FEMME
L y avait une fois deux pauvres gens, mari et femme, qui avaient douze enfants, tous en bas âge. Ils avaient toutes les peines du monde à vivre, si bien que l'homme dit un jour à la femme :
— Il m'est impossible de fournir du pain à tant d'enfants ! Demain, j'emmènerai les deux aînés avec moi au bois, et je tâcherai de les y égarer. Dieu aura pitié d'eux et les conduira, et fera tout pour le mieux.
La mère soupira et ne dit rien.
Les deux aînés étaient un garçon nommé Jean et une fille nommée Jeanne. Jean dormait, pendant que son père et sa mère parlaient ainsi, auprès du feu , et il n'entendit rien ; mais Jeanne ne dormait pas, et elle entendit tout.
Le lendemain matin, le père dit :
— Il y a longtemps que je n'ai été voir ma sœur Marguerite, qui demeure au-delà du bois ;
je veux y aller aujourd'hui, et Jean et Jeanne viendront avec moi. Mettez donc vos habits du dimanche, mes enfants, et disposez-vous à me suivre.
La mère était à carder de Tétoupe, pour filer, et elle ne pouvait retenir ses larmes. Jeanne remplit SQS poches d'étoupe, sans qu'elle s'en aperçût, et ils partirent tous les trois. Quand ils furent dans le bois, qui était très-grand, Jeanne, qui marchait derrière son père et son frère, accrochait des flocons d'étoupe aux buissons, partout où ils passaient.
La nuit vint qu'ils étaient encore dans le bois, et le père dit alors :
— Hélas ! mes pauvres enfants, nous nous sommes égarés, et il faudra passer la nuit id.
Ils s'étendirent tous les trois sur la mousse, au pied d'un grand arbre. Jean, qui était fatigué, s'endormit aussitôt. Jeanne fit semblant de dormir aussi ; mais elle ne dormit pourtant pas. Quand le père crut ses deux enfants bien endormis, il se leva tout doucement et partit. Jeanne l'entendit bien se lever et s'en aller ; mais elle feignit de dormir toujours.
Au matin, quand Jean s'éveilla et qu'il vit que son père n'était plus auprès de lui, il se mit à pleurer.
— Tais-toi, mon frère, lui dit Jeanne, et ne
crains rien, car je saurai te ramener à la maison ; tu verras.
Et en effet, grâce aux flocons d'étoupe qu'elle avait accrochés aux buissons, elle retrouva facilement son chemin, et ils arrivèrent à la maison, vers le soir, portant chacun un fagot de bois sec, qu'ils avaient ramassé dans la forêt. Le père et la mère furent étonnés de les revoir, et la mère ne put s'empêcher de s'écrier :
— Dieu soit loué, les voilà revenus !
Et elle les embrassa tendrement.
Le père dit aussi, mais non de bon cœur :
— Je suis heureux que vous ayez pu trouver la route pour revenir, mes enfants ; je me suis éveillé au milieu de la nuit, et ne vous voyant plus à mes côtés, j'ai craint que les loups vous eussent enlevés, et je me suis mis à votre recherche : où donc étiez-vous ?
— Tais-toi, mauvais père I lui dit si femme ; tu n'en seras pas plus riche pour cela.
Environ quinze jours plus tard, une nuit que les deux époux se chauffaient auprès du feu, les enfants étant couchés, l'homme dit encore :
— Nous ne pouvons pas vivre comme cela I D n'y a pas à dire, il faut prendre quelque mesure ! Demain matin, je retournerai au bois avec les deux aînés.
Jeanne dormait, cette fois, et Jean aussi, et ils n'entendirent rien, ni l'un ni l'autre.
Le lendemain matin, leur père leur dit :
— J'ai un petit voyage à faire, mes enfants, et il faut que vous veniez avec moi tous les deux.
Jeanne, qui se doutait bien de quoi il s'agissait encore, se dit :
— Nous sommes perdus, cette fois, car il n'y a plus d'étoupe !
Cependant, au lieu de manger le pain de son déjeuner, elle le mit dans sa poche, et, quand ils furent dans le bois, elle Témiettait par où elle passait, pensant qu'elle retrouverait ainsi soQ chemin, comme la première fois. Mais bientôt elle n'eut plus de pain, la pauvre enfant ! La nuit vint, et ils se couchèrent encore sur la mousse, au pied d'un arbre, pour attendre le jour. Jeanne se promit bien de ne pas dormir ; mais, hélas ! elle était si fatiguée, qu'elle finit par succomber au sommeil. Quand le père vit qu'ils dormaient tous les deux, il partit tout doucement, comme la première fois, et lorsque les enfants s'éveillèrent, au matin, ils se trouvèrent encore abandonnés. Ils essayèrent de retrouver leur chemin; hélas 1 ce fiit en vain, car les oiseaux avaient mangé les miettes de p^n semées par Jeanne sur son passage, et il n'en restait plus aucune trace. Ils errèrent toute la journée dans le
bois, ayant grand'faim et plus de peur encore ; et quand la nuit revint, ils y étaient toujours. Jean pleurait et se désespérait ; Jeanne avait plus de courage, et s'efforçait de le rassurer. Elle l'aida à monter sur un arbre, pour voir s'il n'apercevrait aucune lumière. Quand il fut au haut de l'arbre, elle lui demanda:
— Ne vois-tu rien, mon frère ?
