VI
Étienne était prévôt de Troyes sous le règne de notre comte Thibault le Grand. Epuisé parle travail, il tomba malade et se vit bientôt à la veille de mourir. Thibaut, qui depuis ioûglemps aimait son prévôt, résolut d'aller le visiter.
— Me voici, mon pauvre Etienne, dit-il en Tapercevant étendu sur sa couche, je viens bien dolent de songer qu'il faille nous séparer.
— Hélas î monseigneur, répondit le prévôt ranimé par la joie, ce m'est grand honneur que vous me faites.
— Demande-moi ce que tu voudras, mon ami, reprit le comte; je te l'accorderai en souvenir de tes bons services.
— Je ne vous demande qu'une semaine de vie pour vous expliquer ce que contiennent ces papiers, répondit-Uen étendant la main vers un monceau de parchemins.
• — Mon pouvoir ne va pas là, dit tristement le comte.
— Eh quoi ! sire, reprit le moribond, vous k qui j'ai consacré toute ma vie, vous ne pouvez m'accorder une semaine I 11 est donc bien dur pour moi que je ne me sois pas plus occupé de cet autre seigneur qui peut tout, et vers lequel je vais. Que sa miséricordieuse bonté s'étende sur ma pauvre Ame!
Ce prévôt ne pensa plus aux choses de ce mondes et mourut trèi pieusement le lendemain.
Mfté llMffI, ^ ^«eetpëC m M ^ lia te teiet
et se prMâit au iDooeoits plaiim do peuple. Teue les «oSt mm AegittMKv b presssrisi 4e m Âbaye premeMit dans les mes de Trajes on dragon qu'on «ppcMI li CMr esMa. tw a rsis inditea ee ihpalaieiit fexpKealioD de ce . nom •Bgote. Les w diiiicni fie la bêle promenéa. dns la «Ha àjosHe 4po^ Hak la igoie d'an «enalra tel sont Loop avait réeUÎsment délivré le pays» et donl on evait dû aaler b earauae. Les aotr^, n'y voyaient qn'on emblème d*Attila, dent le aaint évéqoe avait fléchi le courroux, ou
iMf^}»ml^^ i!¥96m f^w*m-(p% «vej^ «massée
Wm}lkPn ^m^m^ mPm çmfrtféeailles.
blalent sortir de leurs orbites, une gvfylf MMiNniPt
gm<)f« 4ff Jipvm^ # m mm^t i ouvrait
la gueule, ^% im^ A h mPf 1% fixé,
Uifspm im d^m»%Hk imwqriii i^ (Ne». i>niée
fiancée. Ses ^ Mtmk W 41WI|i^li*^^ il
Ih^MMI^ I^s IMm ^ «m^ fl^s^t «.«iVinaogeait
DQDs. Jkroiaièinet elle slayanciit dj^nenilitfa de jea naifr" jnenta. lea xeoi iÊÊÙàiL. la oinulfl béanla. les aiks et la queue pendantes. Ce joor^, c'étaient réaltoent aea fggff^
U mardi iO mai 1787^ lu
\q \méh avaient |^ort^ !e dngon sécotail^ à la stéticM da» SaintrNicoltf # te préMittèrent à ^aitit^PailtaléNi. M. Ftliti^iêt pràfere tfn diocèse de Gh&Iènsi Noonnônt Mnf ée eeNê pâroiaee, ttteodiil la promaaioa à ta poiDe ée son é^m^ pdtff présêoler l'eao bénite i chacutt des oliamânae. I) ecrtefl(ift ie bettenent des j»it8 du momlre et le» cria des enfants ^(li loi jettent des éebamlés. A la vue de la Gkêii^ nUéi ei de ee tumilto» il proftflBte toàin V\Mfge ^ ve#t itotordira même IWfée du oiroetiâre au portoif . Le père Gepm^ qui repi^ seettit ak>i^ lea religlani de Tabbeye, s'avance^ allég^uani H OMttame^ et «rdoniie an porteur de fmirsuivre aon ebemiiii Maie le tmé Franoeia réaiste ety aouteaa par quelques olia-^ miMSi feroele iiOitli^iBoateaif àiè lilinr dtfiisie dUH^ iiierde è'd^iéa
Deux mois après ce sanglant outrage, le chapitré s'aeseol^ bla. Là ehair êuiéè ftit aalennelleinefct proeirite paf Mgr Jacquii^nigne ieasuél, et «endM quetqtè tempe après i cbaudreiiMir fti Ik d éHi iiiU 0I«A Mifrieyilfee4élN>lèpQi# le* e4nin|af^aMiit<l)»'
il Mno! inmiir m Ivtip it imir
Aninayoû'iyi» loMqoe'i'Mque de laejf» malt pimdre
pc^sekm é^ttm éS^é ilitaiixi'usage que la^l»<d»wli0 aolennité il se rendit en pompe, mais vêtu seulement d'un c«maitelmonté sur une mule ou m palefroi, à l'abbaye de Notre- Dame^ux-Nonnaios, antique monastère de femmes, jadis situé
(1) ÀfMm cmiêmet div fo Chmnpagn$ H d!i le 9rkg In4*t Firii, Teebaer, MM, pag^ tS.
