vivait une demoiselle que les personnes qui ne la connaissaient pas décoraient du nom de madame. Soit que ce titre lui fût donné à cause de l'air rangé, distingué, posé, qui la faisait remarquer , elle s’en trouvait flattée lorsqu'il sortait de la bouche de jeunes demoiselles, et il lui déplaisait quand un jeune homme le lui adressait; n'en connaissant pas la raison, je ne puis vous expliquer cette bizarrerie.
Mile Lesattret paraissait vivre assez bien, mais on ne connaissait pas exactement ses moyens d'existence; ce qui ne laissait pas que de créer mille conjectures parmi les voisins et surtout les voisines: selon les unes, elle recevait des rentes d'Angleterre, et appartenait à quelque famille noble ; selon d’auires , ce n'était qu'une ancienne domestique que le testament d'un bon maitre | avait enrichie; les uns prétendaient qu’elle n'avait rien et travaillait secrètement ; d’autres faisaient des conjectures un peu moins charitables; enfin chaque jour faisait naître une nouvelle supposition.
On avait souvent essayé de questionner la vieille gouvernante Marguerite ; mais , chose étonnante ! on n'avait Æ jamais pu tirer d'elle que des inductions vulgaires : 4 c'était à en mourir de dépit. Si quelqu'un entrait chez elle, vite on se rassemblait. « Savez-vous la nouvelle, ma chère? — Non, ma chère, quelle nouvelle? » On se rapprochait, tous les yeux brillaient, les oreilles étaient attentives, et, chose encore plus étonnante, on faisait silence. « Attendez : j'ai vu un monsieur marcher long-temps dans la rue, regarder à droite, à gauche, s'arrêter, marcher encore, et enfin il accosta un petit garçon qui l'écoula, regarda autour de lui, puis parut : lui indiquer la demeure de mademoiselle Lesattret. Il 4 alla frapper à la porte. La vieille gouvernante vint lui ® ouvrir, sembla très joyeuse de le voir, et le fit entrer. Voila déjà long-temps qu'il y est. Je ne sais qu'en pen-
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ser; je n'ai pas pu trouver le petit garçon pour lui demander ce que lui a dit ce monsieur. — C’est bien étonnant, ça! —Oh! il y a quelque chose là-dessous. Mais, dites-moi, ma chère, a-t-il un air..... Jà..... comme il faut ? quelle tournure a-t-il? comment est-il habillé ? — Je vais vous dire ce que je crois, ce n’est pas que je veuille parler contre cette demoiselle... mais......on ne sait pas... il se passe quelquefois... ; enfin Dieu sait tout. D'abord , il a un chapeau gris avec un grand crêpe , ce qui indique qu'il y a quelque mort, et ce pourrait bien être un testament qu'il... ou enfin on ne peut pas savoir. Il porte un habit noir un peu usé. Ce qui me paraît louche surtout, c'est qu'il a des lunettes vertes, et c'est ce qui m'intrigue le plus, car on dit que quelquefois les gens en portent pour cacher leurs yeux : il faut avouer qu’on a bien des ruses! Puis il portait un énorme paquet de papiers attachés d’un ruban rose, ce qui pourrait fort bien être quelque chose d’important ; qu’en pensez-vous? »
Je vais laisser parler mesdames les voisines, qui en auront encore pour long-temps probablement à conjecturer, et je veux vous faire connaître plus particulièrement mademoiselle Lesattret, qui est une personne fort aimable. Elle a près de treste ans. Vous me direz que c'est un âge un peu avancé pour une demoiselle ; je vous "répondrai qu'une femme est encore jeune à cel âge, et qu'on l’est toujours avec un caractère agréable. Pour cette fois, j’aurai de mon côté une bonne partie du beau sexe; ainsi donc, vous avez tort, ne m'’interrompez plus. D'ailleurs , cette demoiselle avait la précaution
de ne jamais dire son âge, et parlait de sa naissance de 4
manière à faire supposer, sans se comprometire, qu'elle approchait des vingt-cinq. Elle chantait bien, s’accompagnait de la guitare , et connaissait le nom des auteurs classiques ; elle avait un certain usage du monde, qui,
fallai
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re, qu'elle , S’accomes auteurs nde, qui,
joint à de l'esprit, attirait l'attention et la rendait très séduisante. Elle avait une petite rente que lui avait laissée un de ses frères : elle ne pouvait q !« vivre bien économiquement ; mais quelques broder: *, qu'elle faisait vendre par sa gouvernante, lui procur...ont les moyens de paraître indépendante. Elle sortait rarement et reccvait peu de visites.
Depuis long-temps M. Desnotes s'était introduit auprès d'elle, lui faisait de régulières visites, et peu à peu s'était trouvé subjugué par ses charmes ; chaque jour il découvrait en elle de nouvelles qualités, et se trouvait de plus en plus attaché à celle qu'il appelait
son amie, mais qu’il eût voulu lier par des nœuds plus
doux encore.