— Si ! je vois une petite lumière, au loin.
— De quel côté ?
— Là-bas, à gauche, au loin.
— Eh bien ! descends alors, et nous allons marcher vers la lumière.
Jean descendit de l'arbre, et ils marchèrent du côté de la lumière. Ils entendaient les loups hurler de tous côtés, dans le bois, et ils tremblaient de tous leurs membres, les pauvres enfants I Enfin, à force de marcher à travers les ronces et les buissons de houx, qui leur piquaient et déchiraient les jambes et la figure, et les faisaient tomber souvent, ils arrivèrent devant un vieux château entouré de hautes murailles. Ils frappèrent à la porte : Dao ! dao !... Une vieille femme pliée en deux, sur un bâton et aux dents longues, et noires, vint leur ouvrir.
— Bonsoir, grand 'mère, lui dirent-ils.
— Bonsoir, mes enfants, répondit la vieille.
Que cherchez-vous, si tard ?
240 LÉGBMDES CBBdTIBKHB»
— Nons nous sooimes égaiia iauf hiàktM â vous aviez U bonté de noui loger, pou (tàù^ nuit seulement, vous noua rendriec lu. 0Bnà
— Oui, sûremeut, mes pauvre) «ofinui. ;^
entrez vite.
Et ils entrèrent. Quand k vieille let ^ à W lumière :
— Ils sont tout gentils, les mignons I Mgi. atuA j'ai deus enfants, un flls et une fille, et ils vous ressemblent beaucoup i vous lea 'Tenta, du reste. M^ votis avei froid , mea -, pctitt amours ; venez vous chaufier, en attendant VQK^.
Jeanne, en entrant dans la cuisine, \\t sous la table un prédpice, au fond duquel il y avait un moulin 1 rasmrs. La vieille était à préparer le souper. Elle trempa deux ccuclles de soupe, les posa sur la taMe et dit ensuite ;
— Mettez-vous A table, mes mignons, et mangez de la bonne soupe cbaude; cela voua fera du bien.
Jeaime, qui se méfiait d'elle, A cause du moulin à rasoirs, répondit :
— Nous avons encore froid, graiid'mÉre, et si vous le permettez, nous maugeroos uotresoujie auprès du feu. ^^
— Comme vous voudrez, mes mignons.' ^^^M
Et elle leur donna leur soupe à manger auprès du feu.
Le fils et la fille de la vieille vinrent alors, et ils se mirent à table et mangèrent de la soupe, dans un grand baquet ; puis chacun d'eux mangea encore un mouton tout entier. Quand ils eurent fini de manger, la vieille dit :
— A présent, mes mignons, il faut aller se coucher ; mais comme je n'ai pas un lit à donner à chacun de vous, vous coucherez avec mes enfants, deux à deux.
Et elle les conduisit à la chambre de ses enfants, et leur donna à chacun un bonnet rouge, pour se mettre sur la tête. Ses enfants avaient des bonnets blancs. Jean coucha avec le fils de la vieille, et Jeanne avec sa fille. Mais Jeanne se garda bien de dormir, et quand elle entendit ronfler les enfants de la vieille, elle échangea son bonnet rouge contre le bonnet blanc de sa compagne de lit, et dit à son frère d'en faire autant.
Peu après, le maître du château, qui était un ronfle (i), arriva à la maison. En entrant, il huma Taîr et dit :
— Qu'y a-t-il de nouveau, femme? Je sens odeur de chrétien, et il faut que j'en mange I
^i) Le mot 'breton ronfl signifie ogre.
LÉGBMDES CBRÉTIBNHSS
— Ne parlez pas n haut, et aytt na fca ie
patience.
— Qji'est-ce que e'est, femme JOisa-tiuA, vîte.
— Eh bien! j'ai logé deux petits chrétieDB, les plus gentils du monde. - ■'
— Deux petits chrétiens I Oùsont-^la? Jeveni. les manger tout de suite. <
— Mais prenez donc patience un peu, von ^s-je ; ils sont couchés avec les enfants, et don^ matin, nous les mangerons à déjràner.
" Oui, nous les mangerons i notre d^eflacti mais je veus leur couper la tète tout de toits, et les mettre à cuire dans la mannite, afin Sta CM plus sûr.
