VI. VENDREDI
Le vendredi, dédié à Vénus chez les païens, était chez quelques peuples du nord de l'Europe sous la protection de Freya,— la sœur de Wodan, — la déesse de la Liberté et la protectrice des femmes. Son char était trainé par des chats blancs.
Le vendredi, qui est le jour de fête des musulmans, est pour les chrétiens un jour de méditation, de pénitence et de recueillement. C'est l'anniversaire perpétuel du jour solennel où Notre-Seigneur nous a si chèrement rachetés.
Lorsque l'Église a jugé utile de supprimer le jeûne du mercredi , elle a maintenu celui du vendredi , disposition et commandement formels dont on n'est exempté que le jour de Noël , s'il tombe ce jour-là.
Plus tard, l'Église cessa d'exiger le jeûne du vendredi, et l'on n'observe plus ce jour-là qu'une simple abstinence des aliments gras ; abstinence qui , selon le commandement de l'Église, se continue le samedi, mais moins rigoureusement, puisque dans plusieurs diocèses on peut ce jour-là faire gras, si on remplace l'abstinence par une aumône ou quelque autre bonne œuvre.
Le vendredi saint est le plus illustre des vendredis. Après lui le vendredi de la semaine de la Passion , qui le précède de huit jours, est consacré à la compassion ou aux douleurs de la sainte Vierge.
Tous les vendredis qui viennent après le mercredi des Cendres, jusqu'à la Passion, sont rattachés à la couronne d'épines, à la lance et aux clous, au saint suaire, aux cinq plaies et au précieux sang de Nolre- * Seigneur.
Dans quelques contrées, les vignerons célèbrent le deuxième vendredi de carême, à cause de l'évangile de la vigne.
Le vendredi de la Compassion, à propos de son évangile qui rapporte comment les Juifs réunis firent leurs dispositions pour s'emparer de Jésus , s'appelait aussi, chez nos pères, le vendredi du conseil juif, et au moyen âge , les Juifè devaient ce jour-là se tenir cachés. Plusieurs massacres ont ensanglanté tristement le vendredi.
Nos pères croyaient qu'il ne fallait pas remuer la terre le vendredi saint , ni le lendemain, parce que Notre-Seigneur y reposait.
On a fait sur le vendredi des pronostics et des prescriptions. On dit, dans le pays de Liège et dans le Brabant, que se couper les oncles tous les vendredis est un préservatif contre le mal de dents ; et quoique cette remarque soit assez singulière , nous pourrions citer de très-honorables familles qui n'ont jamais mal aux dents, et qui attribuent cette heureuse chance à l'usage de se couper les ongles tous les vendredis.
On dit ailleurs que celui qui va se promener aux champs le vendredi, avant le lever du soleil, évite la goutte ou s'en guérit.
ïl est recommandé encore de ne pas baigner les
enfants le vendredi, de ne pas mettre ce jour-là des œufs sous la poule couveuse et de ne pas battre les blés (1).