à l'une des portes et en dehors de la ville. Arrivé au pourpriê de 1 abbaye, c'est-à-dire dès qu'ii avait touché la terre qui en formait le domaine, il rencontrait l'abbesse qui se présentait au-devant de lui pour le recevoir, assistée de toutes ses religieuses. Le prélat descendait de sa monture; uq sergent de l'abbaye la saisissait par la bride, la conduisait toute sellée dans l'écurie abbatiale, et le palefroi y restait pour toujours comme propriété de l'abbesse. Cela fait, cette dernière prenait le prélat par la main, et, suivie de tout le peuple, elle 1 introduisait dans son monastère. Là, l'évéque entrait au Gha» pitre, s'agenouillait, récitait une prière que l'abbesse lui indiquait; puis, après avoir dépouillé son camail, il recevait de ses "mains une chape somptueuse, la crosse et la mitre et, posant la main sur le texte des Evangiles (1), il prêtait à haute voix ce serment :
« Moi, tel, évôque de Troyes, je jure d'observer les droits, franchises, libertés et privilèges de Notre-Dame-aiix-NonnaiiJ». Qa'ainsi Dieu me soit en aide et ces saints Evangiles, ■
Après celle cérémonie, l'abbesse ôtait à l'évêque ses ornements pontificaux, et le cofiduisait à un appartement préparé pour le recevoir. Le prélat y passait la nuit, et le lit sur lequel il h 'était reposé lui appartenait tout garni.
Le lendemain, quatre seigneurs, vassaux de l'évêque et nommés pour cette raison Us quatre barons de la crosse (2), venaient saluer le prélat, accompagnés d'un cortège encore plus nombreux que celui de la veille, et le portaient sur leurs épaules jusqu'à la cathédrale où devaient s'accomplir les autres cérémonies de la [trisc de possession (5).
Après une messe solennelle célébrée en présence du grand archidiacre de Sens et de deux chanoines de cette métropole,
(1) Ce texte, conservé â la bibliothéqo* pnbliqm da Traits,
0tt couvert d'une reliure remarquable.
^9) Les sîret d'Anglure, de Saiot-Jusl, de Poussej ei de Méf^-
sur-Seine.
(3) Ànnuair$de l'Aube, 1841, %• partie, p. 4$.
rëvôque donnait un splendide repas ao eommaocenieot ei à la
fiD duquel un vicaire chantait une ieçon (1).
Le grand archidiacre recevait on marc d'or, les deux cha- DOloesqui l'accompagnaient et les quatre barons de la croae n'en recevaient qu'un d'argent. L'église de Sens s'enrichissait d'une belle chape de soie que devait l'évêque de Troyes et qu'il portait à 1 assemblée synodale convoquée par 1 arcbe* vdque.
Cet étrange avènement dura jusquà la nomination de M. François Mallier, qui se dispensa du cérémonial • sous prétexte du décès de sa mère. * Jacques Béaigne Bossuet, moins timide, se rendit à 1 église de Notre-Dame-aux-Nonnains et en sortit brusquement sans prêter serment et sans s'inquiéter de l'oppositioo que le notaire voulait former à son intronisation (2).
lAlUDUS H lUrS AD lOIII-ifii.
. Philippe Auguste signala les premières années de son règne par l'expulsion des juifs du royaume; il déchargea tous ses sujets de Paris et de province des dettes contractées envers les reii|;ionnaires proscrits qui exerçaient sur l'industrie
<1) Grwl^, Sfkiméiidu, t, I, p. 17S.
(S) NoTembre 1718. Topographie du MfUm tff lV«ft», pw GevtaloB, !• I. — i. BteifM BoMiifl.
un fnèmdfK»l9 tiKftiiétant, et donna une grande partie de }mt% habitations aux hdf^^taux, aux dlVi^f^s Corj^tioÉs èt i^tllÉ^^ montai) c^rps (\m m^rchumis de drcrpS*.
Maurice de Soiiy, (^v^que de Paris, aviit été ehàrgé p8r îé rtoi de faire savoir m corps des drapiers, dàtis h péfr«6ftTie dé son doyeA, ie don de vîng^uatre maisons confisquéés Éiiii pwfeeritB. Le hon évoque se rendit dofrc à la loiiiibée de H nuit chez maître Mathurin Coquelin, doyen et premier gârtfe' dos draf^iers. L honnête bourgeois sù tttmVàH ilm Mû lÉÉlMi de^ nombreuse famiOe.
L'évêqtie donna sa bénédiction à la fafrtrilfë Msetlibléef'.
Tout le monde se leva, et le préJat aftnonça aO illtt^hMli que le roi Voulait que les richesses acquîmes à la éoMiontie^ pMi la confiscttion^ fassent partagées entré l«s éorpdrtltlôtti ies plus ntiles au peuple, et qu'il lavait chai^ m ^fSUM de membre du parlement, de venir lui aononcer qoe le corps des drapiers était doté de viogtpquatre maisoos juives de la rue au Chat. (\)
Maître Coquelin n'était pas un homme d'une intelli^»ee supérieure; comme tous les trafiqueurs de son siècle, il ne savait ni lire ni écrir^r^ tnars il posâ^a^aïf jptuft hlttt degré le sentiment du juste et de l'injuste, ei ce surcroît de fortune,^ arrivait par une mesure violente au corps de la drapflri8u*M flattait que modérément son amour-propre. Il dit au pnAit qu'il aurait mieux aimé nne bOMir commande d'étoffeafiMr les pages et les valets de la cour qu'une telle aubaine; il ajouta que ce maudit mot coft/««alto» sonnait mal pour lui, et qu'il ne voudrait [)Our rien au monde devoir le pain quH nnîgeÉit e^ Tiiabil tfuè It rmrrnif ai maliMiiirtnflmiitflÉi
L'évèque iiépiiMlH àu^dlopi^ ^'il 'épnitr^vÀaê Wk^m^ pstir aux nnux de ses seÉÛMaMest^ ai|i»^f«fM quMÉv
peut-être i\ avait l'instinct de ce qui est et de ce qui doit être daltsr tordre da événements inmiâtiis. D' lillnun IB lUl HêM.