Et il prit un grand coutelas, moiit^ à la chambiçt^ de ses enfants et trancha, sans hésiter, les deut 4 têtes qui portûent des boimets rouges ; puis il 1 descendit avec les corps et les tfitcs tout sanglants^, et les jeta dans une grande mannitc, t^ui dtait le feu, en disam avec un rire féroce ;
— Ah I ah I ah I le boH déjeûner que a ferons demain matin,!
Ensuite il soupa, mangea un bœuf entier a sa femme, but une demi-barriqiie de vin et ; alots se coucher, en songeant i son déjeÛBcr éî
Dès qu'il fit jour, Jeanne se leva et fit La lefoa i son frère. EUe lui dit :
— Uogresse nous a dit que nous ressemblions à ses enfants ; eh bien ! mettons leurs habits, et faisons comme si nous étions en effet leurs enfants ; ils sont si sots, qu'ils ne s'apercevront de rien.
Jean revêtit donc les habits du petit ogre, Jeanne ceux de la petite ogresse, et ils descendirent et dirent :
— Bonjour, père I bonjour, mère ! et les embrassèrent.
Les deux monstres, qui ne songeaient qu'au bon déjeûner qu'ils se promettaient de faire, ne s'aperçurent de rien.
Jean et Jeanne se rendirent alors dans la cour du château et se mirent à regarder dans le puits, qui était très-profond. Et les voilà de crier tout à coup :
— Oh 1 oh 1 que c'est donc beau ! Venez voir ça, père et mère ! Venez vite, vite I...
Et les deux vieux accoururent et se penchèrent sur la margelle du puits. Alors Jean et Jeanne leur prirent les pieds par derrière et les précipitèrent dedans. Puis ils comblèrent le puits, en y jetant des pierres, des bûches et tout ce qui leur tombait sous la main. Les voilà, à présent, seuls maîtres dans le château (i).
(i) Jusqu'ici, c'est le conte du Petit-Poucet de Perrault, avec
LÉGENDES CHKÏTIBHNIt
Jeanne avait i présent dli-oeuf ia>, et Jean vingt ans. Ils finirent par s'eimuyer d'être' ttojours seuls dans ce beau château. Usa ^'U» n'y manquassent de rien, et Jean voulut te marim Jt se maria donc à k plus riche héritière do Jê^ et il y eut une noce magnifique.
. Le frère et la sceur se paitagirent le "h'Tfi'i avec ses dépendances, en deux parts -égalca» a chacun d'eus se retira chei soi et tint maiam-.k part. Ils avaient aussi chacun un petit dden, ^i^ aimaient beaucoup, et chacun d'eus g«rd>.MM petit chien. .,. .
Four être aiiui séparés, le ftëre et la «T^ w s'en aimaient pas moins, et ils se voyaient C( jours. Jean allait souvent i la chasse, ei son premier soin, en rentrant, était d'aller voir Jeanne et de partager avec eUe le produii Mais sa femme ne tarda pas ^ devenir jabus sa belle-sœur, et die chercha â se débarrasser
lie, par tous les moyens possibles. Elle s'endit avec un de ses domestiques pour tuer le s beau cheval des écuries de son mari, celui il aimait par dessus tous les autres, et lui faire î que c'était sa sœur qui l'avait fait tuer, par lice contre lui.
Jn soir que Jean rentrait de la chasse, selon habitude, on lui apprit la mort de son cheval, n fut très-affecté.
- Comment cela est-il arrivé? demanda-t-il.
- Comment? lui répondit sa femme; c'est re sœur qui l'a fait tuer par un de ses nmes, par méchanceté, parce qu'elle savait que s l'aimiez par dessus tous vos autres chevaux.
- Cela n'est pas possible ! répondit-il.
- Ce n'est pas possible ? Ah ! vous ne savez tout le mal qu'elle vous veut, celle-là I
îan se rendit auprès de sa sœur et lui dit :
- Est-il possible, ma sœur, que tu aies fait • mon meilleur cheval ?
- Comment peux-tu croire cela, mon frère ?
- Bah I ce n'est pas la mort d'un cheval qui tra jamais la désunion entre ma sœur et moi ; 1 n'en soit donc plus question.
t il laissa dire sa fenmie et ne l' écouta pas ce sujet.
. quelques jours de là, comme il rentrait )re de la chasse, sa femme lui dit :
246 LÉGEKDES CHRÉTIBNNBS
— Votre petit chien, que vous aimia tuttt'eal; morti 'i ■
— Mon pauvre petit diien 1 s'écria Jeatu, txèjipeiné. Gïmment donc cela est-il arrivé ^ ;■''■•■
— Comment? Vous n'avez pas besoin dft 4e demander : c'est celle qui a £iit tuer mxre cfaevtf favori qui a aussi ùàx tuer votre petit cfalen. Ah I vous avez là une sœur qui vous aime Uen^ comnMT vous le dites !
