L'ÉTÉ
Ceux qui ont adopté cette division par quatre ont voulu faire allusion aux quatre âges de la vie , qui en a sept.
L'année est pour nous précisément comparable au jour; et, dans ce sens, le printemps n'est que l'aurore assez rapide de l'été; l'automne est son crépuscule, et l'hiver, sa nuit. Le soleil vif et joyeux, ardent et fort, voilà l'été. Le soleil fatigué, sommeillant, coiffé d'un bonnet de nuit sur un oreiller de nuages, comme l'a crayonné Cham, voilà l'hiver.
Mais pourtant, chez les chrétiens, les saisons se marquent par d'autres signes qui parlent à l'âme ; car le chrétien n'a pas seulement un corps et des sens: il a une âme où se lèvent des appétits et des besoins immatériels.
Dans cette grande parabole que le monde tout entier nous présente, où tous les mystères ont leur évidente allégorie, l'été, pour le chrétien, est un rapide emblème du bonheur de là-haut; figure imparfaite, comme tout ce qui est dans ce monde déchu. C'est aussi un reflet qui nous reste de l'Éden, ce paradis perdu par notre premier père , et qui n'était encore sans doute, comme l'indique son nom, que le parvis d'un séjour meilleur.
Les fêtes de l'été ont, comme tout ce qui est dans l'Église, leur signification mystique. Après les Rogations, qui terminent véritablement l'hiver et conjurent ses menaces, l'Ascension ouvre les cieux; la Pentecôte fait descendre sur nous les dons et les grâces de l'Esprit-Saint; la fête de la Trinité nous