DIMANCHE
Ce septième jour, chez les Hébreux, était le samedi-, et ils l'appelaient le sabbat. Chez nous, le repos est transporté au dimanche, depuis la Rédemption. C'est le jour où Dieu a commencé la création du monde, et le jour aussi où Notre-Seigneur est ressuscité vainqueur et sauveur.
Le dimanche est l'octave perpétuelle du saint jour de Pâques. Son nom, tiré de Dominica dies, veut
(l) Nicolas Oudart, dont les poésies ont eu l'honneur d'être éditées par les presses de Plantin , avait dit la même chose dans quatre vers que voici :
Prima dies soli, lunœ est sacrata secunda;
Tertia vult Martem , quartaque Mercurium ; Quinta dicata Jovi est , Veneri dat sexta tributum ,
Septima Saturnum fmem habet hebdomad»».
dire jour du Seigneur (1). Les idolâtres, et surtout nos pères les Gaulois, avant leur entrée dans la lu* mière chrétienne , l'appelaient zondag (2), jour du soleil. Mais ce n'était pas partout leur grand jour.
Le dimanche a été le grand jour des chrétiens, dès le temps des apôtres. Saint Jean nous dit que ce fut un dimanche (3) qu'il reçut dans l'île de Patmos les révélations révérées sous le nom d'Apocalypse. Saint Paul prêcha le dimanche dans la Troade (4). Saint Ignace, disciple des apôtres, recommandait à Antioche l'observation du dimanche. Saint Justin le philosophe, sous Marc-Aurèle, raconte les pieuses occupations du dimanche, où l'on offrait comme aujourd'hui le saint sacrifice. Ceux donc qui ont dit que l'institution du dimanche ne remontait qu'à Constantin se sont trompés, s'ils n'étaient pas de mauvaise foi. L'édit publié par Constantin le 7 mars 321 n'a eu d'autre objet que d'obliger tous ses sujets à chômer le dimanche, au lieu du jeudi, que les païens consacraient à Jupiter. Le concile de Laodicée fit de cette prescription une loi pour tous les chrétiens.
Le dimanche, depuis lors, a étô rigoureusement chômé, comme il Test encore en Angleterre et en Hollande, où les peuples n'en sont pas plus pauvres, ni le commerce moins florissant.
(1) Voyez, dans les Légendes de* commandements de l'Église, celle du dimanche.
(2) Us appelaient le soleil zorma on souvma et YOyaiént dans cet astre une déesse, et non un dieu , comme les Grecs.
(3) Dominica die. Apoc., cap. i, 10.
(4) Actes des apôtres, ch. xx , 7.
Di
D'un autre côté, le dimanche étant un jour de réjouissance spirituelle, il n'était pas permis de jeûner ce jour-là. Mais les divertissements profanes, la chasse, les spectacles, les danses, n'étaient pas autorisés. On doit ce jour-là se reposer, se renouveler dans une joie chrétienne et s'occuper surtout de ce qu'on doit à Dieu. Disons seulement que les chrétiens qui, de toutes les heures du dimanche, en consacrent une à peine à entendre la sainte messe et emploient le reste à leurs plaisirs, pourraient être un peu plus généreux et plus reconnaissants envers ce Dieu de qui ils tiennent tout ce qu'ils sont, tout ce qu'ils ont et tout ce qu'ils font de bien.
Il y a quelques dictons sur le dimanche. On dit dans le Nord : « Qui travaille à bâtir sa maison le dimanche y attire les rats, les souris et les punaises.
» Qui ne travaille pas le dimanche assure son champ et son jardin contre les taupes et les mulots.
» La femme qui coud le dimanche souffrira avant de mourir jusqu'à ce que toutes ces coulures soient décousues... »
On dit ailleurs : Enfant né le dimanche, heureux enfant !