— Oui, certainement ma sœur m'aimc^ et ]e ne puis croire que ce que vous (Êtes soit mm. »-'
Et il se rendit encore aupeès de sa sœqr crW dit: .-— ^-
— Tu sais, ma sœur, que mon paovie ypk chien, que j*aimais tant, est inort. ' « -^
•— Et l'on t'a dit que c'est vaxn qui 1 fait mettre à mort, comme ton cheval»
pas ? Âh I mon pauvre frère,* sois o ne suis pour rien m dans la mort de to ni dans celle de ton chien.
peux -tu avoir seulement des se moi ?
— Bah I n'en parlons plus ; ce mort d'un chien ou d'tm cheval < chera de nous aimer toujours, sœur.
Et il s'en alla. rj
Une troisième fois, comme il
îse, sa femme lui cria, du plus loin qu'elle 2rçut :
- Ah ! malheureux père ! et moi, malheureuse e ! Accours vite, viens voir !...
îan se hâta de monter à la chambre de sa me.
- Tenez ! lui cria-t-elle, voyez Tœuvre de e sœur chérie !...
t elle lui montrait, dans son berceau, son enmort et tout sanglant, avec un poignard dans
:oeur. Et c'était son œuvre à elle-même, le
istre I Elle avait tué son enfant, par haine
Te sa belle-sœur !
ian, fou de colère et de douleur, prit son sabre
ourut chez sa sœur. Il se précipita sur elle, sans un mot, et d'un coup il lui abattit un bras.
:anne lui tendit alors son autre bras en
nt :
- Oh ! mon frère !... tu peux en faire autant ;elui-là aussi.
t, d'un second coup de sabre, il lui abattit i l'autre bras.
- A présent, mon frère, reprit Jeanne, sans se adre, porte-moi dans le bois, et laisse-moi là irir tranquillement.
la prit à bras le corps et la porta dans le , où il la déposa dans un vieux chêne creux ; il retourna à la maison.
Mais une épine entra, en ce moment, dans pied et lui fit pousser un cri de douleur. Sa s dit alors :
— Puisse cette épine ne sortir de ton pied lorsque j'aurai des bras et des mains pour Tg tirer moi-même !
En arrivant à la maison, Jean fut forcé < mettre au lit, tant il souffirait, et d'appeler médecins. Mais aucun médecin ne put ext Tépine, et son pied et toute sa jambe enfla se gâtaient tous les jours de plus en plus.
Cependant la pauvre Jeanne était toujours son arbre creux, au bois, et personne ne l'y ; voir et ne lui portait secours. Seul, son chien lui était resté fidèle. Il léchait ses blés; avec sa langue et allait tous les jours mei quelques morceaux de pain et de viande dan château voisin, et rapportait à sa maîtresse ce qu'on lui donnait; il l'empêchait ains mourir de faim.
Le fils du seigneur du château où le petit c allait chercher de la nourriture, étonné de qu'il emportait tout ce qu'on lui donnait, et ne mangeait rien sur place, voulut le ; un jour. Mais, arrivé dans le bois, il le perd vue, et il lui fallut s'en retourner sans savo; il allait.
Il y avait deux ans que Jeanne était ainsi s
donnée dans son arbre creux, ne vivant que de ce que lui apportait son petit chien, lorsque le jeune seigneur, chassant un jour dans ce bois, se trouva auprès du chêne. Il resta immobile d'étonnement en y voyant une femme sans bras et n'ayant d'autres vêtements que ses cheveux, qui lui tombaient jusqu'aux pieds. Le petit chien, qu'il reconnut facilement, lui mettait dans la bouche des morceaux de pain, qu'elle mangeait avec avidité, car elle paraissait avoir grand'faim. Il s'approcha et dit :
— Est-ce un animal ou une chrétienne que je vois?
— Je suis une chrétienne, répondit Jeanne, la plus malheureuse des femmes, mutilée, comme vous le voyez, et abandonnée de tout le monde, excepté de ce pauvre petit animal qui, seul, avec Dieu, m'a empêchée de mourir de faim, depuis deux ans que je suis ici, dans l'état pitoyable que vous voyez.
Le jeune seigneur sentit son cœur touché d'une grande compassion pour tant d'infortune, et il la prit sur son dos et la porta chez son père. Là, on la lava, on lui coupa les cheveux, et on l'habilla. C'était encore une fort jolie femme ; mais, hélas ! elle n'avait pas de bras I Le jeune seigneur devint pourtant amoureux d'elle, en voyant son esprit et sa douceur, car elle ne se plaignait jamais, et il
250 LéGBMDBS CHKÂTIEMKBS
voulut l'épouser. Son pire et sa mère n^ nimtt. pas obstacle, et les noces furent câOréc^ paa ; après, avec beaucoup de solennité.
Cependant le jeune ^)0ux fi» appdé, MM tarder, â la cour du roi, A Paris, car loii laagi l'obligeait i être auprès du n». H partk à >qpCS|-, laissant sa femme chez son père, car A nt «on-:, l^t pas paraître i la conr avec une léniinc Mn| ; bras.
