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service des postes est interrompu. Les créanciers cherchent à recouvrer les sommes qu'ils ont prêtées : ils poursuivent les débiteurs dans leurs derniers retranchements, car tous les comptes doivent être réglés avant la fin de l'année. Mais la justice ayant perdu tout son pouvoir, toute son autorité pendant les jours qui précèdent le jour de l'an, les débiteurs combattent à armes égales leurs créanciers et parviennent souvent à éviter lears poursuites. La plupart du temps, néanmoins, ils terminent leurs contestations à l'amiable.
» Ceux qui n'obtiennent aucun résultat par de doux procédés finissent par employer un moyen sévère, presque toujours efficace; ils font stationner à la porte de leurs débiteurs des troupes de mendiants (on sait qu'en Chine tout homme qui mendie a des droits au respect). Le voisinage de misérables couverts de plaies et de haillons devient insupportable aux débiteurs, qui, de guerre lasse, soldent leurs créanciers.
» A minuit, heure où l'on entre dans la nouvelle année, on fait partir des feux d'artifice de tous les points de la Chine : chaque individu devient artificier et brûle de la poudre autant que ses moyens le lui permettent. Les maisons des mandarins sont illuminées : des pièces d'artifice, attachées devant leurs portes à de longues perches, partent pendant un quart d'heure avec de fortes détonations. — Les Chinois pensent qu'il ne peut pas y avoir de véritable fête sans bruit.
» L'année sera malheureuse, dit un proverbe chi-
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nois, pour celui qui ne portera pas de vêtements neufs le premier jour de l'an. — Les Chinois se croiraient donc au dernier échelon de l'infortune, s'ils ne pouvaient se parer de nouveaux habillements ce jour-là; ils vont même, lorsque l'argent leur manque, jusqu'à devenir criminels pour ne pas faillir à l'usage; on a vu d'honnêtes gens pousser les scrupules et l'obéissance passive aux règles de la coutume jusqu'à dérober les habillements d'autrui.
» Pendant les deux ou trois jours qui suivent le jour de l'an, les Chinois se livrent aux jeux, aux divertissements de toutes sortes, aux festins et aux spectacles. Tous les habitants se rendent des visites : on adresse des félicitations aux voisins , aux amis et particulièrement aux parents. »
On lit dans les archives russes d'Erman des détails curieux sur le jour de l'an chez certains peuples que les czars se sont rattachés. Les Nogaïs, les Ossètes et les Arméniens célèbrent le premier jour de l'an avec des usages particuliers.
« Les Nogaïs (1) sont dans l'habitude de faire ce jour-là un pèlerinage au district de Tatar-Tupu , sur les rives du Terek, où réside le Djin -Padischah, ou Roi des Esprits. Celui qui accomplit cette dévotion est sûr de réussir dans toutes ses entreprises de Tannée, d'être à l'abri de la balle et du sabre de l'ennemi. En souvenir de sa visite, le pèlerin dépose quelques balles de fusil, un couteau et autres armes dans un creux de rocher. On voit là entassés des
(1) On donne ce nom aux Tar tares qui habitent les plaines.