(I) Deivlsfiitdiila FJ i ifc Jw f a rt i»> r.:* \ i khv^MivO
■Hvt ¥MMiii nre OMi^ 61 raB wnipiits wwipwr voreiRiP taira, quand l'évéque ajouta i'iwint nêoi» H nMMre M»lhilfin en possesaiao àë& lofis. — Ld bour^is se mit aux ordres de l'évêque. Après avoir fMiaaéà la bâte iMi robe de vâkmrs noir k chaperom fourré, marqao distinetive de aa dignité,- Matbwrin Goqueto suivit l'évéqae ifae den okèreo accompagnaient.
l\É visitèrent plusieurs habitations solitaires sur le darreau desquelles étaient epars des débris de meubles brisés dans )a précipitation du départ des juifs, auxquels on avait accordé quelque délai pour U vente de leur raobiiier.
lis visitaient le dernier étage de ia dernière maison, lorsque des voix de femmes se firent entemire; l'évéqne s arrêta et le drapier lit de même ; ils é(joutèrent, et après de longo^* rediorches, ils reconnurent cfne le brait de cês voix partait d'une chambre dont lâ j>orte avait été récemment mOrée. Les Rprvjir urf du dnpier s'armèrent de pmches, et l'huis démoli donna accès dans une pièce où un speolacée inatteoéo frappa de stupeur i'évêque et le bourgeois.
l>Be vieille femme accablée de douleurs et d'infirmfités était étendue sur un lit. Trois jeunes filles d'une éclatante beauté étaient assises au chevet. A l'aspect de 1 evêque et du doyen des drapiers, les jeunes idles loaibèrent à genoux, et demandAi-ent çrrke pour leur aïeule et cbâtiment pour elles. Et eiies avaient déroulé, suivant le rite israélite, les lono-oos tresses de leurs chevedx. ~ Pourquoi aVez-vous ertfi eiut les ordres du rot^ demanda graveoMnt/imiftsaàasévérité^ie.dra* pier?
Les jeunes ftlles râconlôreîït que leur père, leurs frères étaient partis, suivant le vouloir du roi, OKiis que leur pauvre grand mère ne pouvant le.s suivre, elt(*s s'étaient décidées à rester près d'elle et à ne pas l abandonner. Kn faisant murer cette perte, elles espéraient cacber f)emJant quelques jours rinfraclion au sf^vère édit. Plus (nrd elles auraient em[:iorté, dans un Io^ms qu'on leur |ireparait au villas,'e de Cbeiios* louff aiieule dont les forces étaient presque éteintes,
Ges iaunese ftf dévouemoi |K>ur hm jaèro^ s'é*
taient donc exposées à être fouettées par l'ignominieuse nom du bourreau, ou livrées aux tortures ou à la mort.
L'évéque et le marchand furent attendris. — Mattre Coquelin, que ferez-vous? dit le pasteur. • > *^*<^^■■^ m»;
— Monseigneur, la loi de Dieu passe chez moi avant li loi du roi. Je sauverai ces pauvres jeunes filles et leur vieille aïeule, et il en adviendra tout ce qu'on voudra.
— Il n'en adviendra rien que de sacré, dit l'évêque. Et il enfonça son bâton pastoral sur le seuil chancelant de la porte. Il recommanda aux jeunes filles de dire, si on venait troubler leur retraite, que la maison qu'elles habitent appartient au corps des drapiers de la ville de Paris, et qu'elles sont sous leur foi et garde. Si on insiste, ajouta-t-il, les plus téméraires s'arrêteront en leur montrant le bâton pastoral. • * vt^r<^<.
L'aïeule, électrisée par cette scène touchante, attira sur son sein les trois jeunes filles, et d'une voix qui prenait de la force dans son âme, elle s'écria : « Lia, Sara, Rachel, je vous donnerai le pouvoir de reconnaître le bien qu'on vous fait en ce jour... • Et des pleurs d'émotion coulèrent de ses yeux et furent les interprètes de sa reconnaissance envers le prélat et le marchand. ^ « r •
A quelque temps de là, Philippe-Auguste, touché des maux que le sultan Saladin faisait subir aux chrétiens d'Orient, eut le projet, pour les secourir, d'organiser une croisade et de se mettre à la tête des guerriers-pèlerins. Le conseil du roi décida que le roi n'abandonnerait pas son sceptre pour prendre l'épée, mais qu'il enverrait un bon nombre de chevaliers et de troupes aguerries, et qu'un appel d'argent serait fait à toutes les confréries et corporations des principales villes de France.