Mile Lesattret paraissait recevoir ses hommages avec plaisir, mais elle n'avait jamais essayé de le lui faire entendre. Vingt fois M. Desnotes partit dans l'intention de lui proposer le mariage, et vingt fois les réflexions pécuniaires étaient venues l'arrêter dans ses projets. Il eût désiré connaître quelles étaient ses véritables ressources; mais, trop délicat pour l’interroger à ce sujet ou trop adroit pour découvrir ses craintes, il différa toujours, espérant qu’un hasard quelconque lui apporterait une fois des lumières exactes sur son amie.
Les fréquentes visites de M. Desnotes à Mlle Lesattret excitaient continuellement aussi le babil des voisines, qui étaient parvenues, à force d'intrigues, de questions , à savoir que le monsieur qu’elles avaient vu entrer chez elle était un ami de la vieille gouvernante, qui était venu lui apporter quelques journaux : car elle aimait à lire, la vieille Marguerite, et, à l'entendre, elle eût voulu changer les destinées du monde entier. Elle était pour l'arbitraire; elle prétendait que les peuples étaient trop insolents et que c'étaient des enfants qu’il fallait mieux fouetter que gâter; elle radotait ; elle …
excusez son âge et ses prétentions. De la cuisine aux marches du trône, chacun veut avoir une opinion ; Marguerite avait la sienne.
M. Desnotes s'était toujours fait remarquer par sa douceur, par sa gaîté et l'aménité de ses manières; mais l'amour (car on ne peut se dissimuler qu'il en ressentait beaucoup pour Mile Lesattret), l'amour avait détruit ce qui jusque alors avait fait le charme de sa vic ; il deviñt brusque, distrait, colère, jaloux ; il passait une partie de son temps à soupirer ; enfin, un véritable amoureux, amant d'autant plus ridicule que ses cheveux grisonnants faisaient supposer un être plus grave. On prétend que l’amour rend aimable; je crois tout le contraire : car je n'ai jamais été plus maussade que lorsque j'aimais, et notez que je fus toujours amoureux.
Un matin donc qu'il était plongé dans des réflexions économico-pécuniarico-matrimoniales , la vieille Marguerite entra dans sa chambre aussi précipitamment que sa marche tremblotante pouvait le lui permettre. Ah! mon bon monsieur Desnotes , venez vite chez ma pauvre maîtresse, elle est à la dernière extrémité. Oh! je crains bien qu’elle ne succombe , car le docteur désespère de sa vie; elle extravague et vous appelle souvent.
M. Desnotes fut exaspéré à ces paroles ; il se leva subitrment, courait dans sa chambre comme un possédé ; il mettait tant de précipitation à s’habiller qu'il endossait son habit avant son gilet, se chaussait d’une botte et d’une pantoufle, et voulait sortir en mettant sa serviette en cravate. La vieille Marguerite était aussi effrayée pour lui que pour sa maîtresse, et, mettant toute modestie de côté, parvint à le convaincre qu'un caleçon n'était pas un costume assez décent pour se rendre chez une demoiselle ; enfin , après mille peines, elle le tranquillisa et l’amena auprès de sa maîtresse.
Me Lesattret ne pouvait d’abord le reconnaître;
cuisine aux nion ; Mar-
uer par sa ières ; mais n ressentait t détruit ce vie ; il depassait une able amour:
heveux grire. On préout le conque lorsque s réflexions ieille Marmment que ettre. Ah!
ma pauvre | je crains sespère de nt.
se leva supossédé ; qu'il endosd'une botte ant sa serit aussi efbttant toute ‘un caleçon endre chez Ile le tran-
connaître ;
mais, après un instant, elle lui dit d’une voix faible et entrecoupée : Ah! cher monsieur Desnotes , vous voici, j'en suis bien satisfaite; je suis mieux. Cependant, comme il faut être préparé à tout, et afin d'éviter les
Æ . discussions que ma mort pourrait occasionner , je veux
régler la distribution de mes biens. Vous sachant un ami de confiance, je vous ai choisi pour écrire mes dernières volontés. Le notaire ouvrait de grands yeux étonnés à chacun de ces mots; il commençait à regretter de n'avoir pas depuis long-temps proposé son union à sa déité. Il renvoya le docteur et la gouvernante, et se disposa tristement à écrire ce qu'on allait lui dicter. Quand il eut fini le préambule de mots barbares qui commence toujours un testament, il la prévint qu'il était prêt.
« Je lègue à ma nièce Joséphine Lesattret, fille de elc., etc., mes quatre maisons situées à New-York, etc. » M. Desnotes était plus que sérieux.
