JÉRUSALEM
vue de cette ruine immense, Titus, le prince païen, s’écria :
« C’est Dieu qui a expulsé les Juifs; ce n’est pas » moi qui ai vaincu; mes mains n’ont été que l’in- » strument de la vengeance divine. »
Mais le Calvaire restait aux pèlerins; ils continuèrent à venir de toutes parts rechercher dans les décombres la Voie douloureuse, le Cénacle, où l’Esprit-Saint s’était donné aux premiers convives de l’Eucharistie, la colline de l’Ascension et tous les vestiges du passage de l’Homme-Dieu.
Les persécutions, ouvertes par Néron, s’étendirent bientôt. Mais une plus grande douleur était réservée aux chrétiens. L’empereur Adrien , les confondant avec les Juifs, profana les saints lieux, en élevant une statue de Jupiter à la place de la résurrection , une statue de Vénus au Calvaire, une statue d’Antinoüs à la grotte de Bethléem, et ces infamies ne disparurent entièrement que sous le règne de Constantin.
Ce prince, devenu chrétien, fit purifier les lieux saints, bâtit l’église du Saint-Sépulcre, établit des sanctuaires à Bethléem, à Nazareth, à Hébron; et quand sainte Hélène, son auguste mère, eut retrouvé la sainte Croix, ce fut là un concours plus immense que jamais. Il devait se succéder sans relâche, malgré les obstacles que l’homme ennemi allait susciter encore.
Tout le monde sait que Julien l’Apostat , en même temps qu’il essayait de rétablir le paganisme, voulut, trois cents ans après la destruction de Jérusa-