Au bout de neuf mois de mariage, Jeanee mit au monde deus jumeaux, un gxrçcai et mi* Skk. deux en&nts superbes. On dépêcha im DMoager,^ avec une lettre, pour annnnnr llienreaM B(k^ velle au pèie. C'était au plus fort de l'Uvei. I^ti messager devait passer i. la porte du château où demeurait le frère de Jeanne. La femme de Jean le vit de sa fenêtre, et elle lui demanda :
— Où aller-vous ainsi, mon brave homme?
— Je vais A Paris, porter une lettre à mon maître, pour lui annoncer que sa femme est heureusement accouchée de deux beaux enfants.
— Ah I oui, vraiment I ÎAaàf entrez un peu.
pour vous chaufier et boire un verre de vin ; le temps est û frddl cela vous donnera du courage pour marcher, car vous n'èics pas près de Paris,
Le messager entra, et la méchaute femme lui donna ua soporifique, qui k plongea dans un
profond sommeil ; puis elle prit sa lettre, sur laquelle on faisait connaître au père Theureux accouchement de sa femme, et on le priait de venir à la maison, si cela lui était possible, pour faire baptiser ses deux enfants. Elle faillit crever de rage, quand elle apprit que sa victime vivait encore, et qu'elle était bien mariée et mère. Elle substitua à la première lettre une autre, où elle informait le jeune seigneur que sa femme était accouchée d'un chien et d'un chat, et demandait ce qu'il fallait faire de la mère et de ses étranges enfants,
Qjiand le messager s'éveilla, il partit, emportant cette lettre et ne se doutant de rien.
Le pauvre père, la douleur dans l'âme, répondit qu'il fallait Wen traiter la mère et ses enfants, et se résigner à la volonté de Dieu.
Le messager s'en retourna avec cette lettre.
Quand il passa devant le château de Jean, sa femme, qui guettait son retour, descendit de sa chambre dès qu'elle l'aperçut, et le pria encore d'entrer, pour manger un morceau, boire un verre de vin et lui donner des nouvelles de son maître.
Le messager entra. On l'endormit, comme la première fois, avec un soporifique, et on lui prit sa lettre, et on lui en substitua une autre adressée au père et à la mère du jeune seigneur, qui leur recommandait de brûler immédiatement la mère
252 LEGENDES CJtEÉTIBMMBS
et ses detui créatures. H ajoutait qaH
sans tarder à la maisoci, pour voir- Âi «."Ofdit»
auraient été exécutés.
Quand la vieille dame lut cette. lottEty elfe £ûllit en perdre l'esprit, de colère et' d'i&digBft^ tion :
•— Ahl l'homme sans cœurl s'écitt-b-dk^ s'il était làih...
Et elle montrait le poing.
Jeanne finit par avoir coanaissaïKe du cftftiww!de la lettre, et son cœur en fiit ntv^. BSe-4it à sa belle-mère :
— Faites-moi Êdre un bissac; on y placenjpnêft deux enfants, un dans chaque bout, pmsoainctte mettra sur l'épaule, et vous me laisserei alkrafiili^. à la grâce de Dieu. : '- -
La belle-mère ne voulut d'abord pat; Jeanne insista tant, qu'on finit par &ée..
elle souhaitait, puis, les larmes aux jreus»
^Qs adieux à sa belle^mère, à son tous les gens de la maiscoi, qui l-i elle partit. Mais, héla&I n'ayant pts:
ne pouvait donner à téter à ses enfinil^-'Mt Bt pleuraient, les pauvres petits, et k u a u flA^A mère se brisait de douleur. \- «ï&à^^*
Elle arriva à une fontaine, au bote et comme elle avait grand aoii^.lili boire. Mais quand elle se pendhillJttîkl;
taine, le bout de devant du bissac trempait dans Teau, et elle ne pouvait boire, sans risquer de noyer son enfant. Alors une belle dame, toute resplendissante de lumière, apparut à côté d'elle et lui dit :
— Vous voilà bien embarrassée, ma pauvre femme! .
— Oui, vraiment, madame. Je meurs de soif, et je n'ose boire, de peur de noyer mon enfant de devant.
— Je vous aiderai, ma pauvre femme.
Et, avec une baguette blanche qu'elle avait à la main, la belle dame toucha l'épaule droite de Jeanne, et aussitôt il lui poussa un bras et une main de ce côté.
— Oh ! soyez bénie à jamais ! s'écria l'infortunée, car à présent je pourrai du moins donner à téter à mes pauvres enfants !
La dame la toucha de sa baguette à l'épaule gauche, et il lui poussa encore un bras avec sa main de ce côté.
Et Jeanne remercia de nouveau, en pleurant de joie et de reconnaissance.
— Vous ne savez pas qui je suis, ma fille ? lui dit alors la belle dame.
— Non, vraiment, à moins que vous ne soyez la sainte Vierge !