« Je lègue à mon frère John Lesattret la jouissance de vingt mille piastres d'actions de la Banque des Etats-Unis , retournables après sa mort à l’hospice des orphelins, etc. » M. Desnotes se mordait les doigts.
« Je lègue à mon neveu William la possession pleinc et entière du vaisseau le Hope, qu'il commande, etc., etc. » M. Desnotes gémissait tout bas et maudissait les craintes qu’il avait eues ; chaque nouvelle donation était un coup de poignard, chaque legs lui arrachaitun gémissement.
Me Lesattret le remerciait de l'intérêt qu’il semblait
4 | ‘prendre à sa situation, et l’assurait qu’elle se sentait
beaucoup mieux. Il priait avec ferveur pour la conservation de ses jours. Après avoir terminé cette triste cérémonie , il rentra chez lui furieux, désespéré, donna un coup de pied à son chien, qui venait le caresser, déchira son jabot, se brouilla avec deux de ses plus an-
ciens amis, et, pour se distraire de sa douleur, but 4
trois bouteilles de vin, ce qui ne lui était jamais arrivé, Cependant Mlle Lesattret se rétablit peu à peu;
M. Desnotes devint plus attentif que jamais, et, de : crainte de faire naître le soupçon qu'il tenait à la for. 4 tune , ne parla jamais du testament. Son amie n'enfai- : -sait aucune mention, et paraissait s'attacher à lui de 4 manière à lui faire croire qu’elle ne rejetterait pas la
proposition qu'il avait dessein de lui faire, Enfin , lorsqu'il se crut presque sûr de réussir, il résolut de tenter la fortune. Il s’habilla donc aussi co-
quettement que possible, chiffonna trois ou quatre cra # vates blanches avant d'en trouver une arrangée à son 4
goût, essaya deux ou trois culottes , entreprit de s'ar- 4 racher tousles cheveux blancs qu’il apercevait d’abord, .
mais vit bientôt qu’il valait mieux les noircir ; il s’admira durant une demi-heure, et, se tournant etse re-
tournant devant un miroir, il étudia ses phrases, ses #
positions, tâcha de parler, de sourire, sans déceler de
combien de dents sa bouche était en deuil. Enfin il sor- 4 tit, et, arrivé vers l'objet de sa convoitise, il frappa « 4 me le:
trois petits coups, puis entra en sautillant sur la pointe -du pied comme un homme content de lui-même.
Je n’entrerai pas dans les détails d’une proposition de # 4 de Nc " ce su) … attent
mariage : la demoiselle a l'air de balancer, de résister, ‘tandis que son cœur saute de joie; elle fait observer mille considérations, mille obstacles, mille scrupules, mille craintes pour l'avenir ; le monsieur lève toutes les difficultés , fait mille serments ; on finit par se promettre un attachement mutuel, promesse qu'on tiendra aussi long-temps que possible ; enfin une vraie comédie.
Je pense qu'il en fut ainsi de M. Desnotes avec Mile Lesattret. Ce dont je suis sûr, c’est qu’elle consentit à tout, demandant seulement un mois pour sc
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préparer et pour d’autres raisons que j'ignore. Al était
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re. Ilétait
enchanté, ravi, etne soupirait que pour la fin du mois.
En rentrant cnez lui, il trouva tout mesquin; sa maison mal distribuée , les meubles vieillis , les tapis usés , tout cela indigne de la divinité qui devait bientôt l'embellir de sa présence ; il veut changer. Le voilà courant chez les maçons, les menuisiers, les tapissiers ; il les presse, les fait travailler ; l'argent coule dans ses doigts, et avant la fin du mois tout était métamorphosé : rien de plus mignon que cette demeure ; c'était ‘un palais attendant une nouvelle reine.
Les voisines jasaient, questionnaient, jetaient des regards étonnés, furtifs, et faisaient mille conjectures. « IL est devenu fou, disait l’une. — Eh ! non, répondait une autre, je sais de source certaine qu’il a fait un bril- Jant héritage. » Enfin l’on apprit qu’il épousait Mile Lesattret. « Vois-tu? quand je te disais qu’elle est de fa-
% mille noble! — Oh! attendez, on ne sait pas ce qui
pourrait arrivé: . Car on dit... » Quelqu'un entra et arrêta ce char . 1: caquet.
Le beau jour vint et passa: car les beaux jours, comme les tristes, arrivent et fuient aussi rapidement. Huit,
© quinze jours, un, deux mois d’enchantement, s'écoulè- 1 iti d k. q J ? position de «
rent, et Mme Desnotes ne parlait pas de ses propriétés de New-York; monsieur son mari n'osait pas aborder ce sujet, crainte de déplaire. Madäme était caressante,
4 attentive. Monsieur était affable, doux, prévenant ; ce-
pendant il commençait à se tourmenter, car il avait fait des frais considérables : il fallait payer les maçons, les menuisiers , les tapissiers , les meubliers, et madame ne montrait aucun argent. Enfin il résolut d’éclaircir un mystère qui l’inquiétait furieusement et devenait un cauchemar continuel. Il appela donc un jour la bonne Marguerite, la fit entrer dans son cabinet, et, après avoir toussé, craché, s'être retourné, s'être promené,
s'être rassis, et fait tout le manège d’un homme embar. rassé, il se décida à lui adresser la parole.