Maurice de Sully, chargé de prêcher la croisade, se rendit donc avec le collecteur chez Mathurin Coquelin, pour le prier de verser dans les coffres de l'Etat les premières sommes nécessaires à la sainte expédition. Le drapier répondit que, de-
puis l'expulsion des juifs, les drapiers avaient perdu des sommes immenses, que les riches bourgeois n'achetaient plus que les draps de Ségovie, de Pesth et de Cambridge, el que si cela durait quelque temps sa pauvre corporation serait bientôt réduite à !a besace. II ajouta cependant que les drapiers se saigneraient, s'il le fallait, pour doDOer lU roi et à l'église une nouvelle preuve de leur amour.
Maurice de Sully et Michel Guillemin se retirèrent après avoir donné au respectable doyen de la draperie d es preuves touchantes de leur sympathie et de leur intérêt. Mais l idée de n'avoir point obéi sur-le-champ aux désirs du roi, et de n'avoir pu se montrer, lui qui représentait la corporation tout entière, généreux et libéral, tourmentait l'esprit de Mathurin Coquelm. 11 rentra, sa boutique fermée et ses commis endormis, au sein de sa famille, se préseoiant» contre iordiiiudre, avec un front soucieux et chagrin.
La vieille Anne Mathevan, l'aïeule des trois jeunes filles juives qui s'étaient retirées depuis l'arrêt de proscription dans la maison du drapier, et qu'il avait défendues jusque là parla seule protection de son nom et de sa vertu, s'aperçut la pt^ ttûèn de la mélancolie du bon marchand.
— Qu'avez-vou8, mattre Coquelin? dit-elle. Auriez-vous appris quelque f&cheuse nouvelle à votre étal aux draps?
Le drapier» qui avait une grande vénération pour Anne Mathevan, raconta la viaite qu'il avait reçue, la demande qui lui avait été Caite, la réponse qu'il avait donnée, et répéta ce qu'il avait dit, savoir : que ai les affaires allaient le même train, avant trois années, les marchands de Paris seraient totale* nent ruinés; que le commerce était sur te pancbaut de l'abîma, et que les enfants des drapiers, dans un avmiir prochain, auraient réduits à prendre la bêche et le boyau.
— Cela ne se fera pas ainsi ! interrompit la vieille juive; non ! oeta ne se fera pas ainsi. U ne sera pas dit que ces rusés gnes et ces fripons armâme&s viendront manger le pain de France et vous couper l'herbe sous le pied. Je m'y opposerai, je puis vivre eneora assex longtemps pour empêcher UD ssmUabla malheur.
" Ët là Vm\k ôémrrf]^ à maître Got^nôlift 8llifl'tV»it pss ré^ à l'évoque f^t an sgéond sodlt^iiflé fWoyen de remédier à la souffrance (lu commerce de la draperie* Le mai^îiand ayant répondu nt^gativrment, Anné Msth^^tait (îonjura ie drapier de loi indiquer ce tna^, ajoutant que sa vieille êipérif^iH'e lui ferait peut^Wre» fié<*ouvpir Une volé pour pièfvenir i ce résultati Le drapier dit ; à SfÉroviè en Espagne, I Pestii en H^tîgriej à Cambt'hige en Arïgkftëftei il sft trouvé des fai^iques de draps sopérieurèé à celles q^'é créer la Frsrice, et cepehdàrtt iâ biné que ces étrangers emploietit n'est sj-iî^rfl pHis belle que nés laines du Poitou, du Béni et de l'Auve^he; toais, en retanche, le5 procédés de fabrication sont in(?(jm(*5tablehièWt préférables aux nôtitsik II s'agirait, et voilà dix anîTees quftje son?? à réalisé!* oe téBU, d'envoyei- à Ségovie, à Peâth et à Cambiidge, de jeunes hOnsmes inteHiÉ^ent*, déjà bien au fait de notre fabriCtfti^ti, et qui se fei^ient i m lier à fnn e d nr et dd prome8flé« aux ^rets ()a leurs procédés. En moins d une année^ ces trois messagers élus reviendraient à Paris, ei riches de leurs déc^*i>\'ertes, iU mêleraient en-* semble les observations qu'ils auraient effi le temps 4û recueillir, et porteraient ainsi ! g fgbnqiîe française à Uft degré de splerrdeuf qiie nul rie paorraft desormeis atteindre*
Anne IMatheVàh, demàtida àù dripier à (|0eTl6i sôMiâe 9 estimait àpipli-oi^ilùàtîVément lâ é^pëtiséràSB^re jiiHlr mettèr ttiUi telle énfrepri§ë à bonne fin.
liliitburiQ Coquehn estima que la dépensé prise ên bloc dé trois envoyés et les frais secrets qu^ls auj^ieot 2 su|^porlér, pourraient bien s'élever i cent ëcus âW.
La juive jdemanda encore où matlre âoquelln (Momit trott> ver trois jeunet gens rendant aux ^wSiik qu'exigerait cette nuaaiott difficOe.