— Je ne suis pas la sainte Vierge, mais bien la
2;4 l-â6EtIDE8 CBXÉTIBNMB»
vieille sordire que vous avez jerëe dltU' 1«- pwtl de son château, et que voiu aoyiei ua» 4owe morte pour jamais ; — ne vous en samtoefrVfut pasï — Comme vous avei été toujouni sttge et bonne, et que vous avez beaucoup soufiert»- je s«i» venue à votre secours (i). Prenei nu- baguette blanche ; &appez-en vous-mâme trois coup* onr I» terre, là oii vous êtes, et vous venec ce qui. axàr
Jeanne prit la baguette blanche, en fr^j^itroîs coups sur la teire, et aus^tAt il s'Ûcth, pe enchantement, Â l'endroit mËme, une ji^. fC^ÊB chaumière, avec tout ce qu'il allait pour n» xmr deste ménage. La belle dame dispamt idon,,.' ,- ;.(.
Jeanne entra, tout heureuse, dans k.«l|HFmière, et son premier soin, X préseQt qu'dle.wtit des bras, fut d'essayer de donner i titcr fcira eu&nts. Mais, béias 1 die n'»«t plus in hûhjftli ce moment, une Wche aux m a mdk s gçeMth dv lait entra dans la maison et se mil ^i jouer avec les deux enfants, et ceux-ci se nurcnt i la \iia, aussi naturellement que si c'eût étc leui' mt-rt:. Et la biche vint, dans la suite, deox fois par jour pré-
ctiie occasion 11 uîuit V!ergtflB'iiM3o[iiire, ^ni n'i naUemail A peut'ËIre altért ce pauÉge. Qpol qu'il en »ii, je danne STOpa-
senter sa mamelle aux enfants, puis elle allait courir et paître par le bois.
Mais laissons, pour un moment, Jeanne et ses enfants, à présent qu'il ne leur manque rien, et allons voir ce qui se passe chez sa belle-mère.
Quand le jeune seigneur arriva à la maison, il demanda aussitôt des nouvelles de sa femme et des deux créatures que Dieu lui avait données.
— Comment, méchant, homme sans entrailles, lui répondit sa mère, oses-tu me parler encore de ta femme, après avoir donné Tordre de la brûler avec ses deux enfants, la plus sage des femmes, et les deux plus jolis enfants que j*aie jamais vus ?
— Que dites- vous là, ma mère? Pouvez- vous donc croire que j*aie pu jamais donner un ordre si barbare et si inhumain, moi qui aime tant ma femme ? Je n'ai rien écrit de semblable, je le jure, et il doit y avoir en tout ceci quelque infâme trahison. Où est ma femme ? dites-moi vite !
— Elle est partie, à la grâce de Dieu, avec ses deux enfants, dans la crainte de te voir arriver, pour assister à son supplice, comme tu l'en menaçais. Lis cette lettre...
Jean lut la lettre, et il s'écria aussitôt :
— Mais ce n'est pas là mon écriture, ma mère !... O trahison diabolique! Ne pourrai-je donc pas me venger? Qui a pu écrire cette
2$6 LÉGJBJfDSS CHRI&TIBIIHBS *
Iett3:e ?... Mais ma femme est donc afcmiché» de deux enfants, et non de....
— Oui, deux en£ints, un garçon et nue fille, les deux plus beaux petits anges que j'aie jmnais vus.
— Ah 1 je fais sennent de ne jamais m'anter ni dormir sous aucun toit, jusqu'à ce que )*ûe retrouvé ma femme et mes en&nts I.,.
Et il se mit aus^tôt en route. — Il vs, il va, nuit et jour, toujours plus loin... plus Icnn Cficoce» demandant partout des nouvelles de sa fiemme et de ses en£uits. Hélas I personne ne les avait vos» ni entendu parler d'eux.
II y avait déjà quatre ans qu'il voyageait par terre et par mer, dans tous les pays, et il ooni* mençait à désespérer, lorsqu'il entra,^ on eoii^ vers le coucher du soleil, dans le Ms Ok m trouvait Jeanne avec ses en£mts. H 4pep|pt ae chaumière : .:i .
— Je n'en puis plus I se dit-îL H .£i«(i4BI^ Jft demande encore dans cette chaonrifafwi Diâl n'aura-t-il pas enfin pitié de moi ? ..'.... ; ,
Jeanne était sur le seuil de sa p deux en£uits, qui jouaient avec prêcha d'elle et lui demanda : f m
— N'avez-vous pas vu passes femme sans bras, portant deux ] s un bissac ?
Elle le reconnut sans peine ; mais, maîtrisant son émotion, elle répondit :
— Non, vraiment, mon brave homme.
— Hélas ! mon Dieu, je ne les retrouverai donc pas ! Ayez la bonté de me donner un peu d'eau, je vous prie, pour que je me remette encore en route.
— Vous paraissez bien fatigué, mon pauvre homme; entrez, et asseyez-vous un peu pour vous reposer, puis vous irez encore.