« Marguerite !
— Monsieur ?
— Ÿ a-t-il long-temps que vous êtes avec votre mattresse ?
—Oh! chermonsieur, jela visnaître. J'étaisbienjeune 4 ‘alors, et dans ce temps-là on trouvait des gens à qui #
parler ; mais à présent on ne sait comment va le monde, et les peuples, voyez-vous...
— Au diable les peuples et le monde ! peu m'importe; je veux savoir si vous avez toujours été auprès d’elle, — Ah! Monsieur, je ne l'ai jamais quittée ; je me
disais : Le monde est si méchant! Car, voyez-vous, le «
monde l’a toujours été ; cependant maintenant je crois que les langues sont encore plus envenimées..……. | — Marguerite ! je vousprie de laisser là vosréflexions et de.me dire ce que je vous ai demandé.
— Oui, Monsieur, je vous disais donc que je ne l'ai jamais quittée : car, après le malheur qui lui arriva, quels
de...
pas. — Son malheur! et il se frappait la tête du poing. — Son malheur ! et il s’arrachait les cheveux. — Son malheur ! eh ! que lui est-il arrivé ?
— Calmez-vous, Monsieur, calmez-vous ! vous êtes trop bon pour vous en fâcher, et l’on doit plus la plaindre que la blâmer , car ce sont de ces accidents...
— Des accidents! à ciel! je le vois, sa réputation est perdue...
— Sa réputation ? oh! allez, non, Monsieur ; elle est
— Son malheur! ah! grand Dieui et M. Desnotes se ! leva précipitamment, parcourut sa chambre à grands #;
4 chaise 1 carme “lui;r 4 les in; étrangers eussent voulu vivre avec elle? Les amis, #. voyez-vous, Monsieur, ne résistent pas au malheur 4
à et res tions une é intacte, et l’on ne peut rien dire contre ma pauvre mai-
mme embar.
c voire mat-
ais bien jeune # S gens à qui :
va le monde,
1 m'importe; uprès d'elle, ittée ; je me
yez-vous, le À Unis ? Oh! je vois qu'on m'a trompé ! volé ! assassiné ! »
nant je crois 4
2S. ...e | rosréflexions
que je ne l’ai arriva, quels
Desnotes se
re à grands à
e du poing.
eux. — Son
s ! vous êtes s la plaindre
a réputalion
ur ; elle est
à et respectable ; elle fut élevée :
tresse ; oh! je vous l’assure, c’est la vertu même, car depuis que nous sommes ici elle a beaucoup travaillé...
— Beaucoup travaillé ! que venez-vous me conter ? Et ses maisons à New-York! Ne sais-je pas?.….
— Oh! je le vois, on l’a calomniée..…... le monde est si méchant! Ces maisons! n’avez-vous pas honte ?
— Ce n'est pas ce que jeux dire ; ses quatre maisons de Broadway, comment sont-elles? quelle valeur ? com-
% bien en retire-t-elle ?
— Ses maisons? je n’en connais...
— Son navire le Hope ?
— Je n’en connais aucun, sinon...
— Ses vingt mille piastres de la banque des Etats-
Et M. Desnotes faisait mille menaces ; l’eau ruisselait
# sur son visage; il serrait les poings et renversait les
2 chaises et les tables. Mme Desnotes, inquiète du va-
4 carme qu'elle entendait, entra et voulut s'approcher de Mlui; mais aussitôt qu'il l’aperçut il proféra contre elle €IS les injures les plus atroces que son imagination indignée
Les amis, au malheur 4
pouvait lui fournir. Elle essaya de le calmer par de douces paroles ; mais il la repoussa toujours, et porta l’exaspération jusqu’à la frapper. Elle sortit en pleurant, et le laissa atterré, accablé de douleur. Cet orage apaisé, il s'assit ; il paraissait interdit, glacé.
Marguerite, le voyant plus tranquille, s'approcha de lui et lui demanda la permission de parler et d'expliquer {la méprise qu’elle commençait à comprendre.
€ Oh! parlez, parlez, je ne puis rien apprendre : de pire.
— Ma pauvre maîtresse est née d'une famille riche e toutes les atten- * tions imaginables, et reçut, comme vous pouvez le voir,
une éducation des plus soignées, Elle perdit, encore pauvre mai- *