- K*ai*je pas mes trois ilsf dît avecoigueil le maicband. Ne seraient-ils pas heureux de s'associer à une œuvre ^ù • doit contribuer i h spleodeur de la patrie et ai» bonheur «le leurs eonettoyenst
Et ie drapier regarda ses trois lUs s^m éiâiÊUt préflant&, et
w pour une pareille épreuve.
tpi(pe icUiis le iMBoif b^ttr#M, 4 1» y'm^ 4^ 'if^m>' tifm on ;voy»i^qu'4 s'agjgsM^ ^'um aSiif» imp^Hl^nle, que
jpHpe« viftfges isrdélitea^
ïTTT iIffeUrfi Cof^wç^iï), h vi^Ue, iç>8t aujw«i'b^i |e ipiaiiiii (j^ rénuon^atiofi^ et ^ 1^ rficoni)^is$ftpp# i oo^is 4va»t ijve iip^s ^Jisô daVAnlais^, PfiW^fi* VQlrç c^pp et rendez-vous chez Hilaire Gierlan, juif converti, tiei^^ ^oe i^jO^^r^ cpn^r<« U rivj^re, dans 1^^ rue a;j:f T*'i|>^< Diles-lui ^ n^t^ tirés d'un i>>^4ii!uc dâ Dayi^li/j^ e^it Israël
d(^&iu« ^(^olf 44 |>o/>f*i(ï fiarb^rq^ et pjH^eiitçz-lyi cu^vr^. )l vou^ reo^Ur^ au$8i(0t trois petites fij5fjçe^ d'ei^'ao^ (çp osier. YoiiS Itî;» pr^rpz, piajs ^vec précaution, car elles sont lourdes; vous les cacherez sous v,oUe cape, y^u5 r^lrerez ici, Çnjîflfpe^ y.ç^ tr^is fiU, car se £?it^ard,-et les larrons pourraient bjpn ypus aUaquer; mais dans la mals^ia 4e Gierlan, iiui reste ouverte une partie fie La ûuit, ppur Tui^uge des pia^ii\iejrè .^i^^re^^ tn'gj}- ^-jeaux <Je ^©[re rivière de Seine.
Il y ayaH daDS H^ionclion de la vieille! quçlquç chose de
solennel, que wiaître Hijl^lhuriii Cui|uetip ne jugea pas à i^pps de répondre. |i otléif, et, s,\i'i\ï dç seç tils, il alla à I'^p4rpjt<(jj4' elle lui avait jndiqué. Moins d'une heure aprè^ il était revenu, et plaçait sur lo lit ^ J'aïi'^l*? le.^ troj^ IftHrdes figurines d'osier qui ressemblaient assez aux fétiches que les peuplades sauvages adorent.
La juive demanda à Coquelin un de ses doubles ciseaux à l^fe Ip flr?p, éti^çlil s«F son Ijt q4^qua» p^.rçniçn,ts de serge noire. Prenant eps^jt*? n^aiii ferpp[.ç |^ ^rojs pe- ^?^ei^ie4 d'i^siq-^ eJLe ^r ppiipa t^te ?v^c .c\^pux,
les formes jaillirent sur la serge an gnâid étonnement de là famille du drapier.
C'était là l'épargne de la famille, grossie pendant trois fjM»
rations ; ces richesses appartenaient à Rachel, à Lia et II Sm. La vieille Israélite oITrit ce trésor au drapier en lui disant : Maître Goquelin, prenez la fortune de celles que vous avez sauvées, employez-la au triomphe du plus sacré des sentiments humains, l'amour de la patrie et de la famille; si le succès couronne votre entreprise, vous partagerez avec mes enfants une fortune dignement gagnée ; si, malgré tous vos efforts, vous échouez, eh bien ! dites alors à vos fils de ne pas abandonner ces pauvres filles, et de partager avec elles le produit d'une modeste industrie, ou de quelque labeur de ' chaque jour. / v^^rM^,
— Anne Mathevan, nous réussirons, s'écria maître Coquelin ému, nous réussirons, et c'est parce que j'en ai la conviction que je reçois à titre de prêt la fortune de vos filles, qui deviennent les miennes. A partir de ce jour, je compte mes enfants au nombre de six -, tous auront part é^le à mon héritage. ' '
La juive voulut que Goquelin offrît à l'épargne royale cent écus d'or pour l'expédition de la terre sainte, sauf à régler plus tard ce compte avec sa confrérie, puis elle fit distribuer par le père à ses trois fils les sommes nécessaires pour leur voyage, et le reste fut mis en réserve pour les frais d'établisèment de trois fabriques, au retour des trois frères.
Les choses furent ainsi réglées, et le nombre des pièces d'or contenues dans les trois marraouzets et formant 50,000 livres tournois (somme énorme pour ce temps) fut distribué selon qu'il avait été arrfité. ^
UL
Les trois fils du drapier partirent aussitôt pourTEspi^» pour la Hongrie et pour l'Angleterre.
Au bout d'une année, jour pour jour, les trois jeunes gens teveiude&t au logis paternel : mais quelle ne fiit pas la joie.de
Digitizod by Gû*..wtL
Goqaeliii ppmA il fH diaeiiD de ses mMs leemnpagoé de triU oimiefs les pîoi inteUigents qu'ils élakiil parmras I itMier avec em.
La France oesa dès oe Jeor^ d'être tribotim de YéÊns^ ger poorle produit de h «fatperle.
L'évéque de Fins, Maorice SiiUy, et le préûdent aux enquêtes, MUM Guaiendu. aviieot pris un ^ intérêt I l'entraprise; ils en pailèreikt au roi, qui fit appeler le dejen des drapiers, le eondila de louanges et lui adma ees paroles : ^Eo souvenir de votre dévouement l h Fimœ, à sa foi, à son commerce, Mathurin Coquelin, je vous fus prévôt des marchands de ma bonne ville de Paris, voulant que vous ne cessiez pas toutefois vos fonctions de doyen des drapiers. Quant à vos trois (ils, je leur donne les ticfs d'Elbeuf, de Louviers et de Sedan. Ce sont trois hameaux, vos fils en feront des villes, et en retour de loctroi que je leur fais, leur labeur et notre travail ajouterout truiâ ileurous à la glorieuse couronne de France.