— Oui, je suis bien fatigué, en effet; il y a si longtemps que je marche, sans me reposer sous aucun toit 1
Et il s'assit sur le coin de la pierre du foyer et s'endormit aussitôt. Les enfants s'étaient approchés de lui, et ils le regardaient avec curiosité et en silence. Son chapeau tomba de dessus sa tête, «t le petit garçon s'écria :
— Le chapeau de mon père est tombé dans le feu!
Et la petite fille le prit promptement, en disant :
— Je ne laisserai pas brûler le chapeau de mon père 1
Et elle le lui remit sur la tête. Le voyageur s'éveilla en entendant prononcer ce doux nom de père, et il s'écria :
— Ah ! chers petits enfants, que je voudrais II 17
258 LÉ6EKDES CHRÉTIBNHBS
donc que vous eussiez dit vrai, et que {e auprès de ma femme et de mes enÊuits 1 Parmeir tez-moi de passer la nuit ici, sur la ykm do foyer, car je ne sais quoi me retioit tlans cette chaumière ; je sens mon sang qui s'échauffe et qui parle....
— Oui, avec plaisir, mon pauvre hommes répondit la mère ; vous paraissez A îitàgaé et si malheureux ! • - .
Et il passa la nuit dans la chaumière, la première nuit qu'il eût passée sous un toh depuis quatre ans 1
Le lendemain matin, aussitôt Iç soleil le dit : -
— Il faut que je me remette en route. El tant je quitte à regret cette chaumière petits enfants si gentils, et qui m'ont q>]
père, les pauvres innocents I ...»
— N'allez pas plus loin, lui cria alors car ces enfants sont bien les vôtres, et m votre femme !
Et elle lui sauta au cou pour 1 1 ils pleurèrent longtemps de joie de s'être retrouvés. Ils retoui les quatre, à la maison, et il y eut un pour célébrer leur retour.
Cependant, la femme de Jean a] vivait encore, et qu'elle était heu
mari et ses enfants. Elle faillit en crever de colère et de rage, et elle s'écria :
— Laissez faire ; ils auront encore affaire à moi !
Elle envoya une lettre à sa belle-sœur, pour la prier de venir dîner au château avec son mari, et faire visite à son frère, qui était toujours malade et retenu au lit par son pied, qui était, à présent, horrible à voir.
— Oui, dit Jeanne, quand elle eut lu la lettre, il faut que j'aille, à présent, voir mon frère, pour lui retirer l'épine du pied et le guérir, comme je le lui avais promis, quand j'aurais retrouvé mes deux bras qu'il m'avait coupés.
Elle se rendit donc avec son mari à l'invitation de sa belle-sœur. Les enfants restèrent à la maison.
— Te voilà donc, ma pauvre sœur, toi que j'ai traitée d'une façon si barbare et si inhumaine ! s'écria Jean en revoyant Jeanne.
— Oui, mon pauvre frère ; je viens pour te guérir et mettre un terme à tes souffrances, car toi aussi tu as beaucoup souffert.
Et elle s'approcha de son lit, l'embrassa tendre» ment, puis elle retira sans difficulté l'épine de son pied, et aussitôt il se trouva guéri.
Cependant la méchante belle-sœur dépêcha deux domestiques chez Jeanne, avec ordre de tuer
26o LÉGENDES CHRÉTIENNE
ses deux enfants, en l'absence du pte et. de te mère, et de lui apporter leurs €ceiiis« Les ileex hommes, ayant été bien payés, partiitot. Qpand ils arrivèrent au château, les deux en£uits y*Mfm dans la cour ; mais, dès qu'ils «perçaient ces envoyés à mauvaise mine, ils coururent ae Cftcber dans la maison. Les deux assàsaiin, de savoir comment s'y prendre pour leur besogne, se disaient entre eux :
— Que ferons-nous? demanda Tua. . .
— Les tuer, répondit l'autre, puSaque noas avons reçu l'argent.
— Je n'aurai jamais le cœur de tuer vres petits en£mts; ils sont si gentils 1 premier.
— Comment, tu reculés déjà ? Tù^ gent, et il faut fahre l'ouvrage ; je ne voii moi ! dit le second.
— Mais il nous serait plus h deux chiens que voilà, et de po notre maîtresse ; elle n'en saura a, d'un enfant et celui d'un chien,
près la même chose.
— Cela est en e£fet plus £idle et gereux, répondit l'autre; tuons chiens.
Ils tuèrent les deux chiens, dt qui avait accompagné Jeanne ^
ît nourrie, et portèrent leurs cœurs, en toute e, à la méchante femme. Celle-ci les fit immétement cuire et arranger à une sauce au beurre lux oignons, pour les servir à manger à sa le-sœur et à son beau-frère.
