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IV. MERCREDI

Le mercredi, consacré à Mercure chez les Romains, était chez les peuples du Nord sous le patronage de Woden Odin ou Wodan , dieu farouche , qui lui a laissé son nom avec des altérations nombreuses dans les langues germaniques.

Le plus célèbre des mercredis est celui qui suit le mardi gras et qu'on appelle le mercredi des Cendres.

Le mercredi de la seconde semaine du carême

Di

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s'appelle à Ypres le mercredi des Chats, parce qu'autrefois, ce jour-là, on précipitait des chats du haut de la tour des halles, en souvenir de la conversion des Yprois, qui avaient renoncé au culte de Freya, déesse de la guerre, dont le char était traîné par des chats blancs.

Chez nos pères, en plusieurs contrées, avant leur conversion, le mercredi était le premier jour de la semaine. Lorsqu'ils comprirent que Woden ne pouvait être qu'un démon, le mercredi dépossédé devint pour eux un jour favorable aux sorcières , mais mauvais aux chrétiens. Aussi dit-on encore : « Ne vous mariez pas le mercredi , c'est un mauvais jour. — L'enfant qui va à l'école pour la première fois un mercredi n'y apprendra rien. — Si une paysanne achète une vache, elle ne doit pas la traire un mercredi, car elle ne lui profiterait pas. »

Les Flamands croient que les femmes qui vont dans les bois le mercredi des Cendres y sont obsédées ou poursuivies par des démons.

Le mercredi n'est pas un jour de joie pour les chrétiens, c'est un mercredi que Judas a vendu Notre- Seigneur. Ce jour était, chez les premiers fidèles, un jour de jeûne , un peu moins sévère cependant que celui du vendredi. Les Grecs jeûnent encore le mercredi et le vendredi.

Le mercredi est resté jour mortifié dans l'avent et dans le carême. Nos pères allaient aux stations dans les églises le mercredi et le vendredi. . Saint Épiphane nous apprend que les stations sont, comme le dimanche, d'institution apostolique. Dans

les stations du mercredi, on rappelait la conspiration des Juifs et la trahison de Judas. Dans celles du vendredi , le déicide qui en fut la suite.

v. — JEUDI.

Le jeudi, dans nos contrées, était consacré à Thor chez les Germains, le même que Taranis, chez les Gaulois, le même que Jupiter chez les Romains et les Grecs. Il était chez les Gaulois du centre le jour férié de la semaine ; et Calvin , qui avait de singulières idées bourrues, essaya de le rétablir et d'en faire notre dimanche. Il s'appuyait sur ce fait que l'Ascension a eu lieu un jeudi.

Le jeudi est resté parmi nos usages comme un jour de demi-fête ; et, dans presque toutes les écoles, il est le jour des congés.

Le jeudi gras est celui qui précède le mardi gras. C'était ce jour-là qu'autrefois on promenait le bœuf gras, promené trop tard à Paris pour être mangé le jour qui clôt le carnaval.

Le jeudi gras se fêtait à Aerschoot le jeudi de la semaine de la Passion , huit jours avant le jeudi saint. C'était, dit-on, un reste d'une de ces fêtes du printemps que l'on retrouve partout dans les récits anciens. Les enfants de toutes les écoles, précédés d'un porte-étendard, se rendaient le matin à l'église, où ils assistaient à la grand' messe. Au sortir du service divin, ils parcouraient la ville, saluant de leurs bannières les maisons honorables ; et, après le dîner, ils gagnaient la campagne, chaque école portant un coq dans son cortège. Arrivés au but de leur promenade,

les écoliers formaient le cercle, alors on mettait le coq en liberté, et l'écolier qui pouvait le reprendre le rapportait conduit en triomphe.

Le jeudi saint s'appelait le jeudi blanc, à cause de l'institution de l'Eucharistie, qui eut lieu ce jour-là. Dans quelques contrées de l'Allemagne, on l'appelle le jeudi vert ; ce qui s'appuie sur l'usage où l'on est en ces pays de manger ce jour- là sept sortes de légumes verts mêlés ensemble. On croit que, par cette mesure, on s'affermit pour toute l'année en bonne santé.

Le jeudi est pour beaucoup de professions favorable aux entreprises. On doit semer le jeudi dans la lune croissante. Enfin, le mariage bénit le jeudi fera un bon ménage.

Voilà à peu près tous les pronostics populaires à propos du jeudi. Mais pourtant nous n'en avons pas fini avec ce jour. Le jeudi, consacré chez les païens à leur dieu suprême, était pour eux, en Grèce et à Rome, comme chez nos pères, le jour de fête hebdomadaire. Il a fallu à l'Église plusieurs siècles d'efforts pour éteindre cet usage. Le concile de Narbonne, au sixième siècle , dut menacer de l'excommunication ceux qui chômaient le jeudi. L'Église, pendant plusieurs siècles, laissa ce jour sans office; on n'y disait point la messe ; et saint Grégoire le grand , lorsqu'il régla la liturgie , laissa le jeudi sans office et sans jeûne, même en carême. On a vu plus haut que les habitudes du jeudi ont obtenu une transaction par un demi-jour de congé, et depuis qu'en 1246 la fête du Corps de Notre- Seigneur a été instituée et placée au

jeudi, ce jour s'est relevé très-haut, puisqu'il est consacré à Jésus-Christ même, dans le plus divin de ses sacrements.

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