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Cétait ici : l'enfaDt comptait seize ans I pêfnt; Et depuis tantôt huit qu'il était à Brienne,
U D*av3it pas revu, fendant les flots amer§, Son Ile de granit qui dort au sein îles mers. Donc il était parfois siiencieux et triste, Comme l'a foil le bronze et Ta tèwé l'artiste.
Un long hiver planait sur ces murs froids et nu». Les .pauvre» éeoUert en desie retenas» > Pour diailper on peu renniii qol les amtége»
Regàrdaleot dans les cours s'amonceler la'nélgAi
Une voix tout-à-coup dans les ranps éclata :
« CamaradeSf à nous d'autres jeux qn<» ( eux -là!
» La guerre nous attend ; formons-nous à ia guerre. >
II dit, et secouant une indigne poussière»
Au milieu de la cour, il a*élaiice : on le suit.
Les matires étonnés du tumulte et du bruit.
Se demandent quel est ce général imberbe,
Qui rommnnfle en vainqueur à de<î héros en heri}^.
On creuse de-* fossés, on bàlil des remparts;
L'Ecule se divise en deux égales parts
Qni» se donnant carrière, et mesurant l'espace,
Attaquent tour à tour et défendent la place.
Tour à tour, ces enfants sont raincus on vainqueurs.
Un sourtlp belliqueux a passé dans leurs cœurs;
La poudre, non, la neige aux mains adolescente»
Se pélrit, et boulets, bombes éblouissantes
De voler, d'éclatei;, de frapper. An. miUea«
L'invincible guerrier» comme un roi, comme un Dieu,
Car il a pris soudain une plus baulo taille,
Paraissait à son ^ré çronvprner la hntnillc.
Son geste impétueux ci sou coup-U'œil hardi
Réglait ou devinait la manœuvre. On eût dit
Qu'il voyait devant lui deas vaillantes arméei
D'une égale Ibreor eu combat «nimées;
Qu*il entendait le choc des nombreux bataillons,
Et que, comme un torrent qui con!e k gros bouillolls»
Son bras Iréie, étendit sur un enifuro immense,
Allait précipiter ies soldais de la i rance.
Qtinnd Dieu les a marqués pour ses décrets lointains* J^s grands hommes ainsi pressentent leurs destins.
El lortqoe ta prooMiM «it de teffet tolTie, L*hUtoire, avec amoor loterfoge«Dt leur vie, Sigutto cet débats, et reconnaît en eux D*uil avenir r<»rlnin !es <i^rvcs [glorieux.
Ainsi, quand pour calmer sa sublime tristesse L'exil lui rappelait les jours de sa jeunesse, La héroa ionriail i ces combats d'enfants, Prélade glorieux df lai jours triomphants.
C'était encore ici ; l'Europe tout entière.
De l'Empire ébranlé renversant U barrière, S'élance, et, comme un fleuve en cent lieux dâtordé.
Remplit d'uD flot vainqueur le pays inosdé* Atliia revienl-il aux plaines de Champao:ne?
Voici les jours mauvais, la Jei luère campagne. Où comme un lier iiou sous le iiombro accablé. Trahi, mais non vaincu, par la peur immolé, Défendaut pied à pied son empire et sa gloire, . Et de chaque combat Taisant une victoire, î ■'Kmperciir se «oiitienl par sa seule vnleur, Et s'élcYc en loinbanl, grandi par le malheur,
Le voici ! sur sa tète ont passé les années; Il porte sans ffôrhir le poids des destinées. C'est le même repard, son geste ost anssi sûr. El, comme jeune encore il semblait déjà mûr, Mûr de jours et de gloire, il parait jeune encore; Son front, pflta on moment, s'anime et se colore : Qu*a-l il vu ? quel objet ou sombre ou radieux. Nuage, éclair soudain, passe devant ses yeux?
11 a vu dans ces murs où, calme et solitaire, Sa Jeunesse coula dans le travail austère.
Au pied do ce chAlean, $ous ces ombrages verts, On l'histoire à la main par les sentiers déserts, l-.niant, il évoquait les héros du vieux âge, fit des mâles vertus faisait Tappreotissage, il a vu rennemi fier, cruel, insultant.
Qui plante son drapeau, se retranehe et raHend.
L'ennemi ! l'ennemi sur U terre de France!
A Briennel au berceau sacré de son enfance!
0 vengeance! qui peut désormais le tenir?
Ab! la foudre est moins prompte à frapper et punir.
Ils sont vaincus : partoul la mort ou la retraite, liais la f illa iMiera l«ar Moglaote déraita. Pour cacher la cheaaia par lequel ili ont fui, Ib élèvent an morde flamoBe eotf'eox et loi.
On dit qve l*Empereur, sa colère attiédit* Contempla tristement le latal incendie* Et qu'il cbercba des yeux, dans la flamme et le bmit. De ses premien comiMits le théâtre détroit.
Je ne sais; mais avant de fermer la paupière.
Quand il se recuotllil â son heure dernière,
11 vpulul — les mourants lisent dans TaTenir —
Consacrer do re jour l élernel «Jouvenir.
Il voulut, consolant vos disgrâces passées.
Et mettant dans vos coors de plus donces pensées,
Réparer par l'oubli, la concorde et Tamotir,
Ce ^e pour Ini Brienne a souffert en ce jour*
Il voolot» surpassant les hommes héroïques
Qdî font ce pays crrand dans les âpres antiques.
Vous donner, genereui et magnifique don.
Un rayon do sa gloire et l'orgueil de son nom (I).
Le poète termine en remerciant la Providence de nous avoir donné pour souverain le noble héritier du célèbre él^ve des Pères Minimes, Napoléon 111, sous lequel s'accomplissent de grandes choses» et dooi l'Europe admire la valeur et le g^ie.
La ville de Brienuc gardera longtemps le souvenir de celte belle fôte, et les étrange» pourroot, en cootempiant la statue du jeune BoDaparte, se rappeler une des pages glorieuses de l'histoire de notre contrée. Ainsi sera réparé cet étrange oubli que nous avons signalé dans un récit précédent, impriioé quelque tempe avaot cette solenoelle inaugu* ration»
(I) Le NapoUtwien, jcwmoi àet intMtê dê la Ctumpe^n», Trojos, 51 mai iHhB.