2pand on fut à table, elle dit :
- Voici, chère belle-sœur, un mets comme is n'en avez jamais mangé ; je Tai préparé i-même et tout exprès pour vous et votre mari ; Qgez-en donc, et vous me direz ensuite ce que \s en penserez.
eanne mangea, sans méfiance.
- Eh bien ! comment le trouvez-vous, ma e-sœur ? demanda la méchante.
- C'est excellent, en vérité, répondit Jeanne.
- Eh bien ! mangez-en encore, et vous aussi, r beau-frère ; il faut que vous le mangiez tout 3us deux, puisque vous le trouvez si bon.
it ils mangèrent de bon appétit. Puis, quand e resta plus rien dans le plat, la diablesse dit, »uriant d'un air féroce :
- Eh bien ! il faut que je vous dise, à présent, ^uoi était fait ce mets que vous avez trouvé si deux : vous venez de manger les cœurs de
deux enfants! 1...
in entendant ces mots, Jeanne tomba à terre, ime morte, et son mari saisit un couteau pour îlonger dans le cœur du monstre. Mais â
262 LÉGEN'DES CHRÉTIENNES
r instant même on entendit un coup de tonnerre épouvantable, et la foudre tomba sur la méchame femme et la réduisit en cendres, sans £ûre de mal à aucun autre de ceux qui se trouvaient là.
Los enfants, qui avaient entendu l'efiErayant coup de tonnerre, accoururent au château, craignant qu'il fût arrivé malheur à leur père et à kur mère, et vous pouvez juger quelle fut alors U joie de ceux-ci de les revoir en vie, et ssdns et saufs.
Et maintenant que la méchante femme, le démon qui les persécutait, avait été précipitée aa fond de l'enfer, ils vécurent tranquilles et heureux, le reste de leurs jours (i).
(Conté par Marguerite Philippe, novembre 1869.)
(i) Le recueil de M. Paul Sébillot (Cotttes papuUiret ie h Haute-Bretagne) contient une version intéressante du même oootei sous le titre de La Fille aux bras coupés, page zo$.
Dans la Clé des champs ou les enfants parisiens en provênUf àt }A\^^ Marguerite de Belz, on trouve aussi un conte provaunt <k la Comouailles, et dans lequel il «st question d*une jenne fiOe que son frère a abandonnée dans la forêt, après loi «Yoir 001^ les doux bras. Il en est puni, car une épine qui lui est entrée dans le pied devient un grand arbre. La soeur, après diverKS aventures, revient chez son frère et lui enlève l'épine dertfo^ monstrueuse.
Dans une légende qu'on lit dans les Veillées allemandes des frùrcs Grimm, volume II, page 120 de la traduction de M. Héritier de l'Ain, 1838, et qui semble empruntée à Vincent de Be«nvais,
ou attribue à Hildegarde, une des femmes de Charlemagne, une aventure qui, sur certains points, ressemble à celles de la Bonne femme de nos contes bretons. Il y est dit, en eflfet, que Talaud,, frère de Cbarlemagne, pendant une des fréquentes absences du ^and empereur, essaya de séduire Hildegarde. Mais celle-ci résista, renferma Talaud dans une tour et, au retour de Cbarlemagne, Talaud l'accusa d'avoir mené une vie déréglée et scandaleuse. Cbarlemagne ordonna à ses serviteurs de la conduire dans une forêt et de l'y abandonner, après lui avoir arraché les deux yeux. Un noble chevalier rencontre la reine avec ses deux bourreaux, la délivre de leurs mains et leur donne son chien, à qui ils arrachent les yeux pour les porter au roi, «n signe de l'accomplissement de son ordre.
Hildegarde se réfugia à Rome, où elle étudia la médecine et y acquit une grande célébrité.
Cependant, Dieu punit Talaud par la cécité et la lèpre, et personne ne pouvait le guérir. Cbarlemagne alla avec lui à Rome consulter Hildegarde, sans qu'ils la reconnussent. Talaud confessa son crime au pape, et Hildegarde le guérit alors, et Cbarlemagne la reprit pour épouse.
Un mystère breton en trois actes et en vers, intitulé la Vie de sainte Hélène^ offre aussi des ressemblances avec notre conte, qui semble l'avoir inspiré. Ce mystère a été imprimé en 1862, chez LegofBc, à Lannion ; mais, longtemps avant cette époque, on le trouvait à l'état de manuscrit et de tradition orale, dans les fermes et les manoirs de l'arrondissement de Lannion.
Dans la première livraison de W Revue de Vhtsioîre des religions^ 1880, page 141 et suivantes, M. Julien Vinson donne l'analyse d'un mystère basque roulant sur le même sujet, avec les mêmes ressorts, portant aussi le titre de Sainte Hélène^ et qui a également de nombreux rapports avec notre conte.
Les aventures si connues de Geneviève de Brabant ne sont pas aussi sans quelques ressemblances avec lui, ainsi que celles du Sir« de Couci et de la Dame de Fayel, Gabrielle de Vergy.
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