‹ Légendes des croisadesChapitre 32 sur 41 · XLI. — LES PASTOUREAUX · texte numérisé non relu

XLI. — LES PASTOUREAUX

Le fanatisme ne vient pas de Dieu.

Hiéroclès,

Les Français, les Espagnols et les Belges gémissaient sur les désastres de la croisade de saint Louis, et priaient pour les morts ; les Italiens murmuraient jusqu’au blasphème. Marie de Brienne, impératrice de Constantinople, allait, comme on l’a vu, jusqu’en Orient implorer pour l’empire latin la protection de Louis IX et de ses chevaliers, les toucher du spectacle de sa misère, et leur arracher des promesses que la mort et les revers devaient les empêcher de tenir. La France réclamait son roi. Les chrétiens éplorés le retenaient à Ptolémaïs; et pendant ces émotions, d’inconcevables démences troublaient en Europe les populations pour les dévorer encore, comme si les épidémies, les guerres, la famine, la lèpre et la peste n’avaient pas suffi.

On se rappelle la croisade des enfants et les deuils innombrables qu’elle avait produits. En 1251 , le chef de cette malheureuse démarche, Jacob ou Job, reparut dans le nord des Gaules ; il était devenu vieux et sa barbe blanche ne permettait pas de le reconnaître.

Page 1