' La prophétie de Philippe- Auguste se réalisa. En peu d'année les trois hameaux devinrent d'importantes villes, grâce aux grandes fabriques de draps qui y furent installées, et encore aujourd hui ces trois villes sont à ia téte d uue de nos priocipales industries.
A la mort de la centenaire Anne Mathevan, les trois jeunes jilfves, ramenées par Maurice de Sully aux croyances catholiques, épousèrent les trois fils de Mathurin Coquelin; une de ces converties acquit une grande et sainte renommée par son esprit de charité ti ses bonnes œuvres, qui furent glorifiées par des inscriptions mémoratives placées dans les chapelles latérales de la métropole.
p m mm a vhhw w wm ipw»
Ou sait dès le cpçarn^ncemeat du j^vr siècle, iaipiir
meurs de Pàih lirent sortir de leurs presses des Heurté 1^ i[ u$^pe (i un graqd nt>i|ii|iie dt»>cè^, çt que iiivres fupei^bi aiicueiiiis qvec erapressemftnt par les les. Le di^)* çôse 4e Laogres, qui cuinpreuait. un nclie el v^^t^j |,er|i!.>>^j, ei^t ^^es Heures dèô 1 ai i/ii pi inie.es par P^ilippf
pjgouchrt» \)Qiir. Simon VQ^lre lUiraire, derï^i^rant à Parts, i/^ la rue iYa6irôrZ)am/j. • Ct; v»iiiu^e, |)otit jù-4°, poj-laul. ifi fn^rque et le nom de Piie;oui-het, contient ufi aliu^^iiach pour ?0 ans, d§ 150] à 15iU. De gr.uides el de petilcù iigujc* sur bois ornent ces Heures coujpuséei d»^ 9^ |euillels. Lç9 grande ûgures rappelieut du chrétien les priftçipaw.v Uails de 1.4 Vie (le ,Jesu.à-Ct»n$^ la faiblesse du i;ui O^yid, la rijifirreç* 1Li,on de^ lilpr^^ la splend^*ur du trôoe de l'Étç^pei. i^es jH^it^ %ipes rfppégentent l'histoire de Jopeph, les doyzç sybilles, les principales cuvuijstances de la vie de ^^§^^r (^rj^t de celle die 1m saiate Vierge, la parabole de ^ er^fant pi'odigue, l'histoire de la chaste Suianne, la fm m^iê^ ^ ^anse des nmls, et les principales vertus du chrétien.
Les Ueuies contiennent d'abord le conimei;iceineiiL l'évangile selon saint Jean, quelques passagç^ ^e ççux dç^ évaiigélislc^ saiût Luc, saint .^larc et saint Mathieu, la Psi^ sion de Nutre-Seigneur, selon Jean; des u ra isopa ej^ l'honneur de la Sainte-Vierge, l'office de la bienheureuse Mère do Dieu, les psaumes de la Pénitence, les oUicesdo la Croix el du Sanit-F.^prit, les litanies des Saints, l'oflice des Morts, les sulfraijes de [tlusienrs saints, ÛQ dévoies louanges el oraisons a dire a NuLre-Seigneur, les sept oraisons de saiot Grégoire, et des prières pour les defuiiis.
hieu de plus lugubre, de plus eUVa^ant que ToiUce des
morts. Â chaque fieuillet vous la voyez, cette laide figure, fille du péché, qui doit un jour frapper à notre porte pour nous conduire au-delà de ce monde. Pape» empereur, cardinal, roi, patriarche, connétable, archevêque, tous sont là, jusqu'à la bigote, jusqu'à la sorcière, ne pouvant résister aux étreintes de la mort.
Les vertus du bon chrétien sont accompagnées du portrait de personnages connus dans l'histoire par des vices opposés. Mahomet représente l'impiété; Judas, le désespoir; Hérès, la haine; Néron, l'iniquité; Sardanapale, la folie; Tarquin» l'intempérance, et Holopherne, la faiblesse.
Plus loin sont les douze sibylles parce qu'elles ont annoncé quelques circonstances de la vie du Sauveur. La dernière est Érithée, celle qui eut, dit-on» l'honneur de prédire la ruine de Troie et le jugement dernier (1).
Les Heures, à cette époque, ne contenaient, comme on l'a vu, que quelques offices et quelques oraisons; mais les fidèles se contentaient de réciter les psaumes de la Pénitence ou l'office de la Sainte-Vierge, et assistaient à la messe plus dévotentenl que nous. De plus, les mille figures dont ces Heures étaient ornées leur rappelaient les fins dernières de l'homme et formaient un véritable catéchisme illustré à l'usage des ignorants.
LA PESTE ID W l\M EN CHAHPAGliB.
Quel est cet hôte effroyable qui répand partout au moyen âge la terreur, qui jonche les rues et les maisons de cadavres, et dont le passage n'est constaté que par la plus triste solitude ? C'est la peste. Signalée dès la vu* siècle par les
(1) Httireâ a huaigê d» I.mufP9», 1909. Parfs, Pigonehêt. Bi bliothéque de Trojes.
yienoL «hfoniqieuis de "hoyes» elle exerce de gnads rifegee en 1089» et frippe si radement en 1348, que les pelitee et tortueuses raes sont comptètement dépeuplées. Cette dure messagère de b mort décime surtout les pauvres geos mal vêtus et mai nourris, et respecte les nobles chevaliers et les hooDêtes marchands • dont la nourriture est saine et abondante, t Les médecins attribuent cette effisyante mortalllé tuz astres, déchirés fort innocents depuis cette époque.
Troyes cède, en 1429, aux pressantes soliidtatietts de Jeanne Dare, et se soumet à son roi Gharies VU. Dix ans ne se sont pas écoulés, que le pays, ravagé par les gens de guerre, éprouve toutes les horreurs de h ftmine et voit te peste 8*atMttre dans les murs de ses vflies et dans ses cbftteaux-forts. Les villageois, rançonnés et dépouillés par les ieordmn et les retondeufs, abandonnent la eulture des terres, stationnent sur les grands chemins et expirent privés de tout secours.
Les habitants de Troyes ferment leurs portes et en gardent soigneusement l'entrée. Les rues sont balayées et les fumiers enlevés. Les porcs, les lapins et la volaille sont bannis comme des hôtes dangereux. Les vagabonds et les bélîtres, qui depuis longtemps encombrent les bOpitaux et les hôtelleries, sont expulsés sans pitié. Les lépreux sont relégués dans leurs bordes et ne peuvent point approcher des étaux des boulangers, des pâtissiers el des bouchers.
Les hôpitaux ne s'ouvrent plus pour recevoir les malades, et ne veulent pas même contribuer au soulagement des pestiférés. Celte réserve devient même si grande, que l'Hôtel- Dieu se fait rembourser le prix d'un lit qu'il a prêté et qu'on a brûlé parce qu'il a servi à une victime du funeste fléau. Malheur à ceux qui habitent la maison d'un pestiiérél S'ils survivent h cet infortuné, le bourreau vient bientôt frapper à leur porte et les expulser sans iniséricorde. Malheur à ceux qui pleurent leurs parents détunts, malheur à ceux qui ont rendu les derniers secours aux mourants! Ils sont contraints de soriîr de la ville et de s'en tenir éloignés peodaot trois mois.
L'administration essaie pourtant de secourir les malades;
elle salarie un chirurgien, ^^;ige un confesseur, et paie les médicaments donnés aux pauvres. Elle acquitte de plus le prix des cercueils el fait à ses frais porter en terre les cadavres par les vagabonds et les bélîtres dont elle n'a pu se débarrasser.
Un siècle après, en 1517, la peste envahit la vieille capitale de Thibaut, habitée non seulement par des nt^gociants, des industriels et des ouvriers de toutes les professions, mais encore par une population désignée sous les noms mal sonnants de mendiants, de batteurs de pavé, de fainéants et de voleurs. Cette race d'hoinmes pervers, qui ne craint point d'attaquer les honnêtes gens, n'avait alors pour abii que les portails des églises, les places publiques et les allours de la Belle-Croix. L'autorité, dès linvasion du fléau, purge la ville de ces mauvais compagnons et les relègue dans les bourgs voisins. Le trompette juré parcourt les rues et les carrefours, et publie des mandements ordormant la destruction des seuiis à pourceaux et la disparition des cloaques d'ordures.
Mais la peste se répand dans tous les quartiers, frappe cette fois les riches et les pauvres, el ne s'arrête que devant des monceaux de cadavres. Les conseillers de la ville, effrayés, se bâtent d'appeler les médecins, ces grands-mattres de la science, et les chirurgiens et barbiers, ces gens de pratique qui exécutent les ordres de la docte corporation. Les chirurgiens désignés pour le traitement des pestiférés doivent se tenir dans leur boutique, ne panser et ne soigner que les personnes • soupçonnées ou entachées de la peste, f L'église ne leur est point fermée, mais ils assistent aux offices dans un endroit écarté, loin des autres fidèles. Leur maison même doit être marquée d'un signe que personne n'a le droit d'eifacer, afin que nul n'y entre par méprise.
Les gens qui assistent les malades, qui les portent dans la Mmson de secours, qui les mettent en terre ou qui brûlent les meubles, le linge et les vêtements des pestiférés, sont vôius (i une jacquette de cuir rouf^e, et font retentir des clo-
chettes attachées ^ îpiirs jambes pour éloi^n^r \c< téméraires qui voudraient le? R[iproi'liei'. Pariout une rigoureuse surveillance est exercée par un agent désigné sous le nom de contrôleur de la peste. Dôs que le fléau frappe quelqu'un, il s'empresse de faire fermer îa maison du pestiféré. Malheur à ceux qui habitent sous ce môme toit! Ils ne peuvent sortir de leur prison sous peine d'être bannis et devoir leur maisou entièrement démolie. Malheur à ceux que l'amoor ou h charité appelle au chevet d'un moribond! Ils sont condamnés à rester dans cette maison marquée d'une croix blanche peinte sur une enseigne pendlante, qae ies passante l'aperçoiveat et s'en éloignent.
Les boutiques des boulangers, les étaux des bouchers et des ehareutiera sont sonreiUës avec soin, de peur que ne puissent en approcher cenx qui portent des vôtements lugu. bres. Mais, malgré ces mesures rigotrreuses, llmplacabie fléau exerce tant de ravages que les fossoyeurs manquent, et que œtte triste fonction est bientôt remplie par des homnoes d'une moralité suspecte, et surnommés à juste ^e eorbeant et croquMUortB, Des familles entières disparaissent, des maisons restent totalement désertes. Le culte loi-même devient muet; le glas funèbre ne retentit plus aux oreilles des vivants; les cloches, doucement cliqwUet, convoquent les idèles aux pr^res publiques, et annoncent le trépas des nouvelles victimes.
Les hôpitaux n'ouvrent point leurs portes aux pesttRSfés. L'autorité fiiit élever I ia hâte une modeste maison, près de la Seine, non loin de Saint^uUen, dans un fieo bas et hu^ mide. Par nn sentier boueux et raboteux sont conduits à est asile les pauvres malades, portés sur des civières ou traînés dans des tombereaux. Mais celte maison devient bientôt trop petite; des maisonnettes isolées les unes des autres sont construites pour recevoir les malades que le contrôleur de la peste bannit delà cité.
Les victimes du fléau sont si nombreuses qa*on les voit srrer sons le portail des églises et chercher on abri sons les ments des phces publiques. II en meurt dmis les mes, dms
les cimetières et aux poites des hôpitaux. Les cérémonies funèbres sont interdites, et chiiqno mourant no reçoit en quittant cette vallée de Igrmcs i|iie de courtes prièrcci. Les inhumations se font au milieu des léiièbres; une grande fosse, toujours béante, est ouverie dans le cimetière de Notre-Dameaux-Nûiinains, et reçoit chaque nuit de nombreux cadavres.
Des scènes de violence, qui k croiiail? viennent encore attrit,tor les sonibros quartiers de la ville. On ne voit partout que scigents chassant dans sa rue le pauvre habitant qui veut se dérober aux atteintes du fléau; on n'entend partout que les imprécations d une foule ameutée contre des croquemorts qui, par malheur, ont lavé ieui' iinge daiis un des canaux de la ville. Les chiens, poursuivis par le tueur salarié, se réfugient dans les taubourgs, déterrent des c iiJavres au cimetière de Saint-Gilles, et les mettent en lanibuaux.
La peste ne quitta la pauvre cité que dix mois après son invasion. Lorsque le calme se fut rétabli, que la niui taiité devint moins terrible, on enleva du haut des portes et du sommet des tours le diapeau noir qui flottait pour éloigner les voyageurs de ces murs frappés de la malédiction divine (i). Mais hélas! le fléau devait encore envahir bien des fois cette ville si célèbre aju XVI* siècle par ses artistes et par ses belles productions !
I' '' mm nmm kn ur siiai.
Bien des gens se figurent encore la France d'autrefois couvtttofil^siielNjlede moines et de religieux armés de la truelle, ou de maçons non salariés qui, voués au travail pour l'amour de Dieu, auraient, en un mouvement d'enthousiasme, cons-
(1) Bêcher dm sur les anciennes pesles de Tioyes, par M. Th. Bootiot, Trojes. 1857* Arehif es de rfaôtel-âe^TilIe da Troyet. Rcgistras des â^lMnltkm du CwueU dê la vUtê, 1489-
trait tous ces édifices souvent si remarquables dont s'enorgueillissent non*8eulement nos grandes villes, mais même quelquefois les derniers hameaux. Malheureusement les ouvriers da teiDps passé, mariés et pères de familles plus oombreuaes que les joXàtw, avaient eux et leurs enfants besoin de manger pour vivre. Cette nourriture coûtait de l'argent comme aujourd'hui, et l'homme dont la main inspirée élevait les voûtes et les elochetons de nos vieilles églises se faisait payer comme un prosaïque maçoD dn xix* siècle (1). Le Poème des Miracles de Notre'Dme de Chartres, coDState ce fait dès l'an 1200. Les ouvriers ne travaillaient que parce qu'ils avalent ftoime pote et qu'ils la recevaient chaque jour (2). Les moines ne s'occupaient que de la construction des églises dont ils avaient la charge; mais, en revanche» ils défrïcbaient les forêts, copiaient les livres de nos classiques, priaient pour les nations, et partageaient avec les ordres mendiants Tensei* gnement scientifique et religieux qui élevait le peuple à sa dignité morale, et qui tempérait les tendances anarcbiques de la féodalité.
Non-seulement l'église soldait largement ses ouvrien, mats, lorsqu'die voulait édifier de magnifiques monuments, elle ap* pelait des artistes de toutes les contrées et ouvrait des concours. Guillaume de Sens eut Thonnear d*être ainsi choisi pour présider è ia construction des plus belles parties de la cathédrale d'York (3). Plus tard, nous voyons à Troyes un étranger, Henri de Bruxelles, présenta* le dessin d*un jubé aux bourgeois et aux ouvriers de la ville, et obtenir la faveur d*en construire un dans J*^ise principale de cette cité. Henri fait venir de Paris un habile architeele, nommé Henri Soudan, et M marchande • avec lui le jubé. Le marché se conclut lo M
(1) Foy^ pàléogmi^iiqmdam U d^partemmUé»VÂeèe,fn M. d*Arboii de Inbainvlllt» Troyw, IS5S, p. «M»
(t) BiUiolhëqiiederainateor Champenoit. CMiifnieflflii tf'wit IVeire-Dttme cm xtii* tièelê. Parti. 1858, iwg. 57.
(S) Lté arUiiei fiwifale à VHranger, par